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Industrie

La crise du secteur auto pénalise fortement les économies tchèque et slovaque

Publié le 22 décembre 2021

Par Romain Baly
4 min de lecture
Terre d'accueil de nombreux sites de production automobile, la République tchèque et la Slovaquie ont payé un lourd tribut à la pénurie de semi-conducteurs. Attendue comme celle du rebond, 2021 restera comme une année morose.
La République tchèque et la Slovaquie abritent au total sept grandes usines automobiles, comme celle de Stellantis à Trnava. ©Stellantis
La République tchèque et la Slovaquie abritent au total sept grandes usines automobiles, comme celle de Stellantis à Trnava. ©Stellantis

 

Après les suspensions de travail intervenues en 2020 dans un contexte de crise sanitaire, 2021 devait être l'année du rebond pour les industries tchèque et slovaque. Il n'en a finalement rien été. Fortement dépendantes de la production automobile, ces économies ont subi un coup dur ces derniers mois, la pandémie de Covid-19 ayant entraîné une pénurie de puces électroniques en provenance d'Asie qui a entravé la reprise.

 

Les producteurs locaux avaient espéré une relance du secteur mais leurs prévisions ont été contrariés par des fermetures épisodiques des sites de production de semi-conducteurs, composants clés des véhicules. La pénurie a fait des ravages dans les deux pays qui formaient la Tchécoslovaquie jusqu'à leur séparation pacifique en 1993, et qui abritent au total sept grandes usines automobiles.

 

Prévisions de croissance à la baisse

 

"Les problèmes de l'industrie automobile ont amputé notre croissance du PIB (pour 2021) de 1,1 point de pourcentage", souligne, auprès de l'AFP, Helena Horska, analyste à la Raiffeisenbank à Prague. La Banque nationale tchèque (CNB) prévoit désormais une croissance de 1,9 % pour 2021, contre une prévision de 3,5 % en août.

 

De son côté, la banque centrale slovaque (NBS) a revu à la baisse ses prévisions de croissance pour cette année, à 3,1 %, les difficultés de l'industrie automobile devant amputer la croissance de 1,8 point. La production automobile représente 10 % du PIB et 26 % de la production industrielle en République tchèque, et respectivement 15 % et 41 % en Slovaquie.

 

Les usines tournent au ralenti

 

Pour Marek Jancak, responsable de la production chez Skoda Auto, la pénurie de puces est "un problème de 2021".  "C'est venu de nulle part, c'est pourquoi l'impact est si dur", déclare-t-il à l'AFP. "Il y a eu des moments où nous avons suspendu la production pendant des semaines, maintenant nous allons à vitesse réduite", ajoute Marek Jancak.

 

Les trois usines automobiles tchèques, celles de Skoda, du sud-coréen Hyundai et du japonais Toyota, ont produit 1,02 million de voitures de janvier à novembre de cette année, une baisse significative par rapport au chiffre record de 1 427 563 unités produites en 2019. La situation est similaire en Slovaquie, où se trouvent les usines de Volkswagen, de Kia, de ex-PSA et de Jaguar Land Rover.

 

Une production de 900 000 unités estimée en Slovaquie

 

"Au début de 2021, nous nous attendions à ce que la production repasse au-dessus du million de voitures après une chute de 10,6 % en 2020 par rapport à l'année record de 2019", a indiqué Jan Pribula, secrétaire général de l'Association slovaque de l'industrie automobile. "Cependant, 2021 a apporté plusieurs défis qui nous ont fait repenser les prévisions", rappelle-t-il. Il s'attend désormais à une production dépassant 900 000 voitures.

 

"Nous avons des vaccins et probablement aussi des médicaments efficaces pour lutter contre la pandémie. Trouver le médicament pour remédier à une pénurie de puces et de matériaux (...) est un processus plus long et plus coûteux", relève-t-il.

 

Le pire semble passé

 

Les banques centrales ainsi que les experts ont convenu que la pénurie de semi-conducteurs durerait jusqu'au milieu de l'année 2022. "Il semble que le pire soit passé, estime Helena Horska, Quand il y aura des approvisionnements, nous produirons, quand ils s'arrêteront, nous ne le ferons pas". Selon elle, "la situation se calmera au second semestre" et de nombreuses entreprises opteront pour conserver des stocks plus élevés qu'avant.

 

"Nous espérons que les outils que nous avons mis en place au sein du groupe, au niveau des achats et de la logistique centralisée, commenceront à fonctionner au second semestre de l'année" prochaine, commente Marek Jancak. La banque centrale tchèque s'attend à une reprise de l'économie avec une croissance du PIB de 3,5 % l'année prochaine tandis que la NBS prévoit une croissance de 5,8 % pour la Slovaquie. (avec AFP)

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