Intelligence artificielle : Scanicar débarque sur le terrain des petites annonces

À quel point une voiture d'occasion trouvée dans une annonce peut-elle être jugée fiable ? Une question à laquelle Scanicar entend répondre. La start-up française apparaît dans le paysage avec une solution digitale capable de réaliser l'analyse objective d'une offre en ligne pour mieux éclairer les consommateurs.
Concrètement, les internautes seront invités à partager le lien d'une petite annonce trouvée chez un infomédiaire ou sur la page web d'un distributeur, alors Scanicar accomplira sa tâche. L'intelligence artificielle (IA) va lire toutes les informations disponibles et les recoupera avec les données de sa propre base. Au bout de 40 à 50 secondes, il en résulte un rapport d'évaluation et une liste d'éléments à vérifier auprès du vendeur.
L'ambition des cofondateurs, Mathieu Lacaile et Maxime Coffin, étant de "transformer le stress de l'incertitude en la puissance de la donnée". Et d'ajouter ensuite : "Nous avons créé l'outil que nous aurions aimé avoir entre les mains pour ne plus jamais acheter les yeux fermés". Scanicar se pose en tiers de confiance aux côtés de celui qui s'apprête à réaliser un achat de voiture d'occasion.
AutoMalin y voit une opportunité
Pour opérer, il a fallu choisir et entraîner une IA. Scanicar a retenu Gemini de Google. "Nous l'avons enrichi avec des millions de lignes d'informations publiées par des constructeurs, sur des forums ou encore dans des fiches véhicules", explique Maxime Coffin. La start-up revendique, par exemple, une connaissance exhaustive des données de moteurs commercialisés en Europe.
De l'aveu du cofondateur, des ajustements seront encore nécessaires pour obtenir un résultat parfait. Une collaboration avec les éditeurs de rapports d'historique pourrait s'avérer précieuse, bien qu'une passerelle existe déjà avec Histovec. Il n'empêche que l'utilisateur peut savoir si une voiture d'occasion doit faire l'objet d'une attention particulière avant ou après la transaction, comme la gestion d'une campagne de rappel.
Scanicar ne se concentre pas uniquement sur les particuliers en position d'acheteurs. Ceux qui veulent préparer leur vente peuvent aussi y recourir afin de s'assurer de la bonne composition de leur annonce. Les professionnels constituent une autre cible de choix. Maxime Coffin a fait tester sa solution chez AutoMalin et les retours ont été positifs. "Ils ont gagné en expertise au moment de la reprise avec une anticipation des frais de remise en état et une visibilité sur les potentiels risques de sinistre", retient le cofondateur.
L'ajout d'une fonction "chasseur d'annonces"
Après quelques semaines d'activité à peine, Scanicar va plus loin. Le 3 avril 2026, la société a fait évoluer son site internet pour proposer une autre forme d'expérience. Avec Scanicar Hunter, il ne s'agit pas non plus de vérifier une annonce, mais de dénicher une offre la plus pertinente, tel un chasseur de bon plan. Encore faut-il avoir une notion fine de la valeur de marché d'une voiture d'occasion pour certifier la pertinence. Un grand défi, reconnaît-on chez les entrepreneurs bordelais.
Pour éviter tout risque de conflit avec les infomédiaires dont les sites sont étudiés, Scanicar s'est rapproché d'un partenaire spécialisé et autorisé à faire travailler ses robots. "Nous ne voulons pas de scrapping sauvage pour avoir une durabilité", argue Maxime Coffin. Il aborde le sujet comme une opportunité pour les plateformes de diffusion d'annonces de capter plus de leads par son intermédiaire.
La start-up autofinancée se rêve en lieu virtuel de confiance pour les utilisateurs particuliers et professionnels. Son intelligence artificielle poussera la distribution à faire preuve de toujours plus de transparence. Un statut qui permettrait alors à Scanicar de créer un modèle économique d'affiliation avec des partenaires comme les financeurs, les assureurs ou les garantisseurs.
Pour le moment, la société facture quatre euros la requête (la première est gratuite). Ensuite, des packs permettent de commander 3 scans pour 10 euros, 6 scans pour 20 euros et 17 scans pour 50 euros. L'offre Scanicar Hunter répond, quant à elle, à une logique d'abonnement mensuel pour les clients, tandis que les professionnels auront la possibilité de payer pour être consultés en priorité par le système.
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