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Constructeurs

Automobile : la Cour des comptes appelle à recentrer les aides sur les ménages modestes

Publié le 2 avril 2026

Par Jean-Baptiste Kapela
3 min de lecture
Malgré 18 milliards d’euros d’aides publiques déployées depuis 2018, le secteur automobile français continue de s’enfoncer. Dans un rapport publié le 1er avril 2026, la Cour des comptes appelle à un recentrage des aides, notamment au profit des ménages modestes. 
Véhicule électrique
33 % des montants d'aides concernaient les ménages des déciles 6 à 10. ©AdobeStock-Halfpoint

Baisse des volumes d’immatriculations, chute de la production automobile en France et concurrence avec la Chine… Dans un contexte chahuté, la Cour des comptes dévoile son plan de soutien au secteur. Des propositions soumises dans un rapport de la commission des finances publié le 1er avril 2026.

 

Entre 2018 et 2024, ces aides ont totalisé 18 milliards d'euros, dont 9,4 milliards d'aides à la demande (prime à la conversion, puis bonus écologique et leasing social), qui ont profité à près de 2,4 millions de bénéficiaires, calcule la Cour dans son rapport. Les aides aux entreprises ont représenté 8,2 milliards d'euros, dont 5 milliards de subventions et avances, et 2,2 milliards d'aides fiscales.

 

 

Ces subventions n'ont pas empêché une baisse des ventes de véhicules neufs en France (1,6 million en 2025 contre 2,2 millions en 2019), un recul marqué de la production (-59 % entre 2000 et 2024), une dégradation du solde du commerce extérieur (-22,5 milliards d'euros en 2024) et la montée en puissance de producteurs chinois.

 

Cibler les ménages modestes

 

"La cible de 40 % de véhicules électriques en 2027 ne sera vraisemblablement pas atteinte", note la Cour : "180 000 véhicules électriques et 300 000 véhicules hybrides ont été produits en 2024, alors que France 2030 fixait un objectif de production de 2 millions de véhicules électriques en 2030. On en est loin", a commenté Carine Camby, présidente de la première chambre.

 

 

Aussi, le rapport propose de réserver aux ménages modestes et à la classe moyenne la prime à l'achat d'un véhicule électrique, actuellement de 3 500 euros pour tous, 4 700 euros pour les ménages modestes "non précaires" et 5 700 euros pour les ménages précaires.

 

Une aide qui avantage surtout les ménages les plus aisés

 

En 2024, sur 205 000 voitures électriques neuves acquises par les ménages, 83 % avaient été soutenues, pour un montant total de 1,25 milliard d'euros. Sur ce total, "56 % des véhicules soutenus et 33 % des montants d'aides concernaient les ménages des déciles 6 à 10", autrement dit les catégories les plus aisées.

 

 

En outre, "dans 16 % des cas, le prix des véhicules soutenus était situé entre 46 000 euros et le plafond de 47 000 euros" , ajoute le rapport. "Je ne crois pas qu'une aide, qui doit être de 1 000 euros sur un prix de 47 000, soit un déclencheur d'achat", a lancé devant la presse la sénatrice Christine Lavarde, rapporteuse spéciale. (Avec AFP)

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