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Pedro Fondevilla, Seat et Cupra : "À terme, la Raval devrait représenter 50 % des ventes de Cupra"

Publié le 10 février 2026

Par Robin Schmidt
6 min de lecture
Seat et Cupra ont connu des trajectoires opposées en 2025. La première a accusé un recul de 29,1 % de ses ventes, tandis que la seconde a enregistré une hausse de 29,3 % de ses immatriculations sur le marché français. Pedro Fondevilla, patron des deux marques pour la France, revient sur ce bilan contrasté et nous livre ses perspectives pour 2026.
Pedro Fondevilla Seat et Cupra
Pedro Fondevilla est le directeur général de Seat et Cupra pour la France depuis le 1er août 2024. ©Seat

Le Journal des Flottes : Seat et Cupra ont connu une année 2025 bien différente. La première a vu ses ventes reculer de 29,1 %, à 15 860 unités, tandis que la seconde a enregistré une progression de 29,3 % de ses immatriculations sur le marché français, avec 22 695 exemplaires écoulés. Quelle est votre analyse ?

Pedro Fondevilla : En 2025, nous avions pour objectif de réaliser une progression de 40 % sur la part de marché de Cupra et de rester à 1 % du marché pour Seat. Dans les deux cas, la mission est accomplie. Avec une hausse de 29,3 % de ses immatriculations, Cupra a par ailleurs réalisé la troisième meilleure progression du marché français. Nous sommes très fiers de cette performance. D’autant que nous la réalisons via l’électrification puisque trois quarts des voitures que nous vendons chez Cupra sont électrifiées.

 

En ce qui concerne Seat, nous nous y attendions car nous avons réduit les volumes de production dans notre usine de Martorell, en Espagne. Nous avons en effet libéré de l’espace pour accueillir la production de la nouvelle plateforme MEB+, qui équipera notamment notre future Cupra Raval.

 

 

JDF : Chez Cupra, quel est le mix des ventes 100 % électriques ?

P.F. : Aujourd’hui, 30 % de nos ventes concernent des véhicules 100 % électriques. Les hybrides rechargeables représentent quant à elles 45 % de nos immatriculations, ce qui nous permet de réaliser 75 % de nos ventes avec des motorisations électrifiées.

 

L’électrification de notre gamme était pour nous un pari risqué. Mais nous sommes parvenus à retranscrire la passion et les émotions derrière le volant d’une électrique. Notre réussite s’explique également par les autonomies de nos véhicules hybrides rechargeables. La première génération de PHEV n’était pas entièrement alignée avec les attentes des clients, mais désormais, certains de nos modèles sont capables de parcourir jusqu’à 130 km en électrique.

 

Cupra a une part de marché de 2,4 % sur les canaux BtoB

 

JDF : Et en BtoB ?

P.F. : Nous sommes plus performants sur les canaux BtoB qu’auprès des particuliers. Cupra réalise par exemple 1,4 % du marché global, mais sa part de marché grimpe à 2,4 % sur les canaux BtoB. Sur les deux marques, nous réalisons environ 39 % de nos ventes chez les flottes, voire même 45 % si l’on se concentre uniquement sur Cupra.

 

Nous avons de bonnes valeurs résiduelles sur nos véhicules et nos offres de financement sont donc très attractives, ce qui nous permet également de proposer des loyers compétitifs. Enfin, nous préférons maîtriser notre croissance et ne pas gonfler nos volumes artificiellement avec des canaux stratégiques.

 

JDF : L’année 2025 a été plus calme que la précédente en termes de nouveautés produits. À quoi peut-on s’attendre en 2026 ?

P.F. : En 2026, nous allons lancer notre future citadine 100 % électrique : la Raval. Cette dernière sera présentée le 9 avril prochain et les premières livraisons en concessions sont attendues fin mai ou début juin. La Cupra Raval devrait nous permettre de gagner encore en part de marché car le marché français est très friand des citadines, et c’est un segment où nous ne sommes pas encore présents pour l’instant. D’autant qu’elle bénéficiera d’un ticket d’entrée fixé à moins de 250 euros par mois, sans apport et bonus déduits.

 

À terme, la Cupra Raval devrait donc représenter 50 % des ventes de la marque, soit 15 000 unités par an. La Born recevra quant à elle un restylage au mois de mai 2026, tandis que des mises à jour seront apportées au Cupra Tavascan d’ici à la fin de l’été, notamment en ce qui concerne le système d’infodivertissement. Enfin, les versions restylées des Seat Ibiza et Arona entameront leur première année pleine de commercialisation.

 

La Cupra Raval sera dévoilée le 9 avril 2026. ©Cupra

 

JDF : Fabriqué en Chine, le Tavascan souffre aujourd’hui de l’absence de l’écoscore. Pourtant, en tant que C-SUV, il appartient au segment le plus convoité en Europe. Peut-on imaginer que sa production soit un jour rapatriée sur le Vieux Continent ?

P.F. : Cette génération du Cupra Tavascan ne sera pas fabriquée en Europe. En revanche, nous sommes en train d’étudier différents scénarii pour rapatrier la prochaine génération sur le Vieux Continent.

 

Notre objectif est d'avoir 150 Cupra City Garages d'ici à fin 2026

 

JDF : Comment se porte le réseau ?

P.F. : Nous avons clôturé l’année 2025 avec 135 Cupra City Garages. Notre objectif est d’en avoir 150 d’ici à la fin de l’année 2026, ce qui nous permettra d’avoir un maillage idéal et donc de couvrir une grande partie du territoire français. Mais nous souhaitons aussi garder un bon niveau de rentabilité pour nos concessionnaires. Cupra est d’ailleurs l’une des marques les plus rentables du marché avec son réseau. Nous travaillons pour cela avec Volkswagen Financial Services, notamment pour accompagner financièrement notre réseau sur les retours buy back des véhicules.

 

JDF : Quelle est la dynamique des commandes sur ce début d’année 2026 ?

P.F. : La dynamique des commandes n’est vraiment pas bonne en janvier 2026. Le marché français a baissé de 7 % par rapport à l’année dernière, mais nous sommes tout de même parvenus à conserver un niveau similaire à celui de janvier 2025. Nous constatons que le marché est très atone. En janvier, il a été tiré par les immatriculations du leasing social, sans lesquelles nous aurions sans doute fait moins de 100 000 voitures. Je pense que c’est le bon moment pour se dire qu’il faudrait adopter plus de souplesse en termes de réglementations fiscales car la voiture est très importante pour l’industrie française et européenne.

 

 

JDF : Quelles sont vos ambitions pour Seat et Cupra en 2026 ?

P.F. : En 2026, nous nous donnons pour objectif de maintenir les volumes de ventes chez Seat et donc de conserver une part de marché de 1 %. Pour Cupra, en revanche, nous souhaitons dépasser les 1,4 % de part de marché, notamment grâce à l’arrivée de la Raval. Je pense que nous avons tous les atouts pour aller chercher dès cette année les 1,6 % de part de marché.

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