Automobile : le "made in Europe" est en campagne

L'Union européenne devait en dire plus sur les contours du futur contenu local européen, le 28 janvier 2026. Mais finalement, le rendez-vous a été repoussé, au 26 février 2026. Un mois supplémentaire de délai afin d'affiner les propositions et de rassembler un maximum de soutien. Pendant ce temps, le lobbying se poursuit.
Ainsi, Stéphane Séjourné, vice-président exécutif de la Commission européenne chargé de la prospérité et de la stratégie industrielle, a publié une tribune, le 1er février 2026, dans Les Échos dans laquelle il plaide pour "une véritable préférence européenne dans nos secteurs les plus stratégiques." Un texte cosigné par 1 141 chefs et dirigeants d'entreprises.
Quelques jours avant, le commissaire européen Pascal Canfin avait lui aussi plaidé pour le "made in Europe". "Une nécessité pour notre souveraineté et nos emplois", indique le député européen sur son compte LinkedIn.
Pascal Canfin, accompagné de Benoît Lemaignan, patron de Verkor, et de Nicolas Piau, président de TiLT Capital Partners, a ainsi signé une tribune dans Les Échos également, pour que l'Industrial Accelerator Act en préparation à Bruxelles soit bien au service de la souveraineté du continent.
Il met notamment l'accent sur le combat qui doit faire rage dans l'exécutif européen pour définir ce qui devra être européen. "Pourtant, certains au sein de la Commission voudraient étendre le label «made in Europe» à toute production faite dans les pays liés par un accord commercial avec l’UE", souligne -t-il.
Où s'arrête l'Europe ?
Appliquée à l'automobile, cette réflexion peut poser la question de l'européanité de certains modèles français. Enfin de marques françaises. La Clio 6, qui vient d'être lancée, est fabriquée dans l'usine de Bursa en Turquie. Une partie des Peugeot 208 l'est au Maroc. Naturellement, Renault verrait d'un mauvais œil que la Turquie ne soit pas "européenne". Qu'en sera-t-il du Maroc ?
Les auteurs de la tribune insistent sur les enjeux pour l'automobile, un secteur industriel qui emploie plus de 13 millions de personnes en Europe, et plus particulièrement sur le cas des batteries qui représentent 30 à 40 % de la valeur d'un véhicule électrique.
"Si nous renonçons à la produire en Europe, nous acceptons notre désindustrialisation massive, une perte de compétences et une fuite des talents" avertissent les auteurs.
"Un test de crédibilité"
L'enjeu est donc quasi vital selon le député qui prévient : "Il s'agit d'une occasion unique d'acter enfin un véritable changement de doctrine en inscrivant dans la législation européenne des critères de made in UE pour garantir davantage de production sur notre territoire."
"L'introduction de critères robustes et opérationnels pour des secteurs stratégiques, tels que l'automobile et les batteries, sera un test de crédibilité", insiste-t-il.
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