Les grands constructeurs engrangent plus pour gagner moins
Les constructeurs automobiles ont vu leur chiffre d'affaires global progresser au premier trimestre 2019. D'après un rapport édité par le cabinet Jato, les 28 plus grands acteurs mondiaux du secteur ont engrangé 448,6 milliards d'euros entre janvier et mars, soit 0,1 % de plus que l'an passé à la même période, à taux de change et périmètre constants. Rapporté au nombre de jours ouvrés, cela représente un chiffre d'affaires quotidien de 7,01 milliards d'euros.
En pesant 13,9 % de cette somme, Toyota a été le constructeur qui a généré le plus de revenus durant ce trimestre. Le groupe japonais devance d'une courte tête Volkswagen AG et sa part de 13,4 % dans le montant global. Daimler complète le podium avec 8,9 %. Suivent ensuite Ford (8,1 %), Honda (7,2 %), General Motors (7 %), FCA (5, 5 %), Nissan (5,4 %), BMW (4,9 %) et Hyundai (4,1 %). Les 18 autres constructeurs totalisent 21,8 % des revenus, d'après Jato.
De 21 245 euros en 2018, le montant moyen par véhicule vendu est passé à 22 168 euros. Une facture en progression de 4,34 %, notamment en raison de la pénétration croissante des SUV dans les mix de vente, quand bien même le Brésil, l'Inde et plusieurs pays du sud asiatique ont privilégié des véhicules plus petits et moins coûteux.
Bénéfice et marge en berne
Pourtant, cela n'a pas suffi. Les 28 constructeurs réunis n'ont pas gagné plus d'argent qu'en 2018. Bien au contraire, le profit net a fondu comme neige au soleil. Le rapport de Jato fait état d'un montant de 15,3 milliards d'euros au premier trimestre 2019, quand il était de 20,1 milliards d'euros durant l'entame 2018, soit 23,8 % de moins.
Là encore le top 10 est dominé par Toyota et ses 3,69 milliards d'euros de bénéfice net. Volkswagen a achevé le trimestre enrichi de 3,05 milliards d'euros, quand Daimler a vu son président, Dieter Zetsche, partir après avoir gagné 2,149 milliards d'euros. Avec 1,924 milliard d'euros de profits, GM occupe le quatrième rang devant Ford (1,06 milliard d'euros). BMW, Mitsubishi, FCA et Kia se tiennent dans un mouchoir de poche, un peu au-dessus de la barre des 500 millions d'euros. Hyundai (738 millions d'euros) peine à faire le lien avec le peloton de tête.
Plusieurs raisons à cet état de fait, à en croire les analyses des experts de Jato. Pour eux, la chute du marché chinois (-11 %) en constitue la première cause. Un phénome amplifié par la guerre commerciale avec les Etats-Unis. L'Amérique justement qui, comme l'Europe, connait un ralentissement. Les constructeurs automobiles n'ont alors que peu de leviers pour grossir et enregistrer des bénéfices.
En conséquence de quoi la marge nette moyenne a plongé de 4,8 % à 3,7 %, entre les premiers trimestres 2018 et 2019, peut-on lire dans le bilan de Jato. Ferrari s'illustre avec 19,1 %, mais Mahindra fait encore mieux. Le constructeur indien affiche une marge nette de 23,7 % à fin mars. Un niveau équivalent à celui des entreprises commercialisant des logiciels internet. Toyota (5,9 %), Daimler (5,4 %), Kia (5,2 %) et Volkswagen AG (5,1 %) ne peuvent alors regarder Mitsubishi que de très loin (8,8 %).
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