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Constructeurs

2025 : l’année noire de Stellantis qui enregistre une perte historique dans l'automobile

Publié le 26 février 2026

Par Catherine Leroy
3 min de lecture
Plombé par 25,4 milliards d’euros de charges exceptionnelles, Stellantis enregistre en 2025 une perte nette historique de 22,3 milliards d’euros. Le constructeur promet un profond virage stratégique dès 2026.
Perte finanicère Stellantis 2025
Plombé par 25,4 milliards d’euros de charges exceptionnelles, Stellantis enregistre en 2025 une perte nette historique de 22,3 milliards d’euros. ©Stellantis

L’exercice 2025 restera comme une année charnière pour Stellantis. Après plusieurs années de rentabilité record, le constructeur automobile affiche sa première perte annuelle depuis sa création en 2021.

 

Le groupe a enregistré un chiffre d’affaires de 153,5 milliards d’euros, en recul de 2 % par rapport à 2024. Cette contraction s’explique principalement par un effet de change défavorable et par une baisse des prix nets observée au premier semestre 2025.

 

Mais le fait marquant demeure la perte nette de 22,3 milliards d’euros. Celle-ci est essentiellement liée à 25,4 milliards d’euros de charges exceptionnelles comptabilisées sur l’année. Ces éléments non récurrents traduisent un changement stratégique majeur destiné à redéfinir les priorités industrielles et commerciales du groupe.

 

Rentabilité opérationnelle sous pression

 

Le résultat opérationnel courant ressort à -842 millions d’euros, avec une marge opérationnelle négative de 0,5 %, contre 5,5 % un an plus tôt. Les performances ont été affectées par plusieurs éléments spécifiques, dans un contexte de transition industrielle complexe et de repositionnement de l’offre. Le free cash-flow industriel est également dans le rouge, à -4,5 milliards d’euros sur l’ensemble de l’année.

 

Malgré ces résultats annuels dégradés, le second semestre 2025 montre des signaux d’amélioration. Le chiffre d’affaires a progressé de 10 % sur cette période par rapport au second semestre 2024. Le free cash-flow industriel, négatif de 1,5 milliard d’euros au S2, s’améliore également. Il est réduit d’environ 50 % par rapport au premier semestre 2025 et de 73 % comparé au second semestre 2024.

Préserver le bilan et restaurer la dynamique

 

À la fin de l’année, les liquidités industrielles disponibles s’élèvent à 46 milliards d’euros. Afin de préserver la solidité financière du groupe, le conseil d’administration a décidé de suspendre le dividende prévu en 2026 et d’autoriser l’émission d’obligations hybrides pouvant atteindre 5 milliards d’euros.

 

Parallèlement, Stellantis mise sur une nouvelle vague de lancements produits et sur l’élargissement des motorisations proposées,  électriques, hybrides et thermiques, afin de couvrir davantage de segments à fort potentiel. L’objectif est de renforcer la présence du groupe en Amérique du Nord, en Europe élargie, en Amérique du Sud ainsi qu’au Moyen-Orient et en Afrique, et de renouer avec une croissance rentable.

 

Un repositionnement stratégique assumé

 

Antonio Filosa, directeur général, reconnaît que les résultats 2025 traduisent une surestimation du rythme de la transition énergétique et souligne la nécessité d’un recentrage stratégique. L’entreprise entend replacer la liberté de choix des clients au cœur de son offre, en s’appuyant sur une gamme multi-énergies plus équilibrée.

 

Le dirigeant affirme également que les premiers effets des mesures correctrices engagées, amélioration de la qualité, relance produit, ajustements commerciaux, ont commencé à produire des résultats au second semestre. "En 2026, nous continuerons sans relâche à combler les lacunes du passé en matière d'exécution, afin de soutenir durablement notre trajectoire de croissance rentable", a indiqué Antonio Filosa, directeur général de Stellantis pointant du doigt son prédécesseur, Carlos Tavares.

 

Stellantis confirme ses perspectives pour 2026. Le groupe prévoit une amélioration progressive de son chiffre d’affaires, de sa marge opérationnelle et de son free cash-flow industriel. Une progression séquentielle est attendue entre le premier et le second semestre 2026.

 

Après une année de rupture marquée par des pertes massives, le constructeur joue désormais sa crédibilité sur sa capacité à transformer ce "reset" stratégique en retour à la rentabilité.

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