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Constructeurs

Plus de 7 conducteurs sur 10 accoutumés aux ADAS

Publié le 20 février 2019

Par Gredy Raffin
5 min de lecture
D'après une étude du GiPA pour Megacities Institute, dont les résultats ont été révélés ce 20 février 2019, 70 % des conducteurs équipés plébiscitent le freinage d'urgence (AEB). La part est encore plus élevée sur le régulateur de vitesse adaptatif (ACC).
D'après une étude du GiPA pour Megacities Institute, dont les résultats ont été révélés ce 20 février 2019, 70 % des conducteurs équipés plébiscitent le freinage d'urgence (AEB). La part est encore plus élevée sur le régulateur de vitesse adaptatif (ACC).

 

Voilà une étude qui fera écho chez le législateur et les assureurs. Une semaine à peine après que les pays ont trouvé un accord à l'ONU en vue d'imposer le freinage d'urgence dans les véhicules, l'étude dévoilée par Megacities Institute, ce 20 février 2019, vient corroborer la feuille de route. En effet, il apparaît que la présence du freinage d’urgence et du régulateur de vitesse adaptatif est largement sollicitée par les conducteurs de véhicules équipés. L'aide au freinage retient l'attention de 70% des sondés, tandis que régulateur intelligent (ou ACC) est jugé important par 75% des personnes.

 

Cette étude indépendante menée par le GiPA pour le compte de Megacities Institute a tout d'inédit. Jamais un tel sondage n'avait pris en considération les avis d'un panel d'automobilistes multimarques (dont 18 propriétaires de Tesla) et multimarchés, possédant des véhicules dotés de fonctionnalités de semi-automatisation de la conduite.

 

Elle révèle donc une appétence pour des ADAS avancées. On y apprend que 94% des conducteurs gardent le freinage d’urgence activé, en permanence. "Pour 44 % des conducteurs interrogés, le freinage d’urgence a pu se déclencher dans une situation qui ne le nécessite pas", note tout de même Odette Dantas, directrice générale adjointe de GiPA France et par ailleurs vice-présidente de Megacities Institute.

 

79 % de taux d'utilisation du régulateur de vitesse

 

Considérant le régulateur adaptatif de vitesse, il est activé régulièrement par près de 8 conducteurs sur 10 (79 %). La sécurité qu'il procure a été mis plus en avant que le confort par les utilisateurs. Et Odette Dantas de s'appuyer sur les résultats : "pour 48 % des conducteurs interrogés, la sécurité que leur apporte le régulateur de vitesse adaptatif est supérieure à ce qu’ils attendaient avant de l’utiliser. D’ailleurs, 86 % d'entre eux déclarent que le risque de dysfonctionnement est inférieur ou égal à ce qu’ils pensaient avant d’en avoir l’expérience".

 

Des chiffres que ne manque pas de s'approprier François Nedey, membre du comité exécutif d’Allianz France, co-leader de l’écosystème international Véhicules Autonomes du groupe Allianz et administrateur de Megacities Institute. "Ces aides à la conduite permettent de renforcer la sécurité routière, estime-t-il. En France, la proportion d'accidents se produisant à petite vitesse en centre-ville est très importante. Nous avons notamment observé, ajoute l'assureur, que le freinage automatique en centre-ville atténuait considérablement le nombre et la sévérité des accidents car les chocs sont moins brutaux à faible vitesse".

 

Les études sur les accidents mortels en France rapportent que la vitesse en est la première cause (29 % des cas) et que le système de freinage d’urgence peut pallier le manque de réaction de la part du conducteur dans 40 % des collisions tragiques. Dans le Grand Paris, 45 % des victimes de la route sont des personnes vulnérables (dont 40 % de piétons et 2 % de cyclistes), à Lyon cette part atteint 43 % (dont 36 % de piétons et 7 % de cyclistes), à Lille le chiffre monte à 39 % (29 % de piétons et 10 de cyclistes) et à Rouen, il atteint 26 % (22 % de piétons et 4 % de cyclistes), d'après les statistiques prises en considération par Megacities Intsitute.

 

Le stationnement attendra

 

27 % des sondés ont expliqué le régulateur de vitesse avait été un "critère très important" lors de l'acquisition de leur actuel véhicule. Ils sont 54 % à en faire un élément "indispensable" de leur futur achat. Un taux de conversion qui impressionne davantage sur le freinage d'urgence. "Très important" pour 18 % des conducteurs sondés, il va devenir indispensable pour 51 % pour ceux qui prévoient de changer de véhicule. "Cela montre qu'il y a un enjeu à pouvoir faire essayer en concession, interprète Franck Cazenave, directeur Smart Cities France et Benelux de Bosch et président de Megacities Institute. Nous avons pris une telle initiative avec notre client FCA en Italie", se souvient-il.

 

A l'inverse, ce dernier relève que le stationnement autonome ne convainc pas. Si 5 % en faisait un critère de choix prépondérant, ils sont 18 % à l'ériger au rang des incontournables. Certes, on parle d'un facteur de multiplication par 3,6, mais le taux de pénétration restera à un niveau bas. "65 % des gens sont ouverts à l'automatisation de la conduite, explique Franck Cazenave, mais ils s'attendent à disposer d'une technologie qui fait mieux que l'être humain". Une perception dont ne jouit pas encore le stationnement automatisé.

 

Le GiPA a profité de cette opportunité pour connaitre l'opinion des automobilistes sur l'avènement des véhicules autonomes. Il s'avère que pour 15 % des sondés, les équipements d'aide à la conduite ont déjà fait entrer l'automobile dans l'ère de la délégation. "Une notion faussée par le marketing de certains constructeurs", s'agace l'expert de Bosch. A égalité avec 34 % des suffrages, l'automobile doit franchir un véritable palier dans 5 ans ou dans 10 ans, d'après les interrogés. 11 % attendent cette étape dans 2 ans et 1 % pense qu'elle ne se produit jamais.

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