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Distribution

Myauto.fr ou le nouvel agitateur du VO

Publié le 15 mars 2023

Par Gredy Raffin
6 min de lecture
En 2019, Valentin Grain a fondé Myauto.fr. Derrière ce site de vente de voitures d'occasion en ligne, l'entrepreneur normand vise à consolider l'héritage familial. Rencontre avec ce représentant de la nouvelle vague qui, en mars 2023, complète son univers avec une plateforme de VO en BtoB.
bâtiment myauto.fr
Pour densifier son approvsionnement en voitures d'occasion, Myauto.fr a rejoint le réseau Distinxion.

Valentin Grain peine encore à réaliser qu'il a bâti seul un projet de l'envergure de Myauto.fr. Depuis 2019, il a positionné cette nouvelle enseigne phygitale sur le terrain de la vente de voitures d'occasion en ligne.

 

Bon sang ne saurait mentir. L'entrepreneur de 27 ans a de qui tenir. Par le passé, Thierry Grain, son père, a lui-même tracé sa propre voie. "Il y aura 30 ans cette année", se font-ils conjointement la réflexion. En sortant de l'école de formation en mécanique de Citroën et après avoir vécu quelques temps dans les équipes de la succursale, ce dernier a rejoint le réseau Volkswagen. "J'ai repris Caudebec Automobiles en 2001. Un fonds de commerce qui avait perdu le panneau Volkswagen deux ans plus tôt. Nous l'avons récupéré en 2004", se remémore le natif de la région du Havre (76).

 

Quand Audi exige une mise aux normes nationale en 2008, Thierry Grain déménage l'affaire à La Frenaye (76). Sur un terrain de 12 hectares, il aménage 800 m² d'atelier, 800 m² de carrosserie, 400 m² de magasin de pièces et 380 m² d'aires commerciales VN. Démuni de forces commerciales, il recrute son fils pour vendre des véhicules neufs et d'occasion.

 

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En 2019, Caudebec Automobiles figure au sommet. Outre le fait de réaliser 2,5 millions d'euros de CA avec les pièces de rechange et 1 million d'euros avec la main d'œuvre, l'agent écoule 180 VN par an. Il donne à Volkswagen une pénétration de 18,9 % sur son territoire. "Aucun autre agent n'avait une telle performance à cette époque", rapporte le patriarche.

 

Ce qui n'empêche pas le couperet de tomber. Quand Volkswagen se met à préparer l'avenir, Caudebec Automobiles perd son statut d'agent. Comme ses homologues, l'entreprise ne garde que le rôle de réparateur agréé.

 

Plus de 1 000 VO par an

 

Sans parc de véhicules neufs à vendre, Valentin Grain prend son avenir main. En 2019, il imagine donc Myauto.fr. "Pour seule aide de mon père, je n'ai reçu que son partage d'expérience", revient-il sur ses débuts. Passionné d'automobile, il ne conçoit cependant pas la distribution avec un schéma traditionnel. "Il est question d'apporter un service uniforme partout en France", selon le fondateur.

 

La croissance a été fulgurante. De 180 VN immatriculés par an dans l'ancienne configuration, Valentin Grain est rapidement monté de plusieurs centaines d'unités. En 2022, après trois exercices complets, l'entrepreneur revendique un rythme de 1 000 livraisons de voitures d'occasion à l'année. Une nouvelle dimension qui le dissuaderait assurément de revenir en arrière. D'autant qu'il vise 1 500 à 2 000 unités à un horizon proche.

 

Sur le site internet réalisé par Weeflow, l'éditeur de SpiderVO, Myauto.fr mixe plusieurs offres. Il y a les véhicules d'occasion achetés auprès des marques de son constructeur. C'est-à-dire Volkswagen, Audi, Skoda, Seat et Volkswagen VU. Il y a aussi des exemplaires commercialisés sous le panneau Distinxion. "Nous avons choisi de représenter cette enseigne en 2021, précise Valentin Grain. Nous avons toujours été proches de cette entreprise familiale et les planètes s'étant alignées, nous avons sauté le pas. Distinxion nous permet d'aborder le multimarquisme avec la force de l'expérience".

 

Valentin Grain, le fondateur de Myauto.fr.

 

Entre sa formation à la VGF Academy et les outils de son franchiseur, il maîtrise le parcours et le discours. Ses équipes sont capables de vendre du financement comme en concession avec des taux de réussite non négligeables. Myauto.fr place un financement dans 65 % des cas. L'enseigne virtuelle est donc en bonne voie vers son objectif très ambitieux de convaincre chaque client de souscrire une location avec option d'achat (LOA). "Il y a aussi un peu d'abonnement par nos propres moyens pour répondre aux besoins des jeunes entreprises", ajoute le fondateur.

 

Lancement d'une plateforme BtoB

 

Il tient son grand projet 2023. Dans quelques semaines à peine Valentin Grain va appuyer sur le bouton et lancer une plateforme BtoB. Accessible depuis le site internet Myauto.fr, elle sera ouverte à tous sur inscription. "Certains grands groupes de distribution font déjà appel à nous. J'ai la conviction que nous devons nous aider mutuellement pour que tout le monde progresse, partage-t-il. Ainsi, l'achat d'un véhicule d'occasion chez un professionnel deviendra un réflexe pour le particulier".

 

Plus de 10 000 VO devraient s'exposer sous peu aux yeux des garagistes et autres revendeurs. Pour une raison simple, le Normand a pris contact et noué des accords avec plusieurs fournisseurs de premier plan. Les prix seront fixes et transparents. Les utilisateurs pourront formuler des propositions à leurs clients en connaissant le montant des frais de remise en état.

 

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Myauto.fr laissera une marge de 1 000 euros nets sur les modèles neufs. Les commerçants pourront autrement gagner 1 200 euros sur les VO de moins de 2 ans et 30 000 km. Une marge de 1 500 euros sera accordée sur les occasions de plus de 2 ans et 30 000 km. "Cette plateforme doit nous redonner du poids chez les professionnels. Notre mix de vente a penché à 90 % vers les particuliers et nous voulons revenir à 80/20 au moins", explique le fondateur.

 

Les réseaux sociaux comme vecteur

 

Le fondateur ajoute sa curiosité pour les réseaux sociaux. A l'instar de Benoît Cortot, chez Milton Avenue, qu'il prend en exemple, il entend jouer de ces canaux de communication. Valentin Grain n'hésite donc plus à se mettre en scène et à raconter son parcours professionnel. "Il faut personnifier son entreprise pour être identifié, analyse-t-il. Il est cependant compliqué de faire du commerce par les réseaux sociaux". En mars, il fera tout de même gagner une voiture d'occasion aux abonnés.

 

Certes, il y a un enjeu commercial, mais pas uniquement. Par ces médias, Valentin Grain veut montrer que l'entreprenariat reste possible pour les jeunes dans l'automobile. Un message qu'il entend porter pour le compte de Mobilians, faisant au passage la promotion de la formation en alternance qui lui a tant apporté.

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