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À Londres, la taxe anti-pollution inquiète les entreprises

Publié le 25 août 2023

Par Damien Chalon
4 min de lecture
L’extension prochaine de la zone à faibles émissions de Londres suscite une vague de mécontentement, notamment du côté des entreprises. Un geste a toutefois été fait dans leur direction avec une prime à la casse portée à 7 000 livres (8 170 euros), au lieu de 5 000 (5 830 euros) précédemment.
londres zone ULEZ
Un tiers des entreprises londoniennes s'inquiète de l'impact négatif de l'extension de la zone ULEZ (ultra low émission zone) sur leurs employés. ©Adobe Stock-magicbones

Pour faire accepter l'extension d'une taxe sur les véhicules polluants qui risque de peser sur les finances des entreprises, la mairie de Londres a promis des aides plus généreuses. Sans calmer toutes les inquiétudes.

 

En pleine crise du pouvoir d'achat et dans une économie menacée par la récession, l'élargissement mardi prochain à l'ensemble du Grand Londres d'une zone qui impose un droit quotidien de 12,50 livres (14,60 euros) aux véhicules non conformes pour circuler fait grincer des dents.

 

Un tiers des entreprises londoniennes s'inquiétait de l'impact négatif de l'extension de la zone ULEZ (ultra low émission zone) sur leurs employés, et 40 % de celles basées dans la périphérie estimaient que la mesure gonflerait leurs coûts, rappelle la Chambre de commerce et d'industrie londonienne (LCCI).

 

Prime à la casse de 7 000 livres

 

"Nous avons exhorté le maire de Londres à faire beaucoup plus pour que les entreprises, en particulier les petites entreprises, ne soient pas laminées" par l'extension d'ULEZ, a rapporté à l'AFP James Watkins, un responsable de la LCCI.

 

Les patrons sont soulagés, poursuit James Watkins, par un mécanisme rendu récemment plus généreux pour les entreprises, en permettant notamment aux petites structures de remplacer trois véhicules, contre un seul précédemment.

 

La mairie de Londres a aussi précisé en début de semaine les modalités qui permettront aux vieilles camionnettes à essence ou diesel d'être mises au rebut en échange d'une prime à la casse de 7 000 livres, contre 5 000 auparavant.

 

Les particuliers ne sont pas oubliés : tous les Londoniens pourront toucher 2 000 livres (2 300 euros) pour se débarrasser d'un véhicule non conforme, de quoi rassurer des entreprises "inquiètes pour leurs salariés", assure James Watkins.

 

Des zones décriées en Europe

 

Ces largesses ont un coût : le budget de la mairie pour cette prime a été gonflé de 50 millions de livres, et atteint désormais 160 millions (près de 190 millions d'euros).

 

Le maire travailliste de Londres Sadiq Khan s'est résolu à augmenter ses aides car sa politique, censée réduire la pollution, a été accusée de pénaliser les plus modestes. Ce grief n'est pas limité au Royaume-Uni : les zones à faible émission créées ou durcies partout en Europe, de Berlin à Bruxelles, en passant par Paris et Rome, s'attirent notamment les critiques de formations de droite ou d'extrême droite.

 

En France notamment, plusieurs forces politiques, des associations de conducteurs, mais aussi des organisations professionnelles ont manifesté leur opposition aux zones à faible émission telles qu'envisagées dans plusieurs villes du pays.

 

En Italie, une augmentation souhaitée par la mairie de Milan des tarifs pour les véhicules souhaitant accéder à l'hypercentre est très critiquée par des opposants qui l'accusent, là aussi, de viser les classes sociales défavorisées.

 

"Des milliers" de VO conformes disponibles

 

Reflet de la grogne, l'extension de la zone ULEZ a été mise en cause dans la défaite surprise du Labour lors d'une élection législative partielle en juillet, faisant craindre aux défenseurs de l'environnement un renoncement à certaines politiques contre le réchauffement climatique.

 

Dans la capitale britannique, les services du maire assurent que "des milliers" de véhicules d'occasion conformes sont disponibles sur le marché dans les limites du montant de la prime versée.

 

"La décision d'étendre la zone à très faibles émissions à l'ensemble de Londres n'a pas été facile", promet un porte-parole du maire, assurant dans une déclaration transmise à l'AFP que l'élu "a été aux côtés des entreprises tout au long de ce processus".

 

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Mais les usagers "pourraient devoir payer les 12,50 livres quotidiens d'ULEZ pendant un certain temps", avant de trouver un véhicule de remplacement, critique l'association d'usagers de la route RAC dans une déclaration transmise à l'AFP.

 

En outre, "ceux qui vivent juste à l'extérieur du Grand Londres et qui se rendent dans la zone élargie avec des voitures non conformes n'en [la prime] bénéficient pas", déplore l'association.

 

De son côté, la Chambre de commerce a demandé au maire "un délai de grâce pour tous les Londoniens ayant commandé des véhicules conformes" mais dont la livraison "pourrait être retardée au-delà de la date limite en raison de difficultés de chaîne d'approvisionnement". Sans succès pour l'instant. (avec AFP)

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