Honda logiquement touché par la crise
"Honda est dans un contexte très sévère" du fait de la pandémie, a souligné le PDG du groupe, Takahiro Hachigo, lors d'une conférence de presse en ligne. Le constructeur japonais a en effet annoncé, mardi 12 mai 2020, une chute de 25,3 % de son bénéfice net sur son exercice annuel 2019-2020, à 455,7 milliards de yens (3,92 milliards d'euros), et n'a pas établi de nouvelles prévisions annuelles.
Son bénéfice opérationnel annuel a également sensiblement reculé (-12,8 %) pour s'établir à 633,6 milliards de yens, face "à la baisse des ventes et aux effets de changes défavorables", selon le communiqué. Le groupe a notamment subi une petite perte opérationnelle de 5,6 milliards de yens (48,1 millions d'euros) sur son dernier trimestre 2019-2020. Au cours de ce quatrième trimestre (de janvier à fin mars 2020), le numéro deux japonais de l'automobile a même accusé une perte nette de 29,5 milliards de yens (254 millions d'euros), avec un chiffre d'affaires en recul de 14,6 % à 3 458 milliards de yens (29,78 milliards d'euros), selon un communiqué. Le groupe a vu ses ventes annuelles reculer de 6 % pour atteindre 14 931 milliards de yens (128,37 milliards d'euros), alors qu'il envisageait début février d'atteindre 15 150 milliards de yens, relevant même ses objectifs pour l'occasion, lesquels n'intégraient pas toutefois l'impact de la pandémie.
Désormais, face à "la difficulté de prévoir comment la situation peut évoluer dans chaque pays et région", Honda explique être "incapable de fournir des objectifs basés sur des calculs raisonnables" pour le moment. Le constructeur s'était retrouvé rapidement concerné par le coronavirus, qui l'avait obligé à interrompre en février les activités de son usine à Wuhan, le foyer d'origine du virus. Comme les autres grands constructeurs automobiles mondiaux, Honda a ensuite été contraint à partir de mars de suspendre ses opérations dans d'autres régions du monde gagnées à leur tour par la pandémie, notamment en Amérique du Nord et dans le reste de l'Asie, où il est très présent sur le segment des deux-roues.
Le groupe a depuis relancé plusieurs de ses usines, notamment en Chine et en Amérique du Nord, et assure disposer de suffisamment de liquidités pour affronter la crise. Il cherche par ailleurs à réduire la dépendance de ses usines japonaises à des pièces importées, pour leur permettre de continuer à produire même en cas de rupture d'approvisionnement venant de l'étranger, a laissé entendre son PDG. Honda n'envisage pas pour l'heure de réduire ses investissements dans les nouvelles technologies, comme les véhicules autonomes, a assuré Takahiro Hachigo: "Nous voulons poursuivre nos investissements pour pouvoir survivre" à long terme. (avec AFP)
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