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Contrôle Technique : Encéphalogramme plat ou presque

Publié le 29 février 2008

Par Frédéric Richard
6 min de lecture
Alors que les professionnels du contrôle technique enregistrent une bonne année 2007 dans la droite ligne des résultats obtenus en 2006, la multiplication des centres de contrôle poids lourds continue de soulever l'ire de certains, au point de voir les enseignes...
Alors que les professionnels du contrôle technique enregistrent une bonne année 2007 dans la droite ligne des résultats obtenus en 2006, la multiplication des centres de contrôle poids lourds continue de soulever l'ire de certains, au point de voir les enseignes...

...des différents réseaux se réunir de nouveau.

Si durant les derniers mois de l'exercice 2007, les centres de contrôles techniques hexagonaux semblent avoir enregistré une hausse de leur activité, le bilan de l'année écoulée s'apparente pourtant aux résultats observés en 2006. La profession a enregistré l'an dernier 20,03 millions de contrôles, dont 17,21 millions de visites initiales, en hausse de 0,9 % par rapport à 2006, déjà une très bonne année selon les spécialistes. "Depuis cinq ans, nous avons des évolutions moins importantes qu'auparavant. Lorsque nous sommes passés au 4.2.2, nous avons logiquement enregistré un pic d'activités. Mais depuis, cela s'est lissé. Cela étant, le marché reste en progression constante", précise Martine Houlière, P-dg de Sécuritest. Notamment au niveau du taux de contre-visites, pour lesquelles l'Organisme technique central (OTC) relève une hausse de 0,2 point à 20,2 % contre 20 % en 2006 pour les voitures particulières et 23,3 contre 23,1 % pour les véhicules utilitaires légers.

Entre les deux, le réseau "saturé" ou "mâture" qu'annoncent de nombreux professionnels a pourtant accueilli de nouveaux centres. Aujourd'hui, la France affiche en effet 5 274 centres agréés, dont 4 944 spécialisés. Un chiffre en hausse de 1,5 % qui explique que le nombre de contrôles effectués par centre n'augmente pas, quant à lui, et stagne à 3 800. Si, à ce sujet, le bilan paraît une nouvelle fois très proche de celui de 2006, l'année 2007 n'a toutefois pas été dénuée de mouvements puisque le réseau français a observé la fermeture de 381 centres et la création de 458 unités. Un mouvement encore plus sensible chez les centres de contrôles techniques des poids lourds.

Le PL sur la voie de la maturité

En 2007, l'OTC comptabilise 352 installations de contrôle PL dont 95 centres auxiliaires. Des chiffres en hausse de près de 19 % par rapport à 2006, mais qui traduisent tout de même le doublement des structures depuis l'externalisation du contrôle technique PL en 2004. Notons que cette explosion du nombre continue d'inquiéter les professionnels. "La concentration du marché des transports, la morosité des nouvelles immatriculations, les grandes flottes qui partent à l'étranger, les réflexions de plus en plus profondes menées au sujet du ferroutage… font que le marché va avoir tendance à baisser. Ceux qui se sont lancés, les yeux fermés, dans le contrôle PL en pensant qu'un marché s'ouvrait, vont être confrontés à une réalité économique qu'ils ne soupçonnaient pas. Notamment les indépendants. Quand je vois deux centres PL face à face dans une même rue, au beau milieu de la région centre, je me dis qu'il y a tout de même quelque chose d'absurde et de déraisonnable. Je pense qu'il va y avoir des lendemains qui ne seront pas roses !", nous expliquait récemment Bernard Bourrier, président d'Autovision (voir JA N°1026/1027). Si les résultats progressent de 2,25 % sur l'année, atteignant 1 171 834 contrôles, l'activité par centre a, quant à elle, été sérieusement bousculée par cette progression du nombre d'ouvertures. En douze mois, la moyenne de contrôles par centre est en effet passée de 3 872 à 3 330, soit une baisse de 14 % ! De quoi être résolument pessimiste quant à la survie de certaines structures. C'est notamment pour tenter d'endiguer d'inévitables dérives et de peser sur les pouvoirs publics que les enseignes Autovision PL et Autobilan intègrent aujourd'hui le Groupement des professionnels du contrôle technique automobile (GPCTA).

