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Constructeurs

Frank Marotte, Toyota : "Avec le Yaris Cross, notre ambition est d’être dans le top 5 des B-SUV"

Publié le 25 août 2021

Par Christophe Bourgeois
5 min de lecture
Après de très longues années d’absence, Toyota revient avec le Yaris Cross sur le marché porteur, mais très concurrentiel, des SUV du segment B. Ce nouveau modèle représentera à terme un quart de ses ventes. Frank Marotte, président directeur général de Toyota France, détaille les ambitions de la marque.
Frank Marotte, président directeur général de Toyota France.
Frank Marotte, président directeur général de Toyota France.

 

Le Journal de l’Automobile : Toyota est le dernier constructeur généraliste à proposer un SUV sur le segment B. Pourquoi un tel retard ?

Frank Marotte : Sur les dernières années, Toyota a consacré ses efforts sur d’autres modèles et sur le développement de la technologie hybride. Aujourd’hui, nous revenons sur ce segment que nous avions inauguré en 1994 avec le premier Fun Cruiser, devenu très rapidement RAV4. Le Yaris Cross en est le digne successeur car nous sommes la seule marque à proposer une version quatre roues motrices sur ce segment tout en affichant des émissions de CO2 en adéquation avec les attentes du marché. La version AWD-i n’émet en effet que 106 à 116 g/km, contre 100 à 114 g/km pour la deux roues motrices. Cet écart, très faible, a été rendu possible grâce à l’implantation d’un moteur électrique sur l’essieu arrière.

 

J. A. : Quelles sont vos ambitions sur le Yaris Cross ?

F. M. : En France, le segment B représente 37 % des ventes et celui du B-SUV, 21 %. Nos ambitions sont donc très fortes d’autant plus que notre positionnement produit est clair : proposer un vrai SUV, aussi bien en termes de style que de prestations grâce à la transmission intégrale, doté d’un moteur hybride. Nous avons pour ambition de commercialiser 30 000 Yaris Cross sur une année pleine. Cela représentera 25 % des ventes de Toyota France et 8 % du segment B-SUV ce qui nous permettra d’être dans le top 5.

 

J. A. : Avec une pénétration de 8 %, vos ambitions sont supérieures à la part de marché de Toyota en France…

F. M. : Effectivement, notre part de marché est de 6 %. Mais sur les segments sur lesquels nous avons une offre berline et SUV, notre pénétration sur le segment SUV est plus importante.

 

J. A. : Quelle sera la répartition des ventes entre la Yaris et le Yaris Cross ?

F. M. : Entre la Yaris et le Yaris Cross, nous estimons que le mix sera respectivement de 55 % et 45 %. Nous prévoyons que la version transmission intégrale AWD-i, qui est facturée 2 000 euros de plus, représentera 30 % des ventes et nous ambitionnons un taux de conquête de 70 %. Enfin, sur les quatre niveaux de finition (Dynamic, Design, Trail, et Collection), c’est le deuxième [Design : 27 500 € NDLR] qui représentera le plus gros des ventes. Nous proposons également une version Dynamic Business, dédiée aux entreprises, mais je rappelle que sur le marché des B-SUV, les ventes à société sont bien moindres que celles à particulier.

 

J. A. : Ou est fabriqué de Yaris Cross ?

F. M. : Dans notre usine d’Onnaing, près de Valenciennes (59), à côté de la Yaris. La capacité de production de ce site a été portée à 300 000 véhicules par an, répartie équitablement entre la Yaris et le Yaris Cross. Pour accueillir ce dernier, une partie de la production de la Yaris a été transférée dans notre usine tchèque, à côté de l'Aygo. Pour rappel, le site d’Onnaing a produit quatre millions de véhicules depuis son ouverture en 2001 et nous y avons investi 1,5 milliard d’euros. Il emploie aujourd'hui 4 800 collaborateurs.

 

J. A. : Vous avez annoncé que cette usine sera fermée deux semaines en septembre dans le prolongement des vacances d’été. Pour quelles raisons ?

F. M. : Pendant les sept premiers mois de l’année 2021, grâce à notre organisation industrielle et à notre relation très étroite avec nos fournisseurs et leurs sous-traitants, nous avons su anticiper et nous adapter à la pénurie des semi-conducteurs. Malheureusement, l’épidémie de Covid a repris de l’ampleur dans certains pays du sud-est asiatique ; nos fournisseurs ont dû dès lors stopper leur production, ce qui a eu pour conséquence des fermetures d'usines chez Toyota. Au niveau mondial, cela représente 400 000 véhicules qui ne seront pas produits. Mais nous estimons, si la pandémie n’empire pas, que ce manque de production pourrait être rattrapé d’ici la fin de l’année.

 

J. A. : La fermeture du site aura-t-elle un impact sur le lancement du Yaris Cross ?

F. M. : Le lancement du Yaris Cross se déroulera mi-septembre. Tout le réseau a reçu sa dotation, car ces modèles ont été produits en juillet. Pour les clients, nous estimons que la situation que nous traversons actuellement repoussera les délais de livraison entre quinze jours et un mois.

 

J. A. : Et pour le reste de la gamme ?

F. M. : Cela dépend des modèles. Nous sommes aujourd’hui sur des livraisons pour novembre ou décembre.

 

J. A. : Alors que les constructeurs français ont délocalisé la production de leurs modèles du segment B dans d’autres pays d’Europe, voire plus loin, Toyota poursuit la production des Yaris et Yaris Cross en France et investit dans ce sens. Quelles sont les raisons ?

F. M. : Quel que soit le pays où nous produisons nos véhicules, nos sites sont conçus pour optimiser les coûts de production, et cela, sur toute la chaine de valeurs. En parallèle, nos produits sont pensés en intégrant cette stratégie dès le premier coup de crayon du studio de design. Cela nous permet donc de produire des modèles du segment B en France tout en dégageant de la rentabilité.

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