...définiriez-vous l'ADN du groupe BMW en général et la marque BMW en particulier ?
Nicolas Wertans. Si on évoque l'ADN du groupe, cela nous renvoie à une compétence de motoriste aéronautique, point de départ d'une aventure qui fête cette année ses 90 ans. La seconde étape, c'est la moto puis l'automobile qui intervient immédiatement ensuite. Cette tradition de motoriste est donc la racine culturelle du groupe BMW. Si on se concentre aujourd'hui sur la marque BMW, nous avons la chance d'être une marque très clairement définie, comme l'illustre d'ailleurs notre signature de marque, "le plaisir de conduire". Tous nos véhicules sont conçus dans cette optique. A l'échelle du groupe, la stratégie est de concentrer 100 % de nos ressources sur le segment Premium, sans que cela soit une question de taille de véhicules. C'est notamment la genèse du re-lancement de la marque Mini, avec un succès probant à ce jour que nous devrons confirmer. Car il ne faut pas se tromper, ce n'est pas une rente de situation, c'est une étape de la construction pas à pas de la stratégie d'une marque et chaque année nous relevons de nouveaux défis. Enfin, l'activité Motorrad est essentielle : elle fait partie intégrante de l'image du groupe BMW, même pour ceux qui ne sont pas motards.
JA. A propos d'image Premium, les nombreuses BMW tunées, reines des banlieues, vous irritent-elles toujours autant ?
Non, surtout que nous pourrions le prendre sous un angle flatteur. A savoir que les plus grandes marques du monde sont plagiées, copiées ou utilisées par ceux qui veulent accéder à un monde auquel ils aspirent. C'est par exemple aussi le cas de Chanel, Rolex ou Lacoste. Cependant, il ne faut pas exagérer ce phénomène qui reste marginal et tend de surcroît à s'estomper.
C'est une situation contre laquelle nous ne pouvons rien et qui ne nous dérange pas, d'autant que cela n'émeut guère nos véritables clients.
JA. Les objectifs de vente du groupe sont connus : 1,4 million d'unités en 2007 et 1,6 en 2010. Vous répétez à l'envi que les objectifs de BMW France consistent à évoluer à un rythme légèrement supérieur à celui du groupe, n'est-ce pas audacieux alors que vous êtes sur un marché mature et très concurrentiel ?
Nous voulons naturellement participer à la croissance du groupe, qui affiche des objectifs ambitieux. Nous ne sommes pas un village gaulois et nous ne pouvons pas nous soustraire à cette ambition. Mais nous sommes aussi des compétiteurs, donc nous affichons la volonté de faire un peu mieux, un peu plus. C'est un challenge plus motivant. Le marché français est certes mature, mais on ne peut pas forcément en dire autant du segment Premium. Au contraire, ce segment a un potentiel assez important, probablement supérieur à celui du marché global. En effet, regardez la courbe des milieux socio-économiques en France : vous savez que les gens, par leur pouvoir d'achat et leurs aspirations sociales et culturelles, vont tendre soit vers des achats très économiques, soit vers des achats de qualité, de valeur et d'image. C'est aussi valable pour les costumes, les téléphones portables, les montres, bref tous les objets culturels ou artistiques. Nous savons donc tous, depuis un certain temps déjà, que la segmentation du marché français va s'écarteler un peu plus entre les deux extrêmes.