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Constructeurs

Claude Cham, Président de la Fiev et du Clifa

Publié le 9 octobre 2009

Par Tanguy Merrien
3 min de lecture
"Nous travaillons sur du long terme et devons sortir des résultats à très court terme. La crise va donc obliger nombre d'acteurs à ouvrir les yeux sur cette situation"...
...La crise entraînera des mutations importantes, accentuées par les nouvelles technologies. Pour Claude Cham, ce sont autant d'opportunités, désormais, pour optimiser les relations entre les acteurs et construire des entreprises plus solides.

Journal de l'Automobile. Quels commentaires pouvez-vous faire sur la crise qui nous traverse ?
Claude Cham. La crise que nous vivons est une crise systémique et personne ne l'a identifiée comme telle quand les symptômes de la crise financière des "subprimes" sont apparus. Ce qui est sûr, c'est que nous n'en sortirons pas comme nous y sommes entrés, c'est-à-dire que la crise aura des effets majeurs sur les comportements des individus, des entreprises, et des pays. Lorsque celle-ci sera terminée, nous allons donc entrer dans une autre ère, politique comme économique, et bien sûr financière. Il est évident que notre métier, fortement capitalistique car nous utilisons énormément d'argent et que nous travaillons sur du long terme, va muter. Entre le rêve de la voiture à créer et sa réalisation il se passe beaucoup de temps. Or nos adhérents ont été obligés, par des organismes financiers, à marier deux objectifs parfois difficiles à concilier. Nous travaillons sur du long terme et devons sortir des résultats à très court terme. Les diverses notations nous ont mis sous une pression extrême. La crise va, donc, obliger nombre d'acteurs à ouvrir les yeux sur cette situation.

JA. Où en êtes-vous aujourd'hui ?
CC. Après un début d'année, qui a été très difficile pour les équipementiers qui ont dû faire face, à la fois à la crise, et aux résorptions de stocks de leurs clients, nous avons commencé depuis juin, juillet, à nous stabiliser tant bien que mal. Des signes comme la reprise du travail de nuit de PSA nous rassérénèrent un peu mais nous sommes incapables de voir une sortie de crise dans l'immédiat.

JA. Quelles sont les divergences d'effets de crise au niveau mondial ?
CC. La Chine semble avoir le moins souffert puisque son PIB va sortir avec une croissance de 7 à 8 %. Les Etats-Unis donnent des signes de reprise alors que le marché européen, et la France en particulier, a amorti le choc par les différentes mesures qui ont été mises en œuvre. Sur 27 pays en Europe, moins d'une quinzaine ont mis ces processus en vigueur, la sortie ne sera donc pas immédiate mais progressive. Les différentes "sorties de prime" vont certainement affecter les marchés. D'autre part, les immatriculations ont surtout concerné les petites voitures au détriment des grosses et donc de la rentabilité des équipementiers.

Retrouvez l'intégralité de cet entretien et de la présentation d'Equip'Auto 2009 dans notre prochaine édition du JA (n° 1094).

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