...les résultats enregistrés par BNP Paribas, les patrons de PME françaises se disent en majorité (70 %) optimistes pour l'avenir de leur secteur d'activité en 2006. En revanche, un dirigeant sur quatre seulement se déclare confiant dans le devenir de l'économie nationale. Ce décalage reste propre à la France. Les patrons allemands, espagnols, italiens et britanniques, également interrogés, perçoivent favorablement l'avenir économique de leur pays. Lorsque l'enquête ramène les patrons français à l'avenir de leur propre entreprise, 42 % prévoient une hausse de leur chiffre d'affaires en 2006. L'année dernière, 48 % d'entre eux ont déjà enregistré une augmentation de leur activité, avec une progression plus favorable pour les PME de 20 à 200 salariés. Sur le terrain de la rentabilité, 3 % des dirigeants comptent sur une augmentation de leurs prix, qu'ils n'ont pu concrétiser en 2005. Parmi les secteurs les plus touchés, le transport figure en tête après l'envolée des cours du pétrole. Pour sortir de cette situation et s'accorder une bouffée d'oxygène, les transporteurs comptent bien revoir leurs tarifs en 2006. Leur volume d'affaires devrait connaître le même mouvement et seule la courbe des investissements devrait faiblir après une bonne année 2005.
Parmi les dépenses prioritaires, le renouvellement du matériel figure au premier rang pour 73 % des PME. Cette proportion atteint 85 % dans le domaine du transport, soumis à des normes spécifiques. Pour 46 % des investisseurs, ces achats ont pour but d'améliorer la productivité et les capacités de production pour 34 % d'entre eux. Au grand regret de BNP Paribas Lease Group, 82 % des patrons qui ont investi l'an dernier ont eu recours à l'autofinancement. Ce niveau d'investissement ne devrait pas se maintenir en 2006 selon les renseignements fournis par l'enquête. Les PME pourraient plutôt s'orienter vers des investissements humains. Dans le secteur industriel notamment, 19 % des chefs d'entreprises interrogés prévoient d'accroître leurs effectifs alors que 12 % envisagent de les réduire. Ces données brutes ne précisent cependant pas si le nombre de postes supprimés sera inférieur au nombre d'embauches. Dans un autre volet de l'enquête, les dirigeants soulignent les difficultés qu'ils rencontrent pour recruter des collaborateurs compétents. Ce sentiment éprouvé par la majorité des patrons allemands (76 %), espagnols (74 %), italiens (80 %) et britanniques (62 %) atteint son paroxysme auprès des français (88 %). En dépit de cette perception défavorable, plusieurs secteurs prévoient d'augmenter leurs effectifs en 2006.
L'emploi pourrait progresser pour la première fois depuis plusieurs années selon les dirigeants des sociétés de l'industrie. Dans des secteurs comme le travail des métaux ou la construction mécanique, les PME présentent un bilan positif pour l'année 2005. Activité et rentabilité ont suivi une courbe ascendante pour 54 % de ces entreprises. En 2006, les patrons du secteur prévoient un meilleur volume d'affaires et des bénéfices supérieurs grâce à une augmentation de leurs prix de vente. Seule la branche du travail des métaux semble plus pessimiste quant aux possibilités de hausse de ses tarifs. Cernées par l'envolée du coût des matières premières et la pression de clients qui savent faire jouer la concurrence, ces entreprises redoutent une année à l'image de celle que viennent de vivre leurs homologues du transport.