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Louis-Carl Vignon, Ford France : "Le partenariat avec Renault est une garantie de volumes pour nos concessionnaires"

Publié le 19 janvier 2026

Par Robin Schmidt
8 min de lecture
À l’occasion du salon de Bruxelles 2026, Louis-Carl Vignon, président de Ford France, fait le point sur la performance de la marque dans l'Hexagone en 2025. Le dirigeant est également revenu sur la deuxième édition du leasing social, l'annonce du partenariat avec Renault, ou encore la récente réforme des avantages en nature qui a impacté le marché BtoB.
Ford France Louis-Carl Vignon
Présent au salon de Bruxelles 2026, Louis-Carl Vignon, président de Ford France, a dressé un bilan sur la performance de la marque dans l'Hexagone. ©Germain Hazard/DPPI

Le Journal des Flottes : Ford a terminé l'année 2025 avec un total de 38 321 immatriculations de VP (-12,2 %) en France, dans un marché en recul de 5 %. Quelle est votre réaction ?

Louis-Carl Vignon : En 2025, nous avons perdu 0,2 point en part de marché sur le VP, un chiffre à peu près conforme à nos prévisions. Nous avons en effet commencé l’année avec une gamme incomplète, notamment sur les offres 100 % électriques, mais celles-ci se sont progressivement renforcées au cours de 2025. Il y a d’abord eu le lancement du Ford Capri au mois de février, qui est arrivé dans les showrooms à partir de mars 2025.

 

Mais il y a surtout eu l’arrivée du Puma Gen-E au mois de juin, la version 100 % électrique de notre best-seller. Ce dernier s’est avéré être un véritable déclencheur puisque sur la deuxième partie de l’année 2025, les prises de commandes des véhicules 100 % électriques ont largement progressé, ce qui nous a permis de garder un niveau similaire de commandes par rapport à 2024.

 

À l’opposé, notre part de marché sur les ventes a diminué de 12 %. Mais notre carnet de commandes est désormais bien rempli et nous avons commencé à effectuer nos premières livraisons. Le mois de décembre 2025 en témoigne puisque Ford affiche une part de marché autour de 3 % sur les VP 100 % électriques.

 

Donc je pense que nous pouvons qualifier 2025 d’une année en demi-teinte pour le VP. La première partie de l’année a été marquée par la fin de certains de nos modèles, comme le Puma E85, tandis que la deuxième a profité de l’arrivée de nouveaux produits, à l’image du Puma Gen-E.

 

JDF : Le bilan est plus positif sur le VU car Ford est la quatrième marque derrière les trois constructeurs français...

L.-C. V. : Sur le véhicule utilitaire, l’année 2025 a en effet été nettement plus positive. Ford a vu ses volumes augmenter pour la huitième année consécutive, ce qui lui permet de décrocher une part de marché record. Cette performance s’explique d’abord par une gamme de VU au complet dès le début de l’année 2025, avec de nombreux renouvellements effectués en 2024.

 

En 2025, nous sommes ainsi parvenus à immatriculer près de 36 500 véhicules utilitaires, un chiffre en hausse de plus de 1 %. Mais le marché du VU est lui en déclin de 5,6 %, ce qui nous a permis de progresser de 0,7 point en part de marché. Le bilan est d’autant plus positif en termes de commandes, puisqu’elles ont bondi de 20 % en un an.

 

Par ailleurs, 20 % de nos commandes d’utilitaires concernent des motorisations hybrides rechargeables ou 100 % électriques en 2025. Best-seller de notre gamme VU, le Transit Custom a très bien fonctionné en 2025 puisqu’il arrive à la troisième place sur son segment, derrière le Renault Trafic et le Peugeot Expert. Quant au Ford Ranger, il termine à la première place sur le marché des pick-up et il a d’ailleurs été élu pick-up de l’année dans sa version hybride rechargeable.

 

Ford a enregistré 2 000 immatriculations lors de la deuxième édition du leasing social

 

JDF : La deuxième édition du leasing social est officiellement terminée. Quelles conclusions pouvez-vous en tirer ?

L.-C. V. : Nous n’avions pas pu participer à la première édition du leasing social car nous n’avions pas de modèles éligibles. En 2025, nous avons en revanche pu proposer notre nouveau Puma Gen-E à 139 euros par mois, mais aussi notre Explorer à 159 euros par mois dans sa version d’entrée de gamme. Et cela a plutôt bien fonctionné ! Ford a en effet enregistré 2 000 immatriculations sur cette deuxième édition, soit 4 % de part de marché du leasing social.

