Loeb sur sa lancée
...et leur Xsara WRC ont pris le large dès le départ, creusant un gouffre avec la concurrence par le biais de sept meilleurs temps, sur les huit possibles. Et pour cause. Dans l'ES4 ouvrant la deuxième boucle de la première étape, Seb "fit la trace" dans 12 kilomètres de boue. "Une glaise épaisse, comblant les sculptures des pneus, les transformant en slicks, raconte-t-il. Comme lorsque l'on part en aquaplaning, la voiture s'embarquait dans des travers imprévisibles… J'ai pris le parti d'éviter soigneusement toute faute." Reste que, au soir de la première journée du rallye de Turquie, l'Alsacien possédait déjà plus d'une minute d'avance sur un excellent Gigi Galli au volant d'une Mitsubishi Lancer retrouvée. Le lendemain, dès la première spéciale, une durit de turbo lâche sur la voiture japonaise, et l'Italien dégringole au classement. Résultat, comme à l'accoutumée, Solberg et Grönholm se retrouvent au coude à coude pour le gain de la deuxième place, devant un excellent Carlos Sainz. En fait, le Norvégien et le Finlandais semblent résignés, dès la première étape. Les propos de ce dernier vont dans ce sens : "Nous avons fait de notre mieux, sans aucun problème mécanique, mais il semble que nous ne pouvons pas nous battre pour la victoire. Nous allons nous battre pour la deuxième place, continuer sur le même rythme et essayer de marquer le maximum de points pour Peugeot et pour nous."
Le record de cinq succès consécutifs réalisé par Didier Auriol semble désormais à la portée du pilote Citroën
Finalement, le géant finlandais terminera sur la troisième marche du podium à 1'15''3 de Loeb, Solberg, sur la deuxième marche, comptant pour sa part 59''6 de retard. Evidemment, le pilote Subaru fait désormais les comptes : "Entre Sébastien et moi, il y a treize points d'écart, mais cela représente un paquet de victoires à aligner pour aller le chercher parce que, de son côté, il n'y a aucune raison que ça s'arrête ! D'autant qu'il pourrait presque se contenter de deuxièmes places pour s'assurer un nouveau titre." Effectivement, en s'imposant comme l'an dernier à Kemer, Sébastien Loeb/Daniel Elena ont remporté leur quatrième rallye mondial de rang, une série réussie par Timo Salonen en 1985 et par Miki Biasion entre la fin de la saison 1988 et le début de la suivante. Le record de cinq victoires consécutives réalisé par Didier Auriol en 1992 semble même accessible. Bref, côté constructeurs, Peugeot "limite les dégâts" en conservant son leadership grâce, également, à la 5e place de Markko Märtin. Mais l'étau se resserre puisque Citroën n'est plus qu'à 4 points (72 points à 68) grâce à la très belle 4e place de Carlos Sainz. Guy Fréquelin ne manque pas de mettre en avant la performance du Madrilène : "Pour son retour, Carlos a eu droit à des conditions de route rendues très difficiles par la météo, souligne-t-il. Il n'a commis aucune faute. C'est une performance exceptionnelle, digne de l'immense champion qu'il est." De quoi amener le patron de Citroën Sport à demander à Carlos une dernière faveur : son ultime participation en tant que pilote officiel Citroën pour le Rallye de Grèce (du 22 au 24 juin). Après mûre réflexion, Carlos Sainz vient de donner une réponse positive en précisant de façon très appuyée que cette aide supplémentaire sera bien la dernière. Après… On ne l'y reprendra plus !
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