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Les points de vue de…

Publié le 19 mars 2010

Par Christophe Jaussaud
10 min de lecture
Nous offrons tribune aux responsables des quatre opérateurs de contrôle technique, afin qu'ils établissent leur bilan de l'année 2009, et qu'ils tirent les premiers enseignements des initiatives...
Nous offrons tribune aux responsables des quatre opérateurs de contrôle technique, afin qu'ils établissent leur bilan de l'année 2009, et qu'ils tirent les premiers enseignements des initiatives...
...qu'ils ont lancées en 2009.

Autosur

Autovision

Securitest

Dekra

AUTOSUR


Bernard Desbouvry, directeur général du réseau, dresse un premier bilan de Supersur, le "contrat d'assurance" gratuit offert à tout automobiliste qui effectue sa visite obligatoire (et en fait la demande) dans un centre Autosur…

Bilan

Nous sommes satisfaits de l'année écoulée. Avec une progression significative de 17 centres, nous prouvons l'attrait que suscite l'enseigne. Bien entendu, il y a probablement trop de centres en France, mais, jusque-là, la théorique surcapacité est absorbée pour partie par la hausse du marché (environ 4 %, cette année).
La prime à la casse va peut-être changer la donne, mais nous comptons sur des leviers de croissance encore inexploités. Par exemple, d'ici 1 à 2 ans, nous pourrions voir arriver la visite annuelle complète pour les VUL, au lieu d'un simple contrôle de pollution. Par ailleurs, nous verrons peut-être également l'intervalle entre deux visites passer de deux ans à un an, pour les véhicules de plus de dix ans.
Les compteurs d'exception ont un peu posé problème en début d'année, le temps que les contrôleurs appréhendent leur fonctionnement. D'autre part, nous avons aussi remarqué au fil des mois que leur importance diminuait sensiblement. Car il ne faut pas oublier que les compteurs constituent une alerte sur un écart de résultat par rapport à une moyenne, et non la mise en évidence d'un manquement aux fondamentaux de notre métier.

Deux roues

Nous avons accueilli la nouvelle de la mise en place du contrôle technique des deux roues avec enthousiasme. Rappelons que nous sommes très impliqués sur le sujet, dans le sens où Autosur a été le premier réseau à monter des centres "Motosur", pour faire passer des contrôles volontaires en France. Je pense que, compte tenu de l'investissement supposé, la majorité des centres existants proposeront le service. Le principal écueil qui se posera, concernera la proximité des centres. On ne peut pas imposer des dizaines de kilomètres à un cyclomotoriste, pour aller faire contrôler son scooter, par exemple. La solution pourrait se trouver dans des stations de contrôle mobiles, opérant des campagnes ponctuelles, en accord avec les préfectures.

Supersur

Le contrat Supersur représente vraiment une nouveauté chez nous, mais aussi d'une manière plus globale, dans le contrôle technique. Cette "intrusion" d'un nouveau secteur dans l'activité des centres a tout d'abord posé des problèmes de compétences et de maturité. Il a donc vraiment fallu expliquer à chacun les bénéfices qu'il pouvait en tirer, car les opérateurs n'avaient pas forcément le réflexe de le proposer à leurs clients. Et puis, il y a ceux qui engendrent des volumes suffisants et ne voient pas l'intérêt de drainer encore plus de clientèle. D'autant que Supersur engendre un coût pour l'opérateur, si le client fait jouer la garantie… A côté de cela, il faut bien admettre que tous reconnaissent aujourd'hui que c'est un outil de fidélisation qui ramène du monde dans les centres, qui plus est.

AUTOVISION


Dominique Fourleignie, directeur général du réseau, se montre critique face aux réglementations qui régissent son activité, et explique les premiers résultats de son implication dans le rachat de l'équipementier de garage Fog Automotive.