 

En amont, nous avions pu également apprendre des erreurs de nos concurrents, notamment en ce qui concerne la protection de nos concessionnaires sur les retours buy back. Nous nous sommes donc engagés auprès de notre réseau à racheter les véhicules 100 % électriques si certains de nos concessionnaires décident de ne pas les reprendre à la fin du leasing social.

 

Arrivé dans les showrooms en juin 2025, le Ford Puma Gen-E était l'un des deux modèles de la marque éligibles au leasing social. ©Ford

 

JDF : Vous êtes la 10e marque VP sur les ventes BtoB en France en 2025. Quel est le profil de vos clients ?

L.-C. V. : Rétroactive au 1er février 2025, la réforme des avantages en nature a entraîné une évolution des car policies des entreprises entre les mois de mars et de juin. Cependant, avec trois véhicules écoscorés, nous restons plutôt bien référencés dans les car policies. À titre d’exemple, un Ford Explorer, selon sa version, coûte entre 160 et 180 euros par mois en avantage en nature. Sur le même segment, un Kuga, en fonction de la finition, va coûter entre 450 et 550 euros. Rouler en véhicule électrique peut ainsi représenter une économie de 600 euros d'impôts à la fin de l’année.

 

Pour ce qui est de nos clients, nos VU se vendent très bien chez les artisans. Quant au VP, nous étions déjà très forts sur les professions libérales, en partie grâce à notre offre E85. Mais nous sommes désormais de plus en plus référencés chez les moyennes et grandes entreprises, notamment grâce à l’électrique. Nous avons d’ailleurs même vendu des véhicules 100 % électriques à certaines administrations françaises.

 

JDF : En décembre 2025, Ford a annoncé la signature d'un partenariat avec Renault pour la production de véhicules 100 % électriques. Comment la nouvelle a-t-elle été accueillie ?

L.-C. V. : La nouvelle a très bien été accueillie par notre réseau ! Ce partenariat avec Renault va nous permettre de proposer en 2028 deux véhicules 100 % électriques sur le segment B, premier segment en France, avec environ 30 % du marché. C’est une garantie de volumes pour nos concessionnaires ! Mais cela montre également une fois de plus que Ford compte bel et bien rester sur le continent européen et figurer en tant qu'acteur important. Nous avons certes perdu des parts de marché sur le VP mais nous restons encore leader sur le VU.

 

Ce partenariat devrait donc nous permettre de regagner des parts de marché sur le VP. Mais cette association avec Renault est d’autant plus une bonne nouvelle pour la France ! Car nous allons avoir deux modèles Ford produits dans notre pays. Si ces véhicules seront basés sur la plateforme AmpR du groupe Renault, leur design sera néanmoins développé par nos équipes, ce qui leur permettra de se distinguer des modèles de Renault.

 

En 2025, nous avons augmenté les marges de nos concessionnaires sur les véhicules 100 % électriques

 

JDF : Comment s'est porté le réseau en 2025 ?

L.-C. V. : Nous estimons que notre réseau va afficher une rentabilité proche de l’équilibre en 2025. Au vu du contexte du marché automobile français, nous avons décidé de prendre un certain nombre de mesures de soutien au cours de l’année. Nous avons par exemple augmenté les marges de nos concessionnaires sur les véhicules 100 % électriques.

 

En revanche, étant donné que nous avons enregistré beaucoup de commandes mais que nous n’avons pas encore livré tout notre portefeuille de véhicules 100 % électriques, l’impact de ces marges sur la rentabilité du réseau sera probablement visible à partir du premier semestre de cette année. En 2026, nous allons par ailleurs continuer à développer de nouvelles mesures pour protéger notre réseau de concessionnaires.

 

JDF : Vous disposez désormais d'une gamme bien plus complète de véhicules 100 % électriques. Quel mix espérez-vous atteindre ?

L.-C. V. : Nous avons fini l’année 2025 avec un mix de 20 % de véhicules électriques. Ce sont surtout les flottes qui nous permettent d’atteindre un tel niveau, puisque nous avons un mix de 27 % de VP 100 % électriques. Sur les commandes, ce chiffre grimpe même à 40 % sur les six derniers mois de 2025. En 2026, nous espérons donc atteindre un mix aux alentours de 35 à 40 % de véhicules 100 % électriques.

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