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Trou d'air pour la production automobile française en 2020

IHS Markit prévoit une baisse de 2 % des immatriculations et de 0,5 % pour la production. Mais l'évolution pour la France est bien plus catastrophique avec une chute de 21 % envisagée.

Trou d'air pour la production automobile française en 2020

Après une baisse de la production automobile estimée à 4 % en Europe durant l'année 2019, l'Institut IHS Markit, anticipe une nouvelle contraction de 0,5 % en 2020. Dans l'Hexagone, la production pourrait chuter de 21 % !

 

Le secteur automobile n’a pas le vent en poupe. Entre "les nuages qui s’accumulent" selon la PFA et les "vents contraires" soulignés par Carlos Tavares, le patron de PSA, les professionnels utilisent sans restriction les métaphores climatiques pour évoquer l’avenir du secteur de l’automobile.

 

Il faut dire que les prévisions ne sont pas bonnes. En 2018, selon les données d’IHS Markit, la production mondiale automobile s’est contractée de 1% à 94,2 millions de véhicules. Pour 2019, les pronostics parlent plutôt d’une baisse de 5,8 % à 88,8 millions de véhicules. Ce qui ferait de 2019, une année de crise, la première depuis le krach financier de 2008.

 

"La production devrait même se contracter de presque 6 %. Tous les marchés sont en baisse et la situation s’est nettement dégradée en Chine, en Inde sans oublier l’impact des grèves chez General Motors aux Etats-Unis", explique Denis Schemoul, directeur associé EMEA véhicules légers d’IHS Markit.

 

Des prévisions qui contrastent notamment avec les immatriculations sur le marché européen qui ont bondi de 14,5 % sur le mois de septembre faussé par une base de comparaison très basse en septembre 2018. Mais au global sur les 9 mois de l’année 2019, le marché européen s’effrite de 1,6 % (marché UE + Efta) à 12,308 millions de véhicules. Au-delà de la zone Europe, le niveau des immatriculations subit également un revers.

 

Les marchés chinois et indien en souffrance

 

"L’une des problématiques pour cette année se porte sur la Chine qui va coûter entre 2 et 2,5 millions de véhicules notamment à cause de la baisse des incitations gouvernementales à l’achat d’une voiture pour les ménages et de la modification de la réglementation du micro-crédit, qui s’est asséché depuis 2017. Sans parler de l’impact de la guerre commerciale entre la Chine et les USA", poursuit Denis Schemoul.

 

L’Inde, que les analystes voyaient comme le troisième marché mondial automobile, ne cesse de s’effondrer (-41 % en août 2019, - 30% en septembre) et le risque maximal n’est pas encore atteint puisqu’en mars 2020, de nouvelles normes anti-pollution devraient entrer en vigueur (équivalentes aux normes européennes Euro 6) qui va mettre à mal des constructeurs indiens. En parallèle, la demande sur le territoire n’atteint pas les prévisions escomptées, la classe moyenne tardant à émerger.

 

Baisse des stocks en Europe

 

Sur la seule région Europe, la production, après une baisse de 2,4 % à 20,1 millions de véhicules en 2018, devrait subir une nouvelle contraction à 19,3 millions de voitures (-4%) cette année. En parallèle, la courbe des ventes se stabilisent sur le Vieux Continent entraînant une diminution des stocks des constructeurs. Un phénomène dont les distributeurs devraient se réjouir. Tous les constructeurs ont réduit la voilure sur la production. IHS Markit note une baisse de 3 % chez PSA, de 1 % pour Renault, de 20 % pour Nissan, de 5 % pour Daimler et Ford, de 12 % pour FCA et de 4 % pour BMW. Volkswagen de son côté devrait enregistrer une production stable.

 

Production stable en 2020 en Europe mais une chute de 21 % en France

 

IHS Markit n’est pas alarmiste pour 2020 en Europe. L’institut prévoit une baisse de 2 % des immatriculations et de 0,5 % pour la production. Mais l'évolution pour la France est bien plus catastrophique avec une chute de 21 % de la production à cause notamment des départs du Peugeot 2008 vers l'Espagne, d'une partie des 208 vers le Maroc, de l'Opel Grandland en Allemagne et de la Renault Clio en Turquie.

 

"La production sur le sol français devrait repartir en 2021 avec de nouvelles affectations chez PSA mais le problème le plus anxiogène concerne les moteurs diesels qui sont essentiellement produits en France. Les conséquences sociales de la transition énergétique sont un gros point d'interrogation", estime Denis Schemoul.

 

 

 

 

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