Bilan

Cette année, nous avons enregistré pas mal de mouvements dans notre réseau. Quelques adhérents ont ainsi souhaité sortir des zones urbaines ou périurbaines, où ils s'étaient installés il y a longtemps. En effet, avec les nouvelles lois mises en places dans les années 2000, leur affaire avait perdu de la valeur en cas de revente, car plus adaptée en termes de disposition, d'espace, de hauteur sous plafond ou autres… Ainsi, certains ont fui les centres ville et se sont offert des locaux plus pratiques et surtout plus conformes. Une autre tendance se poursuit, quant à la multiplication des opérateurs multisites. En effet, cela permet une plus grande flexibilité, en faisant tourner les contrôleurs sur les différents centres, en fonction de leur niveau de charge, qui est aléatoire…

Côté activité pure, 2009 a été une année tendue, non pas en termes de volumes car nous avons progressé, mais plutôt en termes de ressenti. Les Drire ont effectué pas mal de vérifications, qui ont généré du stress et des litiges dans les centres. D'une manière générale, la France n'est pas très axée sur le contrôle qualité. Et les contrôleurs techniques ont plus souvent un esprit de mécanicien qui fait du diagnostic, plutôt que celui d'un inspecteur travaillant dans un contexte réglementaire draconien. Du coup, cela génère des incompréhensions certaines.

Quant aux compteurs d'exception, je ne peux pas les interpréter. Vous savez, les statistiques sont comme les bikinis. Elles donnent des idées, mais cachent l'essentiel ! En gros, ils ne donnent pas une véritable idée de la qualité des centres. Par exemple, les compteurs d'exception sont évalués en nombres d'unités et non en pourcentage. Mais c'est stupide ! Selon le nombre de contrôles, il est évident qu'un centre qui fait 20 000 contrôles par an aura plus de compteurs qu'un plus modeste !

Deux roues

En France, on fait des annonces, et on réfléchit après. Bien sûr que le CT deux roues est une bonne chose. Mais il faut maintenant établir une nomenclature, des protocoles… Et il faudra mettre en place des actions de sensibilisation en marge des visites obligatoires. Le problème des cyclos, c'est souvent la responsabilité des parents. Chez nous, lors d'un test grandeur nature, nous avons découvert des scooters qui roulaient à près de 120 km/h ! Donc, en marge du contrôle technique, il faudra être capable de faire en sorte que les cyclos ne soient pas re-modifiés au sortir de la visite. Là, nous aurons rempli notre mission de service public.

FOG Automotive

La reprise de Fog présentait pour nous l'intérêt de développer des matériels adaptés aux contraintes de notre activité. Le but principal étant de gagner en productivité et donc en rentabilité, dans un contexte concurrentiel de plus en plus dur. Les tarifs sont aussi des axes forts de travail. Fin 2010, nous devrions être en mesure de présenter des produits spécifiques.

SECURITEST

Martine Houlière, P-dg, se satisfait de l'arrivée du CT deux roues et rappelle l'implication de son réseau dans la sécurité routière. Elle revient également sur le label "Centre Auto Conseil", en partenariat avec "40 millions d'Automobilistes" pour redorer l'image des contrôleurs techniques.

Bilan

En 2009, nous avons enregistré 24 créations de centres, qui sont, pour moitié, des ouvertures pratiquées par des affiliés, qui possédaient déjà un ou plusieurs sites. C'est une vraie tendance désormais. L'année passée, nous avons aussi battu des records, puisque le marché a progressé de 4,52 % et nous de 4,72 %. A fin décembre, notre part de marché était de 17,69 %, ce qui fait de nous le premier réseau de contrôle technique en France. Il faut aussi souligner que nous avons provoqué une rupture de contrat cette année. Ce n'est pas de gaieté de cœur, mais je veux juste ainsi dire que Securitest n'attend pas les verdicts des Drire pour prendre ses responsabilités. Quand un centre ne remplit pas ses fonctions et ne satisfait pas à ses prérogatives, nous le sanctionnons, et nous sommes les seuls à aller jusqu'à la résiliation de contrat. Heureusement, cela n'arrive pas souvent.
En ce qui concerne les compteurs d'exception, je trouve que c'est une bonne chose. Désormais, les pouvoirs publics disposent d'un outil d'analyse qui permet de corriger d'éventuels problèmes, avant de sanctionner. Depuis septembre 2009, l'analyse multi-critères basée sur 10 critères, dont le nombre de compteurs d'exception, permet à chaque réseau d'isoler 50 centres problématiques, et de les accompagner dans l'amélioration de leur activité. Nous devons continuer de sensibiliser nos partenaires au fait qu'ils ne sont pas de simples diagnosticiens. Leur métier comporte une dimension de suivi et d'analyse de l'activité, liée au contexte réglementaire du contrôle technique.

