S'abonner
Constructeurs

La fin du moteur thermique réaffirmée à la COP26

Publié le 10 novembre 2021

Par Christophe Jaussaud
6 min de lecture
A l'occasion de la COP26, une trentaine de pays et quelques constructeurs ont réaffirmé la fin du moteur thermique à l'horizon 2040 au niveau mondial. La France n'a pas signé cette déclaration commune.
Les signataires veulent la fin des moteurs thermiques en 2040.
Les signataires veulent la fin des moteurs thermiques en 2040.

Une trentaine de pays, des régions et une dizaine de constructeurs automobiles se sont engagés mercredi à "travailler" pour faire en sorte que d'ici 2040 toutes les voitures neuves vendues soient zéro émission, selon un communiqué de la présidence britannique de la COP26.

 

"Ensemble, nous travaillerons pour faire en sorte que toutes les nouvelles voitures et camionnettes soient zéro émission au niveau mondial d'ici 2040, et au plus tard d'ici 2035 dans les principaux marchés", dit cette déclaration qui insiste sur le fait que l'engagement n'est pas contraignant.

 

Parmi les signataires figurent quelques pays développés, dont le Royaume-Uni, l'Irlande, la Suède et Israël, qui s'étaient déjà engagés à la fin des ventes des voitures à moteur thermique d'ici 2030, la Norvège qui a pris cet engagement pour 2025. En revanche, la Chine, les Etats-Unis, le Japon, la France ou l'Allemagne, parmi les plus importants pays constructeurs, n'ont pas signé.

 

A lire aussi : La Commission européenne signe la fin des moteurs thermiques en 2035

 

"Sur 2035 nous sommes d'accord sur le principe de la fin de la vente des véhicules non électrifiés", a commenté la ministre française de la Transition écologique Barbara Pompili, soulignant toutefois qu'un débat était en cours au sein de l'UE sur le fait d'inclure ou non les hybrides dans cette catégorie.

 

L'objectif des États-Unis de 50 % de véhicules zéro émission vendus en 2030 intègre lui aussi non seulement les véhicules entièrement électriques ou à hydrogène, mais aussi des hybrides rechargeables ayant donc toujours un moteur à explosion.

 

Parmi les constructeurs, Toyota, Volkswagen et Renault-Nissan-Mitsubishi ne sont pas non plus signataires de la déclaration. Ford, Mercedes-Benz, General Motors et Volvo, qui avaient déjà des objectifs de sortie des moteurs thermiques, ont en revanche rejoint l'initiative.

 

A lire aussi : Fin des moteurs thermiques : une décision irrationnelle pour l'ACEA

 

Dans ces conditions, l'annonce a été accueillie avec scepticisme par les ONG du climat, alors que le transport est l'un des principaux secteurs d'émission de gaz à effet de serre. "Pour arrêter les énergies fossiles, nous devons mettre un terme à notre dépendance. Cela veut dire passer des moteurs à combustion aux véhicules électriques et créer des réseaux de transports publics propres sans délai", a commenté dans un communiqué Martin Kaiser, de Greenpeace Allemagne.

 

"Ce qui est très inquiétant est que des économies majeures comme les États-Unis, l'Allemagne, la Chine, le Japon, et des constructeurs comme VW, Toyota et Hyundai n'ont même pas voulu signer une déclaration sur les véhicules électriques qui promet moins que ce qui serait nécessaire pour conserver une certaine sécurité climatique", a-t-il ajouté.

 

Dans sa feuille de route pour parvenir à la neutralité carbone à 2050 et ainsi limiter le réchauffement à +1,5°C par rapport à l'ère pré-industrielle, l'Agence internationale de l'Energie (AIE) plaide pour la fin des ventes de voitures thermiques neuves dès 2035.

 

Les principales annonces des constructeurs au sujets des moteurs thermiques.

