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Industrie

Nouveau report d'une semaine du plan de Bruxelles pour le "made in Europe"

Publié le 23 février 2026

Par Catherine Leroy
3 min de lecture
La communication du plan visant à favoriser le "made in Europe", qui devait être présenté ce jeudi 26 février 2026 par la Commission européenne, subit un nouveau report. La présentation du document qui doit promouvoir la production en Europe est désormais annoncée pour le 4 mars.
Stéphane Séjourné-plan_automobile
Le cabinet de Stéphane Séjourné annonce le report du plan "made in Europe" qui doit promouvoir la production en Europe.

La présentation du plan de Bruxelles pour favoriser la production "made in Europe" dans l'automobile et d'autres secteurs industriels stratégiques a été reportée au 4 mars 2026, a annoncé le cabinet du commissaire européen Stéphane Séjourné.

 

Jusqu'ici la communication de ce plan était attendu ce jeudi 26 février 2026. Mais sa gestation est difficile en raison de vifs débats, en Europe et jusqu'au sein de la Commission européenne, sur cette mesure inédite pour relancer la production industrielle du continent.

 

Le nouveau report, le troisième depuis décembre 2025, doit permettre d'aplanir des désaccords au sein de la Commission sur ces mesures qui portent sur une "préférence européenne", c'est-à-dire une obligation de produire en Europe pour certaines entreprises bénéficiant de fonds publics.

 

"Nous espérons que cette semaine supplémentaire de discussions internes permettra de rendre la proposition encore plus solide", a fait valoir le cabinet de Stéphane Séjourné, vice-président de la Commission chargé de la prospérité et de la stratégie industrielle.

 

La défense du contenu local fait débat

 

Aiguillonné par le rapport choc publié en 2024 par l'ancien président de la Banque centrale européenne Mario Draghi, l'exécutif européen veut passer à l'action depuis des mois pour soutenir les industriels concurrencés par la Chine et pénalisés par les droits de douane américains.

 

Stéphane Séjourné a préparé un projet de loi dit d'Accélérateur industriel, qui vise à instaurer la préférence européenne dans certains secteurs clés dont l'industrie automobile et les technologies "propres" (panneaux solaires, éoliennes, batteries...). Cette notion est défendue avec vigueur par la France, notamment pour défendre sa filière nationale de batteries pour voitures électriques.

 

Mais d'autres pays européens, au nom du libéralisme économique, expriment des réserves. Et le périmètre de la mesure fait l'objet de vifs débats au sein même de la Commission. Selon une source au sein de l'exécutif européen, ces discussions se concentrent désormais sur l'inclusion dans le "made in Europe" de la production réalisée dans les pays ayant signé des accords de libre-échange avec l'Union européenne.

 

Cet élargissement du "made in Europe" aux pays partenaires est notamment réclamé par l'Allemagne, pour ne pas déstabiliser les chaînes d'approvisionnement des industriels européens et éviter d'entraîner l'Europe dans des bras de fer commerciaux avec ses alliés.

 

 

Plusieurs États membres se sont en outre inquiétés du risque d'alourdir les coûts de fabrication des industriels européens, alors même que leurs difficultés viennent en grande partie des prix bas pratiqués par leurs concurrents étrangers, notamment chinois.

 

En réponse à ces inquiétudes, le cabinet de Stéphane Séjourné avait fait savoir que la mesure serait "triplement ciblée". Elle s'appliquera "sur une part limitée de composants critiques", dans "un nombre limité de secteurs stratégiques", et "uniquement quand des financements publics sont engagés". (avec AFP)

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