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Distribution

Contrôle technique : nouvelles évolutions pour les diesel

Publié le 12 novembre 2018

Par Nabila Albour
4 min de lecture
Mardi 6 novembre 2018, Dekra, spécialiste du contrôle technique, faisait le point sur les nouvelles mesures prévues dans la loi de transition énergétique : la baisse de la valeur de mesure de l’opacité des fumées et une nouvelle méthode de contrôle des polluants.
La marque Dekra dédiée aux poids lourds compte 154 centres gérés en propre et réalise 390 000 contrôles par an.

 

Les véhicules diesel n'ont qu'à bien se tenir. Le nouveau contrôle technique entre dans sa seconde phase d’évolutions au 1er janvier 2019 qui verra s’appliquer les dispositions de la loi de transition énergétique pour la croissance verte d’août 2015. Objectif affiché : mieux contrôler les polluants atmosphériques, notamment les particules fines. Ce sont donc les véhicules diesel qui seront concernés dans un premier temps par ces évolutions. A cet égard, deux principaux changements sont à prévoir : la méthode de mesure du niveau d’émissions de particules et la valeur limite à respecter. L’enjeu étant de mieux détecter les défauts d’entretien, les "défapages" et les usures que peuvent connaître les systèmes de dépollution des véhicules diesel.

 

Sur la valeur limite, d’abord, le nouveau contrôle technique prendra désormais en compte la valeur issue de l’homologation des véhicules et qui tient compte de leur vieillissement naturel. "Lors de l’homologation, il y a un essai qui est réalisé afin de déterminer une valeur de référence. Celle-ci est majorée pour prendre en compte l’usure normale du véhicule. La valeur nous sera transmise par l’Utac pour être intégrée à notre base de données et sera considérée désormais comme valeur de référence lors du contrôle technique", indique Rémi Courant, directeur qualité et technique de Dekra. Notons que cette valeur est par ailleurs présente sur une plaque ou étiquette apposée sur le véhicule.

 

Evolution sensible du taux de refus

 

La seconde grande évolution concerne surtout la méthode de mesure du seuil d’opacité des fumées appliqué depuis mai 2018 (0,7 m-1 au lieu de 1,5 m-1 pour les véhicules mis en circulation depuis 2012) et conforme à la norme Euro 6. La nouvelle méthode prévoit un renforcement du contrôle avec deux à sept mesures en fonction des résultats. Trois nouveaux critères sont analysés à chaque mesure : le profil d’accélération (vitesse d’accélération), le temps de montée en régime, et le régime maximal atteint. "On peut aller de deux à sept mesures. L’idée étant de réaliser un minimum de mesures si elles sont très satisfaisantes ou très supérieures aux limites. Mais si on est entre deux, on va continuer jusqu’à stabiliser les mesures pour être sûr du résultat", explique Rémi Courant. Enfin, une dernière évolution concerne l’impression sur le procès-verbal du contrôle technique des codes défauts remontés par l’OBD et liés au système de dépollution. Leur mention sera surtout indicative et ne sera toutefois pas considérée comme un défaut majeur soumis à contre-visite.

 

Ces changements notables impliquent une évolution sensible du taux de refus de l’opacité des fumées. Celui-ci devrait passer de 1 % en 2018 à une fourchette comprise entre 5 % et 7 % à partir du 1er janvier 2019, selon les projections de Dekra. Celles-ci sont issues des remontées terrain des centres déjà équipés du matériel adéquat. "Une évolution sensible, mais pas une révolution", selon Rémi Courant, qui précise que "seuls les véhicules défapés ou qui présentent un défaut d’entretien ou des problèmes d’usures seront visés, pas forcément les véhicules aux normes Euro 5 ou 6, dont les valeurs sont relativement élevées". 

 

Entre 6 000 € et 7 000 € pour remplacer l'opacimètre

 

L’autre conséquence est la nécessité pour les centres de s’équiper d’opacimètres aux dernières normes Euro 6. Un investissement que Dekra chiffre entre 1 000 et 1 500 euros pour une mise à jour de leur matériel et entre 6 000 et 7 000 euros pour un remplacement. Un coût qui peut expliquer en partie que le réseau Dekra affiche un taux d’équipement relativement réduit de 25 % à ce jour.

 

Rien d’alarmant, selon le directeur général du groupe, Xavier Diry, qui précise que les conséquences prévues par le législateur en cas d’absence d’équipement aux normes pourraient inciter les retardataires à faire le nécessaire rapidement. "Les centres ont jusqu’au 1er janvier pour s’équiper. La plupart ont déjà passé commande et ils ont tous des équipes dédiées pour le faire. Le taux d’équipement devrait monter en flèche d’ici la fin de l’année, mais, de toute façon, le législateur s’est prémuni d’un défaut d’opacimètre aux normes car ceux qui ne les respecteront pas ne pourront plus éditer le rapport de contrôle technique", rappelle le dirigeant.

 

Rappelons que le groupe Dekra Automotive réalise avec ses trois marques (Norisko, Auto Contrôle et Dekra) 6,3 millions de contrôles techniques par an dans ses 1 538 centres, dont 148 gérés en propre. Le groupe, qui détient 25 % de parts de marché, a réalisé 3 134,8 M€ d’euros de chiffre d’affaires en 2017.

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