Les défaillances d'entreprises repartent à la hausse
Le taux de défaillance pour les entreprises du secteur automobile recommence à grimper. Le cabinet Altares vient de publier son étude sur la défaillance et la sauvegarde des sociétés dans l’Hexagone en 2022. Si par rapport aux autres secteurs, la vente et la réparation de véhicules restent très légèrement en dessous de la moyenne des procédures ouvertes, le taux n’en demeure pas moins plus élevé qu'au premier trimestre 2021.
Le secteur de la vente et la réparation automobile compte donc 472 entreprises défaillantes, dont 95 en redressement judiciaire, 369 en liquidation judiciaire et 8 en sauvegarde. Soit 116 sociétés défaillantes de plus qu’au premier trimestre 2021, soit une croissance de 32,6 %. A noter que le taux de liquidation judiciaire s'élève à 78,2 % pour le premier trimestre 2022.
Pour tous les secteurs, la tendance est la même. Le nombre de procédures ouvertes atteint 9 972 au premier trimestre 2022, soit 34,6 % de plus qu'un an plus tôt. Si les procédures étaient à la baisse entre 2018 et 2021, dues aux aides de l’État, elles repartent désormais à la hausse.
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Les jeunes et petites entreprises sont celles qui sont les plus touchées par les défaillances. Ainsi, près de la moitié (48 %) des sociétés concernées par une procédure au premier trimestre 2022 ont été créées il y a moins de cinq ans. Par ailleurs, les défaillances des entreprises fondées pendant ou juste avant la crise grimpent à 52 %. Concernant la taille des entreprises, les PME (entre 10 et 49 salariés) subissent une hausse de 56 % sur un an, avec 645 procédures ouvertes, dépassant le niveau d’avant crise (632). Au contraire, les entreprises qui possèdent entre 50 et 99 salariés enregistrent une hausse de 7,7 %. Elle s'élève à 26,1 % pour les sociétés de plus de 100 salariés.
La région Hauts-de-France durement touchée
Thierry Millon, directeur des études Altares, précise : "En 2020 et 2021, moins de 61 000 procédures collectives ont été ouvertes contre 107 000 lors des deux années précédentes. Plus de 46 000 entreprises ont été sauvées de la défaillance durant la longue période Covid. Sans le fameux "quoi qu’il en coûte" gouvernemental, la crise sanitaire aurait pu provoquer bien plus de procédures. Au premier trimestre 2022, l’étau de la crise sanitaire se desserre et les aides s’arrêtent. Un retour à une forme de normalité implique aussi une reprise des défaillances. La hausse s’amorce donc et elle est déjà très nette dans les secteurs qui comptent sur la reprise des habitudes de consommation, comme aller au restaurant ou chez le coiffeur. Aucun territoire n’est épargné par le phénomène."
En effet, la hausse touche toutes les régions en dehors de la Corse (-2,4 %) et de la Réunion (-12,7 %). La région la plus durement touchée par les défaillances est les Hauts-de-France, avec près de 72 % de procédures supplémentaires, avec une augmentation considérable de 92 % dans le seul département du Nord.
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