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Industrie

La guerre du Lithium est déclarée

Publié le 27 février 2009

Par Frédéric Richard
2 min de lecture
Signe des temps, des changements de mentalité, mais aussi preuve que les technologies progressent vite et fort, tous les équipementiers et les constructeurs parlent de batteries. Chacun y va de sa nouvelle usine, de son joint-venture pour mutualiser ses forces, et surtout être le premier, le meilleur, quand le moment sera venu…
Signe des temps, des changements de mentalité, mais aussi preuve que les technologies progressent vite et fort, tous les équipementiers et les constructeurs parlent de batteries. Chacun y va de sa nouvelle usine, de son joint-venture pour mutualiser ses forces, et surtout être le premier, le meilleur, quand le moment sera venu…

La bataille fait rage entre les continents. Le constructeur japonais Nissan et l'équipementier électronique NEC "passent la seconde" dans la production en masse de batteries pour les automobiles hybrides. Les deux entreprises, qui commenceront l'an prochain à fabriquer des modules lithium-ion en série au Japon, via leur joint-venture AESC, projettent ainsi de construire plusieurs usines, en Europe et aux Etats-Unis, afin d'arriver à sortir jusqu'à 200 000 unités par an à compter de 2011… Des ambitions qui coûteront aux deux groupes la bagatelle de 800 millions d'euros, un investissement osé dans le contexte actuel, mais la croissance reste plus que jamais liée à la capacité d'innovation.

Pour leur part, Honda, associé depuis peu au fabricant de batteries japonais GS Yuasa (déjà partenaire de Mitsubishi Motors), de même que Toyota, qui travaille depuis longtemps avec Panasonic, vont également massivement étendre leurs capacités de production de batteries, pour équiper leurs voitures hybrides ou électriques, à partir du début de la prochaine décennie.

Les Japonais poussent, les Américains demandent de l'aide

Au plan mondial, de tels investissements ne passent évidemment pas inaperçus… Et sur les marchés matures, la forteresse s'effrite ! A tel point même que les Américains, auparavant certains de leur toute puissance en termes de développement et de R&D, quémandent aujourd'hui des aides pour faire face à cette concurrence venue d'Orient. En effet, face à l'essor programmé des véhicules électriques, les industriels du secteur pointent le risque de dépendance énergétique à l'égard de l'Asie. Quatorze sociétés, dont 3M et Johnson Controls-Saft, se sont donc réunies en un consortium, nommé National Alliance for Advanced Transportation Battery Cell, qui demande aujourd'hui une aide fédérale de 1 milliard de dollars (714 millions d'euros), afin de construire une importante unité de production dédiée. Sur ce site, les sociétés membres du consortium pourraient toutes travailler conjointement, mais avec leur technologie propre. Ce, dans le but de faire avancer la filière américaine dans son ensemble, et bien sûr d'augmenter les capacités de production de batteries plus légères, plus puissantes et meilleur marché que celles produites à l'étranger, pour approvisionner les constructeurs automobiles américains, aujourd'hui frileux à l'utilisation de modules locaux (Par exemple, General Motors se fournit essentiellement en Asie) !

 

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