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Farizon relance son offensive en France après un faux départ

Publié le 27 octobre 2026

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Par Damien Chalon
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5 min de lecture
Farizon, constructeur chinois de véhicules utilitaires et filiale du groupe Geely, annonce la création de sa filiale française pour fin 2026. Les hésitations du printemps dernier laissent désormais place à une stratégie claire et structurée.
farizon france
Farizon vise 20 points de vente d'ici la fin 2026 en France. ©JA

Quatre immatriculations. Voici le maigre bilan de Farizon en France, six mois après avoir annoncé ses débuts officiels dans l’Hexagone. Il s’agit manifestement d’un faux départ. Le constructeur chinois de véhicules utilitaires légers, filiale du géant Geely, n’était visiblement pas prêt à lancer ses opérations sur notre sol. Six mois se sont donc écoulés depuis cette annonce et voici que la marque renoue le contact avec le marché, les investisseurs et la presse pour annoncer la création d’une filiale en France d’ici la fin de l’année 2026. Celle-ci sera dirigée par Fan Zhang avec Romain Rodier à la direction des ventes et des opérations. Cette structure comptera rapidement une vingtaine de salariés dans le domaine des ventes, de l’après-vente, du marketing et des services transverses.

 

20 points de vente fin 2026

 

L’autre priorité du moment est le recrutement de distributeurs. "Nous visons 20 points de vente et de service d’ici la fin de l’année et nous voulons atteindre la barre des 40 en 2027", prévient Fan Zhang. Romain Rodier estime de son côté que la taille idéale sera à terme d’atteindre un maximum de 60 sites afin, dit-il, de "maximiser la rentabilité de nos investisseurs et de concentrer les volumes".

 

 

Emil Frey, importateur de Farizon en Suisse, est cité parmi les distributeurs potentiels, même si aucune signature n’a été officialisée à ce stade. "Nous partons d’une feuille blanche", admet Romain Rodier. "Pour construire notre réseau, poursuit-il, nous allons utiliser les synergies avec Geely, nous échangeons évidemment avec les distributeurs qui ont signé un contrat avec Geely et Zeekr et qui souhaitent élargir leur portefeuille". Farizon cible en parallèle des distributeurs spécialisés dans l’utilitaire et le poids lourd.

 

Le constructeur ne se montre pas des plus exigeants en matière d’investissements. Quatre véhicules en exposition sont un prérequis. "Nous sommes en revanche flexibles sur l’espace d’exposition intérieur et nous ne demandons pas de vendeurs dédiés, expose Romain Rodier. En revanche, nous voulons que nos partenaires aient une force de vente qui connaisse son sujet, ses clients professionnels locaux et les flottes de proximité."

 

Deux modèles électriques

 

Pour ses débuts en France, Farizon arrive avec deux modèles, deux utilitaires légers électriques. Le V7E tout d’abord, un équivalent d’un Renault Trafic, avec son empattement de 3 200 mm et sa longueur de 4 995 mm. Il offre jusqu’à 6,95 m3 de volume de chargement et 1 373 kg de charge utile, pour un PTAC de 3 150 kg. Sa batterie de 66,67 kWh procure une autonomie maximale de 328 km. Il se destine essentiellement aux tournées de livraison en milieu urbain.

 

 

Vient ensuite le SV, le modèle sur lequel mise davantage le constructeur. Plus moderne dans sa conception, ce véhicule se hisse dans la catégorie supérieure en termes de mensurations. En cargo, son volume de chargement grimpe jusqu’à 13 m3 en version cargo L3H3. La gamme débute avec une proposition L1H1 avec une batterie de 84 kWh à 43 000 euros HT. Viennent ensuite des versions L2H1, L2H2, L2H3 et donc L3H3 avec deux propositions de batteries (84 et 100 kWh). À noter que ces dernières versions existent en traction et en transmission intégrale. Le SV Cargo L3H3 AWD avec la batterie de 100 kWh est facturé 56 700 euros HT.

 

farizon SV

Romain Rodier, directeur des opérations, présente la gamme Farizon SV. ©JA

 

Côté autonomie, cet utilitaire atteint au mieux 384 km en L1H1 avec la batterie de 84 kWh et 375 km avec celle de 100 kWh en L3H3 traction. L’endurance est moindre avec la grande batterie en raison du gabarit du véhicule et du fait qu’elle soit généralement réservée à la transmission intégrale, sauf en L3H3 où elle officie aussi sur la version traction. Farizon insiste également sur la puissance de charge, à savoir 170 kW sur la batterie de 84 kWh et 160 kW sur l’autre, de quoi passer de 10 à 80 % de charge en 23 minutes. À noter que la gamme comprend de la cabine approfondie, du minibus ou encore du TPMR.

 

BNP Paribas et Arval pour le financement

 

Le SV se distingue en outre sur son niveau d’équipement ultracomplet, un argument régulièrement mis en avant par les constructeurs chinois. Il est par exemple doté de série de sièges chauffants et ventilés, d’un écran de 12,3 pouces, d’une caméra 360° ou encore d’un indicateur de chargement en temps réel, ce qui permet de voir si le véhicule est en surcharge. Sa large ouverture latérale (1,3 m) et son seuil de chargement bas (520 mm) sont d’autres arguments qui jouent pour lui. La gamme sera complétée en 2027 avec une déclinaison châssis-cabine. Farizon n’entend pas en rester là et amènera en 2028 un utilitaire de 4 m3 afin de chasser sur les terres des fourgonnettes.

 

Farizon a enfin développé des partenariats dans différents domaines. Pour le financement, le constructeur s’est allié à BNP Paribas, notamment Arval pour la location longue durée. Geotab officie pour la télématique, Gruau et Sortimo pour les aménagements, Izi by EDF et EV Box pour les bornes de recharge, GCA France pour la logistique ou encore Capital Energy pour les CEE. Sur ce dernier point, les véhicules étant fabriqués en Chine, ils ne bénéficient pas des CEE bonifiés et doivent se contenter de primes d'environ 1 000 euros. Soulignons enfin que le groupe Geely dispose d’un centre de pièces en Allemagne, dont bénéficie Farizon. De quoi assurer des livraisons de pièces en moins de 72 heures.

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