...mais qui a eu l'indiscutable effet de mettre sous pression Renault.
Parce que la marque Renault fait partie de notre paysage affectif au quotidien, on en oublierait presque qu'il s'agit d'un grand groupe industriel mondial. L'élément le plus significatif du discours de son président serait peut-être de l'avoir rappelé le 9 février dernier auprès de la presse internationale, et le 10 auprès de quelque 20 000 membres de l'entreprise ! En 2005, le groupe a dépassé les 2,5 millions de véhicules vendus par les trois marques Renault, Dacia et RSM, Renault Samsung Motors, pour un chiffre d'affaires de 41 338 millions d'euros. Quant à Nissan, ses ventes se sont montées l'an dernier à 3 597 748 véhicules. L'Alliance Renault-Nissan s'offre donc une quatrième place sur l'échiquier mondial des constructeurs automobiles avec une part de marché de 9,8 %, soit 4,04 % pour le groupe Renault et 5,74 % pour Nissan. En France, les ventes du seul groupe Renault ont atteint 704 779 véhicules dont 562 276 VP et 142 503 VU. Un grand groupe donc, mais qui n'est pas sans essuyer des revers, comme dans sa progression en Amérique par exemple, ou dans le renouvellement de ses modèles et qui peine à contenir une concurrence de plus en plus acharnée. De quoi fournir bien des sujets de réflexion à un Carlos Ghosn, toujours plus médiatique.
Accroître les ventes de 800 000 véhicules en sortant 26 modèles d'ici à 2009, atteindre une marge opérationnelle de 6 % tout en optimisant les investissements, et transformer les objectifs de croissance en autant d'engagements fermes en s'appuyant sur 5 grandes Régions, telles se définissent les grandes lignes du Plan Renault 2009 de Carlos Ghosn. Un plan accueilli diversement par les différents acteurs. La Bourse s'est montrée plutôt réceptive et les analystes financiers intéressés mais un peu inquiets. La récession de l'industrie automobile, face au caractère très ambitieux du plan et à l'importance de l'investissement qu'il implique, applique un sérieux bémol à l'enthousiasme soulevé par la visibilité au long terme qu'il sous tend par ailleurs comme on peut le lire en pages 28 et 29. Cela n'entame pas, cependant, la détermination des leaders de Régions ainsi que nous le précise Luc-Alexandre Ménard, leader de la Région Euromed (Europe orientale, Russie, CEI, Turquie, Maghreb, et Moyen-Orient) et aussi Président du Conseil d'administration de Dacia. Un leader, qui, tout en apparaissant comme dopé par la programmation Ghosn et aussi par les succès de la gamme Logan, apporte une explication à la notion d'engagement du groupe. En effet, les neuf mois qui ont précédé la déclaration du président, ont été employés à valider les chiffres, à tester les réductions de coût et à dresser la liste des modèles en s'appuyant sur les capacités d'ingénierie et de design du groupe. A noter, sur ce dernier plan, l'incertitude qui préside aux destinées de l'équipe en place, si l'on considère le retour à la planche à dessin de la nouvelle Twingo et de la Laguna (lire à ce sujet, nos commentaires en page 52).