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Pourquoi Wilov reste en retrait de la polémique sur l'assurance automobile ?

Un capteur et une application sont nécessaires au bon fonctionnement du système imaginé par Wilov.

Pourquoi Wilov reste en retrait de la polémique sur l'assurance automobile ?

Alors que les échanges sont vifs entre les représentants des assureurs et des consommateurs, un acteur de l'assurance se sent moins concerné. La raison se trouve dans son modèle économique de rupture. Et les changements sociétaux jouent en sa faveur.

 

L'UFC-Que Choisir attaque, la Fédération française de l'assurance rétorque. Depuis plusieurs semaines maintenant, les échanges sont vifs entre les deux associations qui représentent respectivement les consommateurs et les assureurs. L'enjeu portant sur la rétribution des primes versées, puisque le niveau d'accidentologie a baissé en France durant le confinement synonyme de chute du trafic routier. "L'UFC est dans son rôle en portant réclamation, mais les assureurs doivent respecter la Loi de solvabilité et couvrir les risques futurs. Le trait est forcé des deux côtés, mais chacun a des arguments à faire valoir", regarde Pierre Stanislas, le cofondateur de Wilov.

 

Un débat auquel il a néanmoins du mal à participer s'estimant en décalage avec l'ordre établi. Et pour cause, la start-up dont il a pris la direction a fondé son concept sur la volonté de changer le monde de l'assurance automobile. "Nous sommes trois associés, dont deux viennent du monde de la banque et un a évolué dans les télécommunications, nous avons donc abordé ce marché avec un tout autre œil", revient-il sur la genèse de Wilov. Ne concevant plus de payer à l'année et trouvant le modèle du paiement à l'usage (Payd) en décalage avec les statistiques, leur idée est alors simple : facturer à la journée.

 

Pierre Stanislas défend une certaine logique qui s'applique en particulier dans les métropoles, où l'usage de la voiture recule au profit d'autres solutions de mobilité plus pratiques au quotidien. Il rappelle que 2/3 des accidents ont lieu à moins de 15 km du domicile, or les résidents de zones urbaines ont tendance à sortir leur véhicule pour des longs trajets où la vigilance est accrue et donc le risque moindre. "Il faut leur proposer une solution calculée sur la fréquence et non le temps ou la distance parcourue, qui ne leur correspond pas. Nous ne sommes pas marketing, nous sommes mathématiques", positionne-t-il Wilov.  

 

Adapté à la mode du télétravail

 

Le système de la start-up combine un capteur dans le véhicule et une application mobile. A partir du moment où le client se met en mouvement, alors un forfait d'un cycle de 24h s'active. Des périodes facturées 1 euro qui s'ajoutent au forfait mensuel de 20 euros par mois. De fait, Wilov avance pour argument de réduire la note de 30 à 50 % par rapport à la concurrence, en offrant systématiquement une couverture complète. "Alors quand nos clients sont confinés, ils ne payent que l'abonnement qui sert avant tout à assurer le bien quand il est stationné. Raison pour laquelle nous ne nous reconnaissons pas dans le sujet qui fait polémique", clos le débat Pierre Stanislas.

 

Pour palier à toute fraude, le contrat prévoit qu'en cas de sinistre sans activation du capteur, le montant de la franchise est doublé. Wilov continue en effet d'assurer le véhicule pour ne pas pénaliser les automobilistes qui par mégarde aurait oublié leur téléphone avant de monter à bord. Une mesure qui se veut donc avant tout dissuasive. 

 

La question de la sinistralité post-confinement n'est pas éludée pour autant. Wilov l'anticipe. Les premières semaines devraient enregistrer une hausse, liée à la perte des réflexes. Mais le cofondateur nuance les craintes, trouvant au passage un nouvel argument en sa faveur : "La Chine est un pays industriel, ce qui implique une présence physique, alors qu'en France, notre économique de service largement digitalisée va de plus en plus adopter le télétravail et donc engendrer une baisse des déplacements." Un profond changement sociétal qui sied au modèle économique de l'entreprise en préparation de nouvelles offres pour la rentrée de septembre.

 

Pour l'heure Wilov compte quelques milliers de clients. La start-up ne communique que très peu, laissant ses ambassadeurs recruter autour d'eux. Répartis de façon homogène sur le territoire national, ils ont en moyenne 31 ans. Souvent, ils viennent assurer l'unique voiture d'un foyer situé en zone très urbanisée, mais aussi celle qui en zone péri-urbaine ne bouge que très peu. "Nous avons beaucoup de clients qui souscrivent pour le véhicule qui sert pour la pratique de loisirs ou aller à la déchetterie, relève le cofondateur, mais plus généralement, ils nous confient leur familiale qui ne sert que certains week-end".

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