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Kilometrix met Steria sur le devant

Publié le 15 juillet 2011

Par Gredy Raffin
5 min de lecture
Grâce à Kilometrix, Steria se bâtit une réputation sur le marché de la géolocalisation. Son produit allie simplicité et coûts maîtrisés pour un ROI qui séduit, semble-t-il, les grands comptes. Cependant, la discrétion naturelle de l’entreprise ne lui donne pas une visibilité suffisante, comparativement à ses concurrents.
Lionel Chevallier, senior consultant chez Steria.

Qui connaît Steria ? En réalité peu de gens. Depuis quarante-deux ans la société a toujours opéré dans l’ombre, “sous marque blanche”, comme il est coutume de dire. Pourtant, l’entreprise française a de jolis coups à son actif. Pour n’en citer que trois, évoquons le Minitel, le système de panneaux d’informations routières ou, plus récemment, le dispositif d’appel d’urgence de PSA.

Historiquement, Steria facture des prestations de conseil en informatique dans tous les secteurs d’activité, mais aussi l’intégration des outils et, enfin, l’infogérance dans ses centres d’hébergement. Avec deux milliards d’euros de chiffre d’affaires et 20 000 salariés répartis dans 16 pays, l’entreprise française est tout simplement parvenue à se hisser à la 11e place du classement des sociétés de service en France et, mieux encore, à la 6e place à l’échelle européenne.

Acteur européen des services informatiques, Steria a utilisé ses compétences et ses partenariats dans le domaine de la mobilité pour développer sa propre solution de services de télématique embarquée : Kilometrix. “Etant déjà présents dans l’IT de nos clients, il nous est plus facile de leur proposer des solutions à même de s’intégrer naturellement dans leurs systèmes d’information”, résume Lionel Chevallier, senior consultant chez Steria, qui schématise la géolocalisation comme l’extraction d’une donnée depuis un véhicule vers un système informatisé. “Ce qu’au final peu de nos concurrents savent réellement faire.”

Reconnu tiers de confiance
 
Partie d’une feuille blanche, Steria a élaboré Kilometrix, son produit de référence. Une solution M-to-M, accessible en ligne depuis n’importe quel poste, au service de la gestion de flotte, qui a reçu un prix de l’innovation en 2007. L’étude marketing initiale faisait état d’un trou dans le paysage : “Il n’existait pas d’offre pour les flottes importantes de véhicules souhaitant accéder à moindre coût à des informations basiques, mais néanmoins fondamentales pour les gestionnaires, telles que le kilométrage. Si elles ne souhaitaient obtenir que cette donnée véhicule, il leur fallait payer d’autres services, pénalisant ainsi le retour sur investissement”, explique Lionel Chevallier. Les ingénieurs ont, de fait, conçu une architecture fiable, capable de gérer de gros volumes à prix contenu.

Preuve en est, la CNIL et les assureurs l’ont certifiée “tiers de confiance”, une première pour ce type de plate-forme. L’idée était de pouvoir les soutenir dans les différentes versions de la tarification personnalisée, qu’il s’agisse du Pay-per-use, du Pay-as-you drive, du Pay-how-you-drive ou encore du Pay-as-you-pollute.

Steria a également fait homologuer son boîtier connecté à la prise OBDE, auprès des constructeurs. Une fois en place, celui-ci ne nécessite plus d’intervention. En fonction des desiderata du clients, les évolutions se font par reprogrammation.

La simplicité comme premier service rendu

Proche des constructeurs, Steria anticipe les prochaines pistes. Le véhicule électrique, bien sûr, en est une des plus importantes. Il faudra également être en mesure de suivre PSA qui étudierait un projet de plate-forme inspiré de ce que la Nissan Leaf a réalisé avec le Carwings. “Nous nous positionnons sur les services de mobilité, en relation avec les véhicules, ajoute Lionel Chevallier. “Une stratégie induite par la volonté des constructeurs de lancer des services à destination des professionnels ou des applications grand public reliant le véhicule au smartphone”, prévient-il.

Selon le consultant, le métier de la géolocalisation est trop compliqué, les offres packagées qui fleurissent sur le marché “manquent de souplesse et de granularité” et d’expliquer son raisonnement : “Une offre de services doit être délivrée au bon moment et au bon prix, en regard des attentes du marché. Il faut proposer des bouquets de services adaptés à la typologie des clients, pouvant être évolutifs dans leurs fonctionnalités et leur valeur ajoutée, sans contrainte d’intervention sur les véhicules des clients.”

L’important est la simplicité et l’ergonomie de l’interface. “Sans nul doute, le service le plus précieux qu’il fallait apporter au client”, répète le consultant à l’origine de Kilometrix. L’interface, épurée à son maximum, joue la carte de l’accès à l’information en un clic de souris, sans user le clavier.

Au rayon de la prospective, on laissera encore un peu la géolocalisation au service de la gestion de la relation client. Si les constructeurs sont clairement intéressés pour mettre en œuvre cette technologie finalement simple, ils se heurtent à la levée de boucliers de la CNIL. Les mentalités évoluent, mais à destination des particuliers, le “ludique” doit rester de mise.

Steria se tournera davantage vers le service de prédiction de panne, “chose que nous faisons au travers du rapport de trajet”, rappelle Lionel Chevallier.

D’ici peu de temps, l’entreprise de service française devrait compter un nouveau compte client de taille et passer la barre des 100 000 véhicules en circulation. Mais elle ne restera que sur des grands comptes pour des raisons légales. Lorsqu’il s’agit de démarcher les TPE et les PME, l’entreprise de service française fait appel à des revendeurs d’affaires tels que son partenaire middle-market GFD.

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FOCUS

Positive attitude

Charité bien ordonnée commence par soi même ! Steria, qui vend de l’éco-conduite, va se forger une image en adéquation avec son offre. Le 23 juillet prochain, la société va réunir l’ensemble de ses équipes dans un unique bâtiment à Meudon-la-Forêt (92). Qu’a-t-il d’exceptionnel ? Il s’agit de la première structure immobilière labellisée en France “Energie positive”. Autrement dit, elle produira davantage d’électricité qu’elle n’en consommera.

 

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