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Constructeurs

FCA - PSA : le projet de fusion se précise

Publié le 31 octobre 2019

Par Alice Thuot
4 min de lecture
Les conseils d’administration de FCA et PSA ont donné leur aval pour une fusion à 50/50 des activités des deux groupes. Avec à la clé, des chiffres impressionnants en termes de ventes, chiffre d’affaires ou encore synergies prévues.

 

Le projet de rapprochement entre FCA et PSA, encore au stade embryonnaire hier, mardi 30 octobre, semble se concrétiser à la vitesse de l’éclair. Le conseil de surveillance de Peugeot S.A et le conseil d’administration de Fiat Chrysler Automobiles N.V. ont convenu, à l’unanimité, d’œuvrer en vue d’une fusion à 50/50 des activités des deux groupes. Ils ont ainsi donné à leurs équipes respectives le mandat pour finaliser les discussions et conclure un mémorandum d’entente dans les prochaines semaines qui devrait donner naissance à un groupe de dimension mondiale, dont le siège serait basé aux Pays-Bas.

 

Cette société mère serait cotée sur les places financières d’Euronext (Paris), Borsa Italiana (Milan) et du New York Stock Exchange et continuerait de maintenir une présence dans les sièges opérationnels des deux groupes, en France, en Italie et aux Etats Unis.

 

PSA se sépare de Faurecia

 

Question gouvernance, cette nouvelle entité serait équilibrée entre les actionnaires et la majorité des administrateurs serait indépendante. Le conseil d’administration serait composé de onze membres. Cinq membres du conseil d’administration seraient nommés par FCA, avec, comme président John Elkann, et cinq membres par le groupe PSA (dont l’administrateur référent et le vice-président). Comme l’avançaient déjà les rumeurs hier, Carlos Tavares, membre du conseil d’administration, deviendrait PDG de ce nouveau super groupe, pour une durée initiale de 5 ans.

 

A noter également que, pour préserver la stabilité de la nouvelle entité, EXOR (société d'investissement), BPIFrance Participations et la famille Peugeot ne pourraient pas se séparer de leur actions pendant une durée de trois ans. Seule exception : la famille Peugeot serait autorisée à augmenter sa participation de 2,5 % au sein de l’entité au cours des trois premières années suivant la création de la fusion, en souscrivant des actions uniquement auprès de BPIFrance et Dongfeng. Autre fait marquant : en vue de la création de ce nouveau groupe, Peugeot céderait la totalité de ses parts détenues dans l’équipementier Faurecia, soit 46 %.

 

8,7 millions de véhicules par an, 170 milliards de chiffre d’affaires

 

L’affaire semble donc presque déjà pliée : d’ici quelques semaines émergera bien le quatrième groupe automobile mondial en termes de ventes annuelles. Avec dans son portefeuille les marques Peugeot, Citroën, DS Automobiles, Opel, Vauxhall, Fiat, Fiat Professionnel, Jeep, Alfa Romeo, Dodge RAM, Maserati, Ferrari, Chrysler, la nouvelle entité serait à l’origine de 8,7 millions de véhicules vendus par an. Le tout, pour un chiffre d’affaires de 170 milliards d’euros et un résultat opérationnel courant de plus de 11 milliards d’euros, sur la base des résultats agrégés de 2018, et en excluant les équipementiers respectifs des deux groupes, Magneti Marelli et Faurecia.

 

Les deux protagonistes chiffrent les synergies annuelles à 3,7 milliards d’euros, des synergies « progressives » selon PSA, qui découleraient « d’une affectation plus efficiente des investissements dans les plateformes de véhicules, les chaines de traction, les technologies et une capacité d’achats plus importante inhérente à la nouvelle dimension du groupe. » Le groupe français préfère par ailleurs désamorcer toute polémiques en précisant que ces synergies ne sont pas basées sur des fermeture d’usine. 80 % d'entre elles seraient réalisées à partir de la fin de la quatrième année. Coût de leur réalisation : 2,8 milliards d’euros.

 

PSA affirme sa volonté de s’implanter en zones Amériques

 

Outre ces synergies, l’évidence pour les groupes automobiles de se rapprochement est de pouvoir se doter des ressources nécessaires pour faire face aux défis posés par la mobilité, notamment électrifiée. Pour PSA, cette opération lui permettra également de poser ses jalons sur des zones encore a conquérir, notamment l’Amérique du Nord ou Amérique Latine, où FCA enregistrerait ses meilleurs marges. La pénétration du groupe italo-américain a sans doute été un argument fort pour PSA.

 

En Amérique du Nord, incluant les Etats-Unis, le Canada et le Mexique, FCA affichait, fin 2018, une part de marché de 12 % à 2,634 millions de véhicules vendus. En Amérique du Sud, comprenant notamment le Brésil et l’Argentine, cette pénétration atteignait 12,8 % soit 566 000 unités écoulées, dont 434 000 au Brésil, pays où sont bien implantés Chrysler et Jeep. Dans ce marché, FCA peut ainsi se targuer d’obtenir une part de marché de 17,5 %. Des forces qui compenseraient la faiblesse du groupe en Europe : dans cette zone AMEA, FCA atteignait 6,5 % de part de marché avec 1,013 million de véhicules vendus. PSA ne pourra pas compter non plus sur l’aide du groupe italo-américain pour percer en Chine : sur ce premier marché automobile mondial, FCA se limitait en 2018 à 0,8 % de pénétration avec 163 000 unités écoulées. Plus globalement, dans la région Asie-Pacifique, l’implantation de FCA se limitait à une pénétration de 0,7 % soit 223 000 unités.

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