Essai Omoda 9 : Chery joue une carte majeure

Après le très bon démarrage de Jaecoo avec près de 1 000 immatriculations en seulement un mois de commercialisation, dont 800 sur le canal des particuliers, Chery s'apprête à lancer le deuxième étage de sa fusée qui en comptera a minima quatre (Jaecoo, Omoda, Chery et iCaur) d'ici la fin de l'année, voire début 2027.
Cette fois-ci, on change de dimension. Si Jaecoo se positionne comme une marque généraliste, en concurrence frontale avec un grand nombre d'acteurs, à commencer par MG et Dacia, Omoda se veut plus technologique et premium.
Lors du lancement, Thomas Chrétien, directeur du marketing et de la communication chez Jaecoo & Omoda, avait d'ailleurs présenté les deux enseignes comme des marques sœurs. "Elles seront distribuées dans les mêmes showrooms, avait-il indiqué. "Jaecco sera plus dans l'univers SUV tandis qu'Omoda, avec des lignes plus douces, sera proche des crossovers."
Quatre moteurs
Technologique, l'Omoda 9 l'est sans férir. Ce SUV de 4,77 m de long repose en effet sur une architecture hybride rechargeable particulièrement sophistiquée associant un quatre cylindres essence 1.5 turbo en cycle Miller de 143 ch (215 Nm) à trois moteurs électriques.
En conduite courante, le moteur électrique arrière de 238 ch assure seul la propulsion. Les deux moteurs électriques avant, de 122 et 102 ch, viennent renforcer la motricité et les performances lorsque le conducteur sollicite davantage l'accélérateur ou sélectionne les modes de conduite les plus dynamiques.
Pour stocker l'énergie, Omoda a installé une batterie de 34,5 kWh, l'un de ses plus grands atouts, mais également un bel inconvénient, nous y reviendrons. À titre d'exemple, c'est près de 7 kWh de plus que la récente Renault Twingo ! Omoda annonce jusqu’à 145 km d’autonomie électrique et, dans la réalité, la promesse n’a rien de fantaisiste.
Une belle autonomie
Sur notre parcours mêlant circulation urbaine, routes secondaires et autoroutes, nous avons parcouru près de 120 km avant que le moteur thermique ne soit sollicité. À ce moment-là, il restait encore environ 20 % de charge, preuve que le système conserve volontairement une réserve d’énergie afin d’optimiser son fonctionnement hybride.
Et le moteur thermique dans tout ça ? Il sert aussi bien de générateur pour alimenter la batterie que pour entraîner les roues avant. Surtout, il se montre relativement discret, volontaire et parfaitement intégré au dispositif. Seul un léger temps de latence vient parfois rappeler la complexité de l’ensemble, lié par une boîte de vitesses automatique à trois rapports.
Recharge rapide
Les 537 ch cumulés (et 650 Nm) annoncés peuvent paraître optimistes au regard des sensations ressenties derrière le volant. La poussée reste néanmoins impressionnante et crédibilise le 0 à 100 km/h revendiqué en 4,9 secondes, à condition de disposer d’une batterie suffisamment chargée.
Bonne nouvelle, l’Omoda 9 accepte la recharge rapide en courant continu jusqu’à 75 kW (30 à 80 % en 25 mn). Sur route, la consommation oscille entre 5 et 6 l/100 km lorsque les conditions sont favorables.
Avec une telle configuration, Omoda promet plus de 1 100 km d'autonomie, d'autant plus qu'il est doté d'un réservoir de 70 litres. En revanche, sur autoroute, le bilan est moins flatteur avec plus de 8,5 l/100 km relevés. Rien d’exceptionnel toutefois pour un SUV hybride rechargeable de plus de 2,2 tonnes.
Ce poids se ressent davantage dans les virages que lors des accélérations. L’amortissement pneumatique accomplit un beau travail pour préserver le confort et limiter les mouvements de caisse, mais il ne peut totalement effacer les lois de la physique.
Le train avant peine à trouver l’adhérence nécessaire pour inscrire efficacement le véhicule en courbe. Cela ne remet pas en cause les qualités routières de l’Omoda 9, qui privilégie clairement la sérénité au dynamisme. Stable, rassurant et particulièrement confortable, il se conduit donc davantage comme un grand routier que comme un SUV sportif.
Intérieur premium
Premium, il l'est tout autant dans sa présentation. Ici, l'Omoda 9 se démarque avec une planche de bord au style beaucoup plus européen que celle proposée par la concurrence chinoise. Entendez par là que tout ne se règle par l'écran central.
Les spécialistes trouveront un design très inspiré par Cadillac (commandes digitales à gauche du tableau de bord), Alfa Romeo (période Giulia pour la forme de l'écran) voire Mercedes-Benz (design des commandes). Un capharnaüm d'inspiration qui au final lui confère une certaine personnalité.
La qualité des matériaux est soignée, tout comme le confort. Nous avons beaucoup aimé l'immense toit ouvrant qui inonde l'habitacle, tout comme l'espace aux jambes arrière et le volume de coffre de 615 litres.
Plombé par la fiscalité
À 49 990 euros, l'Omoda 9 ne souffre d'aucune concurrence, les prétendants sont a minima 5 000 euros plus chers tout en étant beaucoup moins puissants et affichant une plus faible autonomie. Malgré un prix ultracompétitif, tout comme son niveau d'équipements, l'Omoda 9 sera probablement une curiosité sur le marché français.
Car avec un malus au poids à plus de 10 000 euros à cause de sa grande batterie, il faudra finalement débourser 60 000 euros. Et ce, malgré une autonomie électrique qui dépasse allégrement les 120 km et des émissions de CO2 de 38 g/km.
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