Le GPCTA nouveau est arrivé

Jusqu'aujourd'hui, l'existence du GPTCA a pour le moins été jalonnée de tumultes. En la matière, l'union a longtemps fait la farce. Né sur les cendres non moins ardentes du défunt GP5, le GPCTA prenait pourtant des accents volontiers fédérateurs à sa création en novembre 2005. Mais lors du dernier épisode, une ultime mésentente avait scellé le départ de Bernard Bourrier, président d'Autovision et du GPTCA, dudit groupement, provoquant par là même la paralysie des débats. Mais la fin d'année 2007 a connu un rebondissement favorable à la reprise des discussions. En effet, génération oblige, le renouvellement des dirigeants a fait son œuvre. Christian Bailly, jusque-là président d'Autosur, puis Jean-Marie Boistard, président d'Auto Sécurité et de Sécuritest, sont, en effet, partis sous d'autres auspices. Axel Noack a succédé à Mark Thomä à la tête de Dekra Automotive. Ironie du sort, Bernard Bourrier (Autovision et Autovision PL) est donc le dernier rescapé de la prime aventure. Depuis le début d'année, les dirigeants se parlent de nouveau. Martine Houlière (Sécuritest), Mark van Horck (Auto Sécurité), Axel Noack (Dekra), Bernard Desbouvry (nouveau DG d'Autosur) et Dominique Fourleignie (Autobilan) s'assoient désormais à la même table. Ils se sont même réunis trois fois durant les cinq premières semaines de l'année. "Les hommes ont changé. Nous avons trouvé une unité", résume Axel Noack. "Cette nouvelle impulsion était nécessaire pour que nous puissions reprendre la parole auprès des pouvoirs publics", estime quant à lui Mark van Hock. Les membres ont d'ores et déjà prévu six à huit réunions dans l'année pour "échanger et anticiper", nous dit-on. "Si l'actualité l'exige, nous nous réunirons également", annonce même Martine Houlière. Les réseaux auraient-ils cette fois enterré la hache de guerre ? Les évolutions de la profession et l'ouverture à d'autres domaines tels que la moto ne risquent-elles pas d'égratigner cette unité de façade ?

ZOOM

Dekra vise les 100 millions d'euros pour 2010

  • Le leader du contrôle technique a vu ses parts de marché augmenter en 2007 (+ 0,2 point). Mais pour faire face à la stagnation du marché et continuer à progresser, Dekra doit se diversifier.Le président du directoire Axel Noack a le sourire : en 2007, Dekra a affiché un chiffre d'affaires de 76 millions d'euros (dont 70 millions pour Dekra Automotive) soit 25,8 % de parts de marché (+ 0,2 point). Et pour 2010, l'entreprise vise les 100 millions d'euros de chiffre d'affaires. Le marché du contrôle technique restant relativement stable (+ 1 à 2 % par an), la croissance de Dekra passera par une "diversification des activités" répète Axel Noack. C'est déjà chose faite avec l'activité d'expertise et de gestion des véhicules d'occasion des constructeurs et des loueurs lancée en septembre 2007. Dekra Automotive a également créé une nouvelle filiale, Dekra Expert, en achetant, l'année passée, l'enseigne Evolution 2, spécialisée dans la gestion du process de restitution des véhicules buy-backs et du marketing des VO. En ce domaine, Dekra collabore avec Peugeot Citroën, Ford, Renault Overlease et Volvo. Autre acquisition du leader du contrôle technique : un centre de test implanté dans le Sud de la France, à Narbonne. Il est destiné à effectuer des tests des éléments de liaisons et des équipements intérieurs des constructeurs. Cette activité est très développée et plutôt rodée par la société en Allemagne. Enfin, Dekra compte bien développer prochainement l'expertise collision, à une condition, pour Axel Noack, "devenir leader". Reste à savoir quel sera le partenaire de Dekra sur ce nouveau terrain de jeu…

    Sarah Motro

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