Laurent Burelle, président-directeur général de Plastic Omnium, n’aime pas trop parler de politique devant un parterre de journalistes. Une attitude qui peut aisément se comprendre car soit vous dites le fond de votre pensée et vous risquez d’être mal interprété ou de heurter, soit vous évitez l’écueil en vous cantonnant à une langue de bois convenue et sans saveur. D’une manière générale, Laurent Burelle rappelle qu’il n’apprécie guère que l’Etat soit interventionniste vis-à-vis des entreprises et qu’il distribue des subventions : “Je me méfie beaucoup des subventions… Elles ont souvent des effets négatifs qu’on ne perçoit pas toujours de prime abord. D’ailleurs, à chaque fois qu’on perturbe le marché, il survient une perturbation plus forte plus tard”. Un peu selon le principe des répliques amplifiées en sismologie. Par conséquent, Laurent Burelle se revendique volontiers d’un libéralisme d’avant-guerre. Dans un esprit comparable, il souligne aussi qu’une dimension chevaleresque persiste encore dans l’industrie et qu’il y a encore des accords verbaux qui sont respectés.
Vers plus de stabilité et des efforts de simplification
A ses yeux, la fiscalité française pose aujourd’hui problème. Mais attention, “un problème qui ne date pas d’hier, cela fait quarante ans que cela dure !”. La situation aboutit à priver de nombreuses entreprises d’agilité et surtout, de capacité de prise de risque. S’il reconnaît que la donne est à cet égard différente en Allemagne ou aux Etats-Unis, il refuse aussi tout discours trop simplificateur : “Sur le marché américain, le Fisc est terrible, il ne faut pas se leurrer ! Mais au moins, il est prédictible. Et les lois américaines sont d’une manière générale plutôt stables, ce qui donne plus de visibilité aux entreprises”. En somme, comme de nombreux autres dirigeants, quelle que soit la taille des entreprises soit dit en passant, Laurent Burelle prône plus de stabilité et des efforts de simplification. En revanche, le mot de “pacte” ne sera pas prononcé… Au niveau du secteur automobile, il estime aussi que la filière peut encore se rationaliser et gagner en efficacité, en faisant notamment référence au modèle du Gifas (Groupement des Industries Françaises Aéronautiques et Spatiales).