L'UFC-Que Choisir alerte sur les contrats piégeux de location longue durée

"Un quart des locataires ont subi des frais de restitution contestés, pour 1 200 euros en moyenne", dénonce l’association dans une enquête publiée ce 1er avril 2026. Pour cette étude, l'UFC-Que Choisir a interrogé 1 285 consommateurs et étudié près de 1 000 témoignages de litiges. L'association constate que certains contrats prévoient "explicitement" que les loyers continuent de courir même lorsque le véhicule est immobilisé en raison des aléas de la vie. Selon elle, sortir du contrat s’apparente alors à "un parcours du combattant".
Les héritiers d’un locataire décédé peuvent aussi "se retrouver contraints de choisir entre poursuivre les paiements, racheter le véhicule ou affronter une procédure de recouvrement, sans information claire sur leurs droits", ajoute l’association.
Si le marché du leasing (location avec option d’achat et location longue durée) est en pleine expansion, les consommateurs sont très souvent mal renseignés sur les détails de leurs contrats. Derrière la mensualité mise en avant en concession se cachent souvent des risques.
Ces situations sont révélatrices de toute une structure dysfonctionnelle. "Ce qui me choque, c’est que la DGCCRF a contrôlé 101 établissements et trouvé des anomalies dans la moitié d’entre eux. Et parmi les consommateurs qui ont payé des frais à la restitution, 65 % estiment qu’ils n’étaient pas justifiés. On n’est pas sur des accidents isolés, on est sur un système. Et c’est ça qu’on veut changer", a déclaré Marie-Amandine Stévenin, présidente de l’UFC-Que Choisir.
Face à ces contrats frauduleux, l’UFC-Que Choisir réclame des mesures
L’association déplore les manquements de la loi pour couvrir ce type de litige, surtout dans le cas de la location longue durée (LLD). Si une nouvelle directive européenne sur le crédit à la consommation va renforcer l’encadrement de la location avec option d’achat (LOA), la LLD, elle, reste sans socle de protection équivalent. Or, "certains professionnels orientent délibérément leurs clients vers ce produit parce qu’il est moins contraignant pour eux", affirme l’enquête.
Face à ces constats, l’UFC-Que Choisir réclame plusieurs mesures d’action, comme la création d’un "droit à la résiliation sans frais en cas d’accident de la vie (décès, invalidité, perte d’emploi, force majeure) pour tous les contrats de leasing, LOA comme LLD".
L’association évoque aussi la possibilité d’imposer une information précontractuelle "standardisée" incluant "le coût total du contrat, les frais possibles à la restitution et le coût réel d’une sortie anticipée, avant toute signature".
Elle demande également l’interdiction des clauses qui transfèrent sur le locataire les risques de panne et de vice du véhicule, notamment celles qui maintiennent les loyers en cas d’immobilisation prolongée. Enfin, elle préconise un ajustement de la loi pour "étendre à la LLD les protections du crédit à la consommation" : droit de rétractation, évaluation minimale de solvabilité, encadrement de la publicité et information normalisée sur les coûts.
Par Louna Pioche-Catel
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