Carlos Ghosn attaque Renault
"J'ai demandé à partir à la retraite et je défendrai mes droits en tant que personne qui a travaillé autant d'années, qui a rendu autant de services et qui a droit à une retraite", avait prévenu Carlos Ghosn durant sa conférence de presse à Beyrouth le 8 janvier 2020. "Je n'ai absolument pas l'intention d'abandonner mes droits (...). J'ai des droits vis-à-vis de Nissan, vis-à-vis de Renault, qui n'ont pas été respectés, et je compte bien les réclamer en justice", avait insisté l'ex-dirigeant.
Il semble que Carlos Ghosn soit passé à l'action puisque dans un entretien paru dimanche 12 janvier 2020 dans le Figaro, il a indiqué qu'une procédure contre Renault était lancée. Selon le quotidien français, l'ancien patron du Losange aurait saisi en référé le tribunal des prud'hommes de Boulogne-Billancourt (92), ville où est installé le siège du constructeur français. Un porte-parole de Renault a confirmé que le constructeur automobile a "reçu fin décembre 2019 une assignation aux prud'hommes". Une audience est prévue le 21 février 2020.
Le litige porte sur le versement d'une indemnité de départ en retraite de 249 999,99 euros. Cette somme ne lui a pas été versée par Renault au motif que Carlos Ghosn aurait démissionné de l'entreprise fin janvier 2019, alors qu'il était encore en prison au Japon. Mais l'ex-dirigeant affirme qu'il n'a pas démissionné de son poste. "C'est une forfaiture de dire que j'ai démissionné ", avait-il lancé depuis Beyrouth, assurant s'être simplement "retiré" après son arrestation au Japon et avoir "demandé à partir à la retraite".
D'ailleurs depuis le printemps 2019, Carlos Ghosn a fait les démarches pour liquider ses droits. "Il bénéficie du versement de cette pension depuis le 1er juin 2019, tant au titre du régime de base que du régime Agirc - Arrco", a précisé sa défence. "Or, en dépit de (...) ses demandes répétées auprès de (Renault), son indemnité de départ en retraite ne lui a toujours pas été versée, plus de 10 mois après" son départ.
Dans l'entourage de l'ancien Président, on précise qu'une autre procédure, cette fois auprès du tribunal de commerce, est envisagée pour obtenir sa "retraite chapeau" d'un montant brut de 774 774 euros par an, ainsi que 380 000 actions de performances. Renault avait indiqué, en avril 2019, qu'il ne pouvait pas prétendre une retraite chapeau faute d'être encore présent comme mandataire social au moment de faire valoir ses droits.
Les prud'hommes de Boulogne et bientôt le tribunal de commerce vont donc se pencher sur ce dossier pas comme les autres. La prochaine étape de Carlos Ghosn sera sans doute de faire valoir ses droits vis-à-vis de Nissan. Pas sûr que la justice japonaise soit à l'écoute.
Sur le même sujet
Laisser un commentaire
Vous devez vous connecter pour publier un commentaire.