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Constructeurs

Entretien avec Felix Brautigam, Président de Porsche France.

Publié le 24 octobre 2008

Par Gredy Raffin
5 min de lecture
"La 911 reste la référence."Impériale. La 911 type 997 2e génération débarque avec la ferme intention de conserver sa place face à une concurrence de plus en plus affûtée. En attendant la Panamera,...
...Porsche parfait son réseau de distribution.

Journal de l'Automobile. Porsche dévoile la 911 résolument tournée vers l'écologie, est-ce une forme de conformisme ?
Felix Bräutigam. Ce n'est pas de l'adaptabilité mais de la réactivité. Avoir un bon équilibre entre sportivité et développement durable a toujours été une notion importante chez Porsche. Nous avons été parmi les seuls à faire du "downsizing" quand la concurrence employait des V10, des V12 et parfois des W16. Nous avons été critiqués pour cela, car nous avions des "modestes" 6 cylindres de 3,6 litres. Pourtant nous avions les mêmes performances. Porsche a anticipé la tendance : notre ratio sportivité/respect de l'environnement se pose en référence sur le segment. Il est encore un peu tôt pour communiquer sur nos nombreux projets d'ici à 2015. Nos ingénieurs travaillent à l'amélioration des moteurs thermiques et sur les produits. Le Cayenne sera bientôt proposé en hybride et la Panamera suivra.

JA. Avec l'hybridation, ne risquez-vous pas de perdre en performance ?
F.B. Il s'agit d'une interprétation très Porsche de l'hybridation. Ce seront des voitures ultra-sportives pour cette catégorie, qui ne consommeront pas plus qu'une grosse berline. La Panamera hybride sera très bien placée par rapport à la concurrence en termes de consommation et d'émission.

JA. Vous évoquez la Panamera. Quelles sont les raisons de son absence ?
F.B. Ce n'est pas un retard. Le lancement est toujours prévu pour 2009. Porsche communique sur la voiture et la campagne marketing à destination des prospects débute actuellement. Nous n'avions rien planifié pour Paris. Que chacun se rassure, le développement se poursuit et la Panamera est une vraie Porsche !

JA. A l'instar de la Nissan GT-R, la concurrence ne cesse de s'étoffer pour la 911, comment évaluez-vous la situation ?
F.B. La concurrence est bénéfique car elle donne un plus grand intérêt au public. Il y a d'excellentes voitures chez les autres constructeurs et chacun joue avec des qualités qui lui sont propres mais encore une fois la 911 reste la référence. Nous n'avons pas peur, au contraire, cette situation profite au business.

JA. Quels sont vos objectifs ?
F.B. Nous avons gardé notre cap avec une croissance globale de 1,2 % de notre volume. L'objectif est de renforcer notre position dominante. En France, depuis le lancement de la loi du bonus-malus, Porsche a augmenté son taux de pénétration grâce à ce modèle économique qui n'est pas de forcer les ventes comme le font pas mal de concurrents, mais d'adapter légèrement la production en fonction de la situation. Il n'y aura pas de soutiens aux distributeurs ou de stratégie de prix agressifs. Porsche s'attache à maintenir un niveau de demande supérieur à l'offre. Une façon de conserver aussi une part de rêve et d'exclusivité. La 911 doit se placer en leader avec 800 à 900 voitures

JA. Les chiffres font tout de même état d'une baisse en France. Alors qu'en est-il réellement ?
F.B. D'un côté, si l'on se réfère à l'année fiscale qui s'est terminée à fin juillet, nous allons être à peu près au niveau que Porsche affiche dans sa globalité. En France, notre segment a chuté et pourtant nous avons maintenu un bon niveau. Le premier semestre a été difficile du fait que nous étions en fin de cycle de vie de la 911. Nous avons cependant adapté notre approvisionnement pour éviter autant que possible d'avoir des stocks chez les concessionnaires à l'arrivée de la nouvelle génération.

JA. Du retard dans les ventes donc…
F.B. Oui, pourtant je n'ai pas eu à réorganiser la feuille de route 2008. Porsche avait, dès le départ, quelques incertitudes liées à la situation difficile que connaissent les Etats-Unis, depuis l'été 2007. L'exercice 2008/2009 démarre mieux.

JA. Qu'en est-il du réseau ?
F.B. Nous comptons 34 points de vente dont le professionnalisme n'est plus à démontrer. La France est un grand pays, il reste donc des territoires libres. Il y a assurément des solutions pour une meilleure exploitation géographique, surtout qu'avec la Panamera, nous nous adresserons à une nouvelle clientèle, de nouveaux marchés nous serons ouverts.

JA. Vous faudra-t-il prendre des dispositions particulières ?
F.B. Il nous faudra évidemment monter d'un cran dans notre professionnalisme. Selon les concessionnaires, les thèmes de réflexion seront la représentation physique (emplacements et bâtiments), les process de vente et d'après-vente et enfin les hommes. Ce sont nos partenaires qui font la marque, nous devons donc embaucher de vrais "porschistes" qui comprennent notre vision, captent l'essence de notre marque.

JA. Combien de sites vous reste-t-il à ouvrir ?
F.B. Notre feuille de route prévoit d'achever le déploiement à la fin 2010, après la commercialisation de la Panamera, mais le nombre de points de vente n'a pas été arrêté. Je veux protéger les concessionnaires et bien délimiter leur zone. Ma politique n'est pas de créer une concurrence interne. Nous allons nous appuyer dans un premier temps sur les investisseurs déjà en place avec qui nous pourrions ouvrir un 2e site, une annexe ou un centre service. Les nouveaux entrants ne se trouveront que sur les zones libres. Notre priorité est en tout cas de travailler avec des concessionnaires aux finances solides.

Photo : Leader avec 800 à 900 voitures", annonce Felix Bräutigam.

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