Deux roues

Pour l'instant, ce n'est qu'une annonce. Mais nous l'accueillons avec plaisir. Depuis le mois d'octobre, Securitest dispose de 4 centres en test, qui pratiquent des contrôles volontaires. Ce qui nous permettra, au moment de l'élaboration des textes, d'être consultés par les pouvoirs publics, qui seront attentifs à ce retour d'expérience. Au-delà de la nomenclature, les centres tests permettent de tirer de nombreux enseignements pour les affiliés eux-mêmes, et pour les équipementiers qui devront présenter les matériels. De toutes façons, selon la nature de l'investissement, tous les centres ne s'y mettront pas…

Label Centre Auto Conseil

Ce partenariat avec l'association "40 millions d'automobilistes" nous tient vraiment à cœur. Nous étions lassés de voir les contrôleurs techniques et toute la filière malmenés, notamment dans la presse grand public, qui stigmatisait des cas isolés pour en faire des généralités. Savez-vous qu'en Irlande par exemple, le contrôle technique est abordé de façon beaucoup plus positive. Les automobilistes s'y rendent de bon cœur, car le métier de contrôleur est bien plus valorisé, même parfois mieux qu'un réparateur. C'est ce que nous voulons pour la France. Et cela passe par une prise de conscience de nos affiliés, qui doivent plus communiquer sur leur métier et sur les résultats des visites, auprès de leurs clients. Voilà les fondements des "Centre Auto Conseil".

DEKRA



Nicolas Bouvier, directeur du réseau, reste dubitatif quant aux modalités de mise en place du contrôle des deux roues. Il partage avec nous les premiers retours quant à la présentation du label vert, un concept destiné à orienter les centres vers une démarche environnementale à la carte.

Bilan

Nos parts de marché ont crû de 0,3 %, nous sommes donc satisfaits de l'année écoulée. Les 600 000 voitures qui sont parties à la casse en raison des primes gouvernementales ne se sont pas ressenties sur l'activité. En fait, les premiers effets devraient arriver maintenant et se poursuivre durant les 24 prochains mois. Mais, de toute façon, l'impact sera limité.
Bien sûr, les nouvelles ouvertures posent problème. Nous essayons de les limiter (nous avons près de 500 demandes par an, et en autorisons très peu), grâce à notre fonctionnement. Des commissaires régionaux, qui disposent d'un droit de veto, sont systématiquement consultés lors du dépôt d'un dossier de candidature. Si un nouveau centre est de nature à faire ombrage à un affilié en place, son affaire ne peut ouvrir sous nos couleurs. Bien sûr, il peut toujours se monter en indépendant… Mais d'ici quelques années, l'accréditation Cofrac devrait compliquer l'accès à la profession, puisque, en plus d'une obligation de moyens, le contrôle technique aura une obligation de résultats. Ce système de qualité complexifiera encore l'activité. De notre côté, nous préparons déjà nos partenaires à cette mutation.

Deux roues

C'est une jolie annonce, mais pour l'instant, il n'y a rien ! Ni protocole, ni cadre légal, ni nomenclature ! Bien entendu, nous serons prêts à discuter avec les pouvoirs publics lors de la mise en place, car nous sommes déjà très présents en Allemagne ou en Italie sur le sujet. Quoi qu'il en soit, le ministère parle d'une mise en place "en 2011". Cela me paraît complètement utopique. Pensez que nous sommes en mars, et qu'il faudra adapter les logiciels des centres, les faire valider par l'OTC, définir les matériels, les faire homologuer, élaborer les protocoles, la nomenclature… Bref, c'est impossible. Surtout quand on voit que pour les réglophares, il a déjà fallu 6 mois de procédures pour que les fabricants aient tous leur agrément…
Quant au potentiel, nous l'estimons à environ un million de contrôles par an, soit 5 % du marché pour les VL. Il n'y aura donc pas assez de gâteau pour tout le monde, et le gros de l'activité devrait se concentrer en zone urbaine.

Les centres verts

Nous avons déjà 10 centres en propres dont les projets sont en cours. Ils devraient être validés dans l'année. Notre siège social est également en train de bénéficier d'importants travaux destinés à le rendre plus "vert". Chez les franchisés, 5 centres se sont déjà manifestés quand ils ont pris connaissance du concept, et ils vont se multiplier dans les mois qui viennent, car nous entamons 45 réunions régionales qui devraient "faire prendre" le concept.

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