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Distribution

Un mois de caution au lieu de trois

Publié le 3 novembre 2006

Par Benoît Landré
3 min de lecture
La nouvelle est tombée en fin de semaine dernière en provenance du Conseil des Ventes et constitue une avancée notable en faveur de l'activité de ventes de véhicules d'occasion aux enchères. Le coût de la caution devrait être ramené à un mois du montant des ventes avant la fin de l'année....

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Adopté lors de la loi de 2000, le mécanisme de cautions souvent jugé coûteux par les commissaires-priseurs devrait être modifié très prochainement. "Nous réfléchissons à une modification de la loi sur l'obligation de caution. Nous tenons compte de la spécificité de certaines sociétés de ventes. Le coût de la caution est calculé sur la base des trois derniers mois de pic de trésorerie. Il devrait être réévalué à un mois et donc réduit d'un tiers. C'est assez imminent et ce pourrait être officiel avant la fin de l'année", informe Christophe Eoche-Duval, secrétaire général du Conseil des Ventes. Voilà qui devrait réjouir les dirigeants de salles de vente et pourrait relancer l'activité des enchères automobiles. "C'est vrai que 35 millions d'euros pour pouvoir vendre des biens c'était très cher, mais c'est un système qui crédibilise notre métier et qui protège le consommateur", avoue Laurent Guignard qui possède aujourd'hui la première société d'enchères automobiles en France. Souvent jugée rigide et drastique, en comparaison notamment à la Grande-Bretagne, la réglementation française permet effectivement d'assurer le sérieux de la profession. "Ce système français a des gros avantages. Il garantit une grande rigueur, une grande éthique et un grand encadrement. Je suis absolument favorable à cette loi française. Elle évite aux charlatans de venir s'installer sur la place publique", estime Jean-Pierre Falies de BC Auctions.

"Le groupe Bernard n'a pas un véhicule en vente chez moi"

Les moindres faits et gestes sont scrutés de près par le Conseil des Ventes et enfreindre la loi est quasiment impossible. Lors de la prise de participation minoritaire du groupe Bernard dans la société de Jean-Claude Anaf, il avait été notamment rappelé l'interdiction pour une société de ventes aux enchères de vendre des objets lui appartenant. Le principal concerné explique : "Les lois sont faites pour être respectées. Le groupe Bernard est entré dans mon capital car il croit beaucoup à ce canal de distribution. mais ce distributeur n'a pas un véhicule en vente chez moi. J'estime que l'on doit être très dur avec les gens qui achètent des stocks pour les revendre. Mon métier c'est de vendre aux enchères, ce n'est pas d'acheter et de vendre. C'est une garantie de transparence pour le vendeur et l'acheteur." Toutefois, si la législation préserve la profession de toutes mauvaises surprises, quelques travers sont pointés du doigt : "Les cautions sont une preuve de sérieux et permettent de freiner les velléités de deux, trois "branquignols" qui souhaiteraient monter une société de ventes. Toutefois, je pense que la législation protège encore le monopole des commissaires-priseurs. L'habilitation des personnes autorisées à tenir le marteau devrait évoluer car elle est d'un archaïsme total. Il me paraît difficile pour des jeunes diplômés de constituer aujourd'hui des sociétés de ventes automobiles. Et concernant l'impossibilité pour une société de ventes aux enchères de vendre des objets lui appartenant, je pense que tôt ou tard on y viendra. Economiquement parlant ça me paraît logique", déclare Michel Trevillot, président d'Est Auctions.


B.L.


Légende photo ci-dessus : Jean-Pierre Falies : "La loi française évite aux charlatans de venir s'installer sur la place publique"

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