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Constructeurs

Pascal Canfin, député européen : Pour le moteur thermique, la messe est dite

Publié le 25 juin 2021

Par Catherine Leroy
11 min de lecture
Député européen appartenant au groupe Renew Europe et président de la commission Environnement du parlement, Pascal Canfin milite pour des futures normes d'émissions de CO2 nulles en 2035. Ce que pourrait annoncer la Commission européenne le 14 juillet 2021. Entretien.
Pascal Canfin, député européen et président de la commission Environnement au Parlement européen.
Pascal Canfin, député européen et président de la commission Environnement au Parlement européen.
  Journal de l'Automobile : La Commission européenne doit prochainement rendre publique sa proposition de nouvelle baisse des émissions de CO2. Vers quels seuils allons-nous tendre ? Pascal Canfin : Le scénario qui tient la corde aujourd’hui repose sur un standard pour 2030 et un autre pour 2035 qui aboutirait à un niveau de performance CO2 exigé qui ne peut être réalisé que par les véhicules zéro émission. Le scénario connu à ce jour est de proposer 60 % de baisse des émissions en 2030 par rapport à 2021 et 100 %, donc zéro émission, en 2035. Il n’y a pas de grammage car c’est justement le travail en cours à Bruxelles. Sachant que le droit européen est neutre technologiquement, il n’est pas question d’interdire le moteur thermique mais de définir le niveau de performance attendu.   J.A. : Mais ne trouvez-vous pas hypocrite, d’avancer une neutralité technologique alors que seul le moteur électrique peut aujourd’hui atteindre ce zéro émission ? P.C. : Non au contraire. Nous cherchons une performance environnementale à travers la norme CO2. Et ensuite que la meilleure technologie gagne. Il se trouve qu’aujourd’hui, et c’est ce que les constructeurs nous disent, la meilleure technologie pour répondre à cette performance à un prix compétitif est la batterie électrique. Si demain, c'est l'hydrogène et après-demain une nouvelle technologique, ce n’est pas à moi législateur d’en décider. Ma responsabilité est de fixer la norme de performance que les industriels doivent suivre pour être cohérents avec nos objectifs climat. Tous les constructeurs s’accordent à dire que la meilleure option reste l’électrique. Pour les camions, par exemple, je pense que le jeu est encore ouvert avec l’hydrogène.   J.A. : Que répondez-vous aux équipementiers et aux constructeurs qui disent que le mouvement énergétique ne va pas permettre à l’industrie de s’adapter aussi rapidement que le souhaite la réglementation et va entraîner la suppression de milliers d’emplois ? P.C. : L’objectif qui nous concerne tous individuellement et collectivement, c'est d’abord pour la lutte contre le dérèglement climatique et c’est aussi ce qui amène l’agence internationale de l’énergie, dans son dernier rapport, à dire qu’en 2035 la vente de véhicules thermiques doit s’arrêter. Ce n’est pas une lubie européenne ou d’un groupe politique, quel qu’il soit, c’est juste la déclinaison logique de notre engagement pris dans l’accord de Paris à lutter contre le dérèglement climatique et d’atteindre la neutralité climat. Aujourd’hui, nous parlo[...]

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