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Contrôle technique : un rebond pour fêter ses 30 ans

Publié le 17 février 2022

Par Florent Le Marquis
5 min de lecture
Alors qu’il fête ses 30 ans, le contrôle technique a vécu une année 2021 meilleure que les deux précédentes. Lors d’un point presse, Dekra a commenté les chiffres et est revenu sur trois riches décennies.
Le contrôle technique a connu une belle année 2021. © Dekra
Le contrôle technique a connu une belle année 2021. © Dekra

Le contrôle technique a fêté ses noces de perle le 1er janvier 2022. Pas précieux pour autant aux yeux de nombreux automobilistes, ses 30 ans d’existence ont été jalonnées d’évolutions. Jeudi 17 février, Dekra Automotive, qui détient 1 547 des 6 496 centres en France, a fait le point sur l’année écoulée et rappelé les grande lignes de ces trois décennies. Avec 3,4 milliards d’euros de chiffre d’affaires en 2021 (pour son activité mondiale), le réseau a presque retrouvé son niveau de 2019. "Nous œuvrons dans une soixantaine de pays avec plus de 47 800 collaborateurs", a rappelé Karine Bonnet, directrice générale de Dekra Automotive, qui revendique environ 24 % de part de marché sur le contrôle technique des VL.

 

2021, année de reprise

 

En 2021, le contrôle techniques des VL est quasiment revenu à son niveau de 2018 en volume, avec précisément 25 427 131 contrôles réalisés. 2019 et 2020 avaient été respectivement pénalisés par la crise des gilets jaunes et la crise sanitaire. Le taux de contre-visites a chuté de 5,5 % en un an. Les défaillances majeures constatées concernent surtout l’orientation des feux de croisement (4,7 % des véhicules contrôlés), l’opacité, hors limite ou instable (3,2 %) et l’endommagement des pneumatiques (3 %). Des défaillances critiques, instaurées en 2018, ne sont constatées que lors de 0,75 % des contrôles.

 

"Le parc contrôlé a tendance à vieillir, avec 12,3 ans de moyenne, soit 15 mois de plus qu’il y a 10 ans", a noté Rémi Courant, directeur qualité et technique chez Dekra Automotive. "Mais le kilométrage reste stable depuis 2015, à 15 000 kms. Cela laisse penser que ces véhicules roulent un peu moins." Aussi, quand 26 % des véhicules contrôlés repartait sans défaillance constatées dans les années 90, ils ne sont plus que 11 % désormais. Pourquoi ? "Le nombre de points de contrôles a augmenté", répond simplement Rémi Courant. Plus de points de contrôle, c’est forcément plus de chances de déceler des défaillances mineures.

 

 

Si leur proportion est en baisse, les véhicules diesel représentent toujours 66 % des modèles contrôlés. L’électrique n’occupe encore qu’une part infime : 0,3 % des contrôles (environ 50 000 véhicules). On peut y ajouter les 1 % d’hybrides. Des chiffres qui "auront vocation à augmenter ces prochaines années", a affirmé Rémi Courant.

 

Un marché PL stable

 

Un point a également été effectué sur le marché PL, pour lequel il y a avait 1,139 million de contrôles en 2006 et 1,244 million en 2021. Rappelons que les transports de marchandises doivent effectuer leur premier contrôle au bout d’un an puis tous les six mois. "C’est un marché très stable, a précisé Karine Bonnet. Le taux de prescription est plus bas que pour les VL, à 10,95 %. C’est normal, car ces véhicules sont des outils de travail ou de production, il y a donc un enjeu de sécurité plus prégnant  et les entreprises sont rigoureuses." L’âge moyen des poids lourds contrôlés est de 9,7 ans, stable lui aussi malgré le renouvellement du parc.

 

Quel avenir ?

 

Se préparer à la mutation du parc vers l’électrique est forcément un enjeu majeur pour la profession. Mais ce n’est pas le seul défi. "1 000 postes ne sont actuellement pas pourvus dans la branche", a déploré Karine Bonnet. L’obligation d’être détenteur d’un bac pro spécifique depuis 2018 est un frein important. "Cela a raréfié la base de candidats et est donc un frein pour le recrutement", a-t-elle ajouté. Parmi les proposition portées par le réseau pour y remédier : diversifier les voies d’accès au métier et réaliser un test d’entrée pour évaluer les capacités du candidat.

 

Depuis octobre dernier, le contrôle technique fait partie du "package sécurité routière" mis en révision par l’Union européenne. Des évolutions suivront donc encore. Contrôle des véhicules de catégorie L, fréquence des VUL, pollution… Des sujets qui feront encore parler.

 

30 ans d’évolutions

Lors d’une rétrospective des 30 ans de contrôles technique, Karine Bonnet (photo ci-contre) a passé en revue les changements marquants, tant sur le règlement que les chiffres. Ce n’est qu’en 1995 que l’âge des véhicules concernés a été avancé de 5 à 4 ans, et en 1996 que la périodicité suivant ce premier contrôle est passé de 3 à 2 ans. Aussi, alors que 133 points sont contrôlés aujourd’hui lors d’une visite périodique, ils n’étaient que 52 au commencement. "Les véhicules hybrides et électriques ont fait évoluer la formation initiale et le maintien de qualification", a ajouté Karine Bonnet.

 

Quand, sur le marché VL le nombre de centres a presque doublé depuis 1995, le nombre de contrôles annuels a lui été multiplié par 2,5, passant de 10,3 millions en 1996 à plus de 25,4 millions en 2021. Le taux de prescription a en revanche baissé, de 25,6 % à 19,47 % sur la même période. "C’est une donnée importante sur l’état du parc contrôlé : il est plus vieux mais en meilleur état, et ce malgré le nombre grandissant de points de contrôle", a expliqué la DG de Dekra Automotive.

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