 

Ford

Ford fait partie des signataires de la déclaration dévoilée mercredi à Glasgow. Le groupe avait déjà annoncé la création de quatre usines dédiées aux véhicules électriques aux Etats-Unis, dans le cadre de son plan d'électrification de 30 milliards de dollars. Le constructeur américain s'attend à ce que 100 % de ses ventes soient entièrement électriques d'ici à 2030 en Europe (40 % à 50 % au niveau mondial).

 

Volvo

Volvo Cars, également signataire à Glasgow et filiale du chinois Geely, prévoit de retirer de son catalogue d'ici 2030 tous ses modèles à combustion, y compris les hybrides.

 

Stellantis

Le groupe a abandonné le développement de moteurs à combustion et compte investir 30 milliards d'euros dans l'électrification de ses gammes d'ici 2025 et dans les logiciels. Les marques DS et Lancia deviendront 100 % électriques à partir de 2024 et 2026, respectivement. Alfa Romeo sera 100 % électrique en Europe et en Amérique du Nord d'ici 2027, Opel en Europe d'ici 2028. Fiat le deviendra aussi "dès que le prix des voitures électriques s'approchera de celui des thermiques", soit entre 2025 et 2030.

 

Volkswagen

Le géant allemand vise le leadership mondial dans les voitures électriques. Lancée fin 2020, sa compacte ID.3 se bat déjà avec Tesla pour dominer le marché électrique européen. Volkswagen compte vendre 50 % de véhicules électriques d'ici 2030 et "presque 100 %" en 2040 sur ses principaux marchés. Il compte investir 73 milliards d'euros en cinq ans dans son virage électrique. A l'image de Tesla, le groupe compte installer un large réseau de bornes de recharge rapide à travers le monde. Sa marque premium Audi sera 100 % à batterie en 2033. Lamborghini, qui appartient aussi au géant allemand, compte électrifier en hybrides l'ensemble de sa gamme de sportives d'ici fin 2024 et proposer une sportive 100 % électrique autour de 2027.

 

Daimler

Le groupe allemand Daimler va investir 40 milliards d'euros dans l'électrification de sa production au cours de la décennie. Dès 2025, Mercedes ne lancera plus que des "architectures" 100 % électriques.

Mercedes-Benz fait partie des signataires à la COP26.

 

Jaguar Land Rover

Pour réimaginer sa gamme, Jaguar Land Rover, filiale du groupe indien Tata et également signataire à Glasgow, va investir 2,5 milliards de livres (2,8 milliards d'euros) par an, en grande partie dans l'électrique. Les Jaguar seront 100 % électriques à partir de 2025.

 

Renault

Pionnier de l'électrique avec sa Zoé, le groupe Renault vise plus de 65 % de véhicules électrifiés en 2025 et 70 % en 2030 en Europe. Il va lancer dix nouveaux véhicules à batterie électrique d'ici 2025, dont une version moderne et "accessible" de l'emblématique Renault 5, fabriquée en France.

 

BMW

Sur les dix années à venir, le constructeur allemand BMW veut vendre dix millions de modèles 100 % électriques, contre plus de 4 millions annoncés précédemment. Sa filiale Mini tournera complètement le dos aux moteurs à combustion dans dix ans.

 

GM

L'américain General Motors, signataire à la COP26, avait déjà l'intention de ne plus construire d'ici 2035 de voitures à émissions polluantes, même s'il ne s'est pas ouvertement engagé à n'offrir que des véhicules électriques en 2035.

 

Toyota

Le pionnier des voitures hybrides Toyota va lancer quinze modèles 100 % électriques d'ici 2025. Toyota prévoit de réaliser en Europe 10 % de ses ventes en électrique et hydrogène d'ici là, aux côtés de 70 % d'hybrides, 10 % d'hybrides rechargeables et 10 % de voitures à essence.

 

Hyundai-Kia

Hyundai prévoit de présenter 23 modèles de véhicules électriques d'ici 2025 et d'en distribuer plus d'un million d'unités. Kia va présenter de son côté sept modèles électriques d'ici 2026, qui devraient atteindre 20 % de ses ventes mondiales. (avec AFP)

 

Partager :

Sur le même sujet

Laisser un commentaire

cross-circle