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Constructeurs

Sergio Marchionne : Fiat Lux !

Publié le 16 mars 2007

Par Alexandre Guillet
14 min de lecture
Elu avec une large majorité par notre jury, Sergio Marchionne incarne mieux que personne la renaissance de Fiat. Redoutable négociateur et manager hors pair, il a misé sur les hommes pour inventer une géométrie contemporaine à la vieille maison turinoise. Portrait d'un grand patron atypique,...
...discret et somme toute méconnu. Il paraît qu'il faut aller en Italie pour voir ça. Pour se rendre compte. Dans les rues, les maillots de la squadra azzurra, frappés d'une quatrième étoile, pullulent, mais on voit aussi de nombreuses personnes arborant un tee-shirt Fiat, à l'instar de Valentino Rossi sur sa moto GP. Pas Ferrari, Fiat. Pas le rêve et la certitude de nouveaux triomphes en Formule 1, mais bel et bien l'industrielle et accessible Fiat. Comme un symbole. La marque a retrouvé sa fierté et l'amour des italiens. Inimaginable il y a encore trois ans quand Fiat Auto agonisait, criblée de dettes et mortifiée par un plan produits incohérent, voire désastreux. Les spécialistes n'hésitaient pas à annoncer la fin de Fiat et l'accord conclu en mars 2000 avec General Motors semblait à même de sceller cette prédiction. Mais Fiat a su se redresser, timidement d'abord, puis spectaculairement. Aujourd'hui, le groupe est même montré en exemple - sans doute trop hâtivement - par certains de ses fossoyeurs d'hier. On ne parlera sans doute jamais assez précisément du schéma cyclique qui régit l'industrie automobile moderne… Pour incarner ce redressement, deux hommes s'imposent avec la force de l'évidence. Luca di Montezemolo, l'homme qui a transformé en or tout ce qu'il a touché au sein du groupe, redonnant surtout à Ferrari son incomparable pouvoir de fascination, avant de devenir le leader du patronat italien. Mais le bras armé du sursaut de Fiat est ailleurs. A l'aise dans la famille des grands managers opérationnels, c'est bien entendu l'atypique Sergio Marchionne, volontiers discret mais de plus en plus reconnu et encensé. L'élu des Agnelli Avec Sergio Marchionne, vous n'ouvrez pas un livre automobile, ce qui lui valut d'ailleurs bien des sarcasmes lors de sa nomination. Italien, mais ayant effectué toute sa carrière professionnelle au Canada et en Suisse, il n'a jamais œuvré pour l'automobile et présente, en apparence, le profil type du financier à sang froid. Son arrivée au sein du groupe s'opère discrètement, mais on constate avec le recul qu'il bénéficiait de l'inconditionnel appui de la famille. En mai 2003, il entre tout d'abord au Conseil d'administration du groupe, c'est Umberto Agnelli qui le lui a demandé… Le groupe traverse une crise profonde et le décès de Giovanni Agnelli a ajouté au trouble. Cependant, Umberto Agnelli et Giuseppe Morchio, administrateur délégué, cherchent déjà le bon dosage pour appliquer une cure d'assainissement à Fiat. A la mort inattendue du premier nommé, Giuseppe Morchio pense que son heure est venue, mais la famille et les banques ne l'entendent pas ainsi. Luca di Montezemolo est promu président et en quelques heures, la démission de Giuseppe Morchio est organisée. A la surprise générale, Sergio Marchionne est désigné administrateur délégué. Tout en restant sibyllin, il concède qu'un dîner avec John Elkann, deux jours auparavant à Genève, a eu une grande importance dans ce processus opaque. Et Umberto Agnelli lui avait déjà glissé auparavant de se tenir prêt. Sergio Marchionne sera donc le cinquième administrateur délégué de Fiat en deux ans… Pas idéal pour un dirigeant convaincu des vertus de la stabilité et rêvant déjà secrètement d'implémenter la rigueur helvétique au sein du groupe. Le chef-d'œuvre fondateur de la négociation avec GM Installé dans son [...]

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