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Constructeurs

Entretien : Francois Le Clec’h, directeur Mercedes-Benz Car

Publié le 28 mars 2008

Par Christophe Jaussaud
4 min de lecture
Les législations ont modifié la R&D.En attendant le GLK dans sa version définitive, de nombreux face-lifts mais surtout le CLC étaient à l'honneur chez Mercedes. L'occasion également de faire un point avec François le Clec'h sur l'avenir et sur un début d'année à la sauce bonus-malus....

...Journal de l'Automobile. Pourriez-vous dresser un rapide bilan de l'année 2007 et de son dernier mois en particulier ?
François Le Clec'h. Ce fut une année remarquable pour Mercedes avec 62 000 unités vendues. Un record. Avec ce résultat, nous sommes même allés au-delà de nos prévisions avec, comme vous le savez, un mois de décembre boosté d'un millier d'unités en anticipation du malus. Ceci dit, nous aurions respecté notre objectif même sans ce volume supplémentaire.

JA. Le payez-vous en début d'année ?
flc. Nous le payons en partie. Sur une année 2008 où nous estimons notre croissance à 3 %, nous devrions être effectivement un peu plus haut. Cet effet sera lissé sur le premier trimestre.

JA. Avez-vous déjà observé un net effet bonus-malus sur vos ventes et votre mix versions ?
flc. C'est extrêmement délicat. Un recul de deux mois n'est pas suffisant pour tirer des conclusions sérieuses mais toutefois, on peut constater certains phénomènes. D'abord il faut dissocier les clients particuliers et les entreprises. Le client particulier Mercedes semble davantage sensible à l'effet psychologie du malus en disant : "Encore une taxe supplémentaire. C'est toujours les mêmes qui payent." En revanche pour les entreprises, la politique est plus draconienne : vous êtes en dessous ou au-dessus du seuil de 140 g/km. Il s'agit là essentiellement d'un critère financier.

JA. Concrètement, quel est l'impact sur vos ventes ?
flc. Nous avons un réel impact sur les SUV. Le segment des berlines est également affecté. Dans ce contexte difficile la Classe E, malgré son âge, reste leader. En revanche, les Classe A, B et C ont une excellente tenue et nous permettent de compenser le repli que nous venons d'évoquer. Paradoxalement, il faut noter la très belle performance de la Classe S qui ne souffre pas. A ce niveau, le malus ne semble plus avoir le même effet.

JA. Un mot sur Smart. Son succès promis aux Etats-Unis peut-il avoir des conséquences pour vous ?
flc. Nous ne pourrons pas avoir plus que ce qui a été prévu. La demande du réseau est forte, mais je ne pourrai pas répondre à la totalité de celle-ci. Nous allons fêter les 10 ans de Smart et nous avons beaucoup souffert. Aujourd'hui, malgré ces nouvelles contraintes, je reste content car nous avons attendu longtemps ce moment. Un constructeur qui doit résoudre un tel problème est un constructeur heureux.

JA. Comment jugez-vous l'arrivée prochaine de la Toyota IQ ?
flc. Je ne suis pas certain que nous soyons en concurrence frontale. Nous pouvons l'être au regard de définition produit, mais la Smart véhicule une image qui n'est pas dans l'univers de Toyota. Chacune évoluera dans son univers. Elle ne remettra pas en cause la place de Smart.

JA. Avec le GLK hybride Diesel, vous continuez d'explorer de nouvelles voies pour le futur. Seront-elles bientôt dans nos rues ?
flc. Ces dernières années, les législations ont modifié la R&D. Pendant de longues années, celle-ci se concentrait davantage sur des solutions plus radicales, c'est-à-dire le véhicule propre sans émissions comme la pile à combustible. Puis le CO2 a remis en cause cette démarche. Les travaux sur la pile à combustible demeurent, mais il a fallu revoir les priorités. En effet, en attendant le véhicule propre, il fallait trouver des solutions pour abaisser les émissions. Dès cette année, nos mécaniques gagnent en efficience avec des consommations en baisse. D'ici quelques semaines nous allons équiper certains de nos véhicules du stop & go et dès 2009 nous proposerons des moteurs hybrides essence. Une étape avant l'hybridation Diesel.

JA. Y a-t-il une demande pour la Classe E Bluetec aujourd'hui disponible en France ?
flc. Il n'existe pas d'harmonie écologique entre les différents pays. L'Europe traque le CO2 et les Etats-Unis les NOx. Alors, il faut reconnaître que la Classe E Bluetec, constituant plutôt une réponse au marché américain, n'intéresse pas vraiment les clients français. Nous en vendrons très peu car elle ne possède pas, aux yeux des conducteurs français, un avantage de quelque nature que ce soit. La vraie solution serait une harmonisation pour vaincre toutes les émissions.

JA. Pour conclure, qu'attendez-vous du nouveau CLC présenté ici ?
flc. Le CLC, est très important pour nous. Ce modèle a représenté 5 000 voitures en année pleine, soit 8 % des ventes de Mercedes dans l'Hexagone. Je suis confiant d'autant qu'il reprend le design de la nouvelle Classe C qui est un succès. Il sera dans les showrooms au début de l'été. Des showrooms qui vont déjà accueillir, dès le mois d'avril, le CLS et le SLK légèrement face-liftés ainsi que le nouveau SL qui inaugure une face avant vraiment nouvelle, encore plus dynamique.

Photo : Ici en version 63 AMG (565 ch), le nouveau SL gagne en dynamisme et en agressivité avec sa nouvelle face avant.

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