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Industrie

EVS21 : envisager l’après-pétrole

Publié le 11 février 2005

Par Alexandre Guillet
5 min de lecture
Entièrement dédié aux énergies non polluantes, l'EVS, 21e du nom, ouvrira ses portes au Grimaldi Forum de Monaco du 2 au 6 avril 2005. Un Salon à part entière, certes, mais surtout un symposium réunissant les sommités scientifiques du monde entier venues discourir pour envisager le monde automobile...
Entièrement dédié aux énergies non polluantes, l'EVS, 21e du nom, ouvrira ses portes au Grimaldi Forum de Monaco du 2 au 6 avril 2005. Un Salon à part entière, certes, mais surtout un symposium réunissant les sommités scientifiques du monde entier venues discourir pour envisager le monde automobile...

...de l'après-pétrole.


En paraphrasant André Malraux, on peut avancer que "la voiture du futur roulera propre ou ne roulera pas". Partant de ce postulat, le Salon EVS (Exposition et Symposium mondial des véhicules électriques à batterie, hybrides et à pile à combustible) prêche les bienfaits des énergies alternatives au tout pétrole depuis 1969, sur tous les continents… En 2003 à Palm Beach, en 2006 à Yokohama et, cette année, à Monaco. Le fait que le rocher princier ait été choisi par l'Avere - l'association européenne organisatrice - pour accueillir la 21e édition de l'EVS ne doit rien au hasard. En effet, depuis dix ans, nonobstant ses 2 km2 de superficie, Monaco mène une véritable politique d'incitation à l'utilisation d'automobiles propres : prime de 30 % du prix d'achat pour une voiture électrique, subvention forfaitaire de 3 000 euros pour les hybrides, vignette gratuite pour ce type de véhicules et, enfin, recharge gracieuse des véhicules électriques dans les parkings publics. Certes, pour l'heure, seule 0,5% de la population monégasque a cédé aux chants des déplacements propres et durables. Pour autant, tous les constructeurs de véhicules à moteur épousent aujourd'hui la cause environnementale. Et, sur la centaine de stands présents cette année, seront visibles non seulement des automobiles, mais aussi des véhicules industriels, des bus et des bateaux, Méditerranée oblige.

Au cœur de l'événement, un symposium déjà riche de 319 solutions environnementales

Plus qu'un simple Salon donnant à voir nouvelles technologies et carrosseries rutilantes, l'EVS se veut également groupe de travail. Ainsi, du 2 au 4 avril, 15 000 visiteurs, consommateurs éventuels, seront attendus au Grimaldi Forum et seront invités à participer aux "drive tests" sur route et sur circuit. Tandis que, du 4 au 6 avril,seuls seront accueillis les professionnels venus assister au symposium, véritable cœur de l'événement. Après une sélection drastique, 319 travaux relatifs aux aspects techniques, scientifiques et économiques que soulève la marginalisation des véhicules propres seront présentés lors du symposium ; 319 "papiers", lus, discutés, voire vulgarisés pour le grand public; 319 forces de pro- position émanant des quatre coins du monde qui seront attentivement suivies par près de 1300 participants. L'environnement est bel et bien devenu aujourd'hui le défi de demain. Défi automobile, international et humain.


A.D. et A.G.


 





QUESTIONS À:

H.-E. BERNARD FAUTRIER, Président d'EVS21


"Les hybrides représenteront bientôt 15 à 20 % du marché "

Journal de l'Automobile. Nous voici à l'aube du 21e EVS, pouvez-vous revenir sur la genèse de l'événement et sur ses principales dates clefs ?
H.-E. Bernard Fautrier. EVS est né de la conjonction des préoccupations environnementales des scientifiques et de la nécessité de trouver des alternatives au tout pétrole. Au départ, l'engagement des acteurs de l'industrie automobile était plutôt timide… Puis le Salon a pris de l'envergure avec les premiers chocs pétroliers et la première vague des solutions "tout électrique". Ces solutions n'ont pas suscité un gros engouement du public pour trois raisons : un manque de conviction général, leurs propres faiblesses techniques et un évident manque de suivi sur le front de l'après-vente. Mais il y a eu de nouveaux chocs pétroliers et, aujourd'hui, tout le monde a conscience que le pétrole n'est pas éternel. En outre, les progrès de la recherche ont été considérables avec l'hybridation, l'hydrogène et des solutions électriques avec des batteries très performantes. Bref, aujourd'hui, une réelle évolution culturelle se fait sentir sur l'ensemble de la chaîne, des concepteurs aux chercheurs en passant par les consommateurs.

JA. On a parfois l'impression que les choses évoluent encore lentement, qu'il y a toujours des réticences… Partagez-vous ce sentiment ?
H-E. BF. Ce n'est certes pas tout à fait faux mais, d'une manière générale, les choses vont dans le bon sens. Par exemple, tous les constructeurs d'importance travaillent aujourd'hui sur les pistes de l'hydrogène avec des moyens significatifs. Dans le domaine des hybrides, les Japonais sont déjà très avancés et les Américains sont sur leurs talons. Dans un avenir assez proche,les véhicules hybrides représenteront entre 15 ou 20 % du marché mondial. Regardez les ventes de Prius, des cinq modèles de Honda, du Ford Escape et des autres 4x4.Ces modèles séduisent les clients et les constructeurs parviennent désormais à concevoir des véhicules qui font rimer environnement et plaisir.

JA. Selon vous, quels pays font actuellement figure de locomotive tant au niveau de la recherche que de la volonté des pouvoirs publics et des consommateurs ?
H-E. BF. Comme je l'indiquais à l'instant, l'industrie automobile japonaise me paraît avoir une longueur d'avance.Alors même qu'elle avait ignoré le tout électrique il y a quelques années… Les Américains sont aussi bien placés et les gigantesques partenariats qui se nouent dans leur pays sur le sujet témoignent d'une volonté de réussir rapidement. Par ailleurs, il est vrai que les Européens ont un peu de retard. Mais EVS sera peut-être l'occasion d'une bonne surprise… D'autant qu'ils ont bien perçu que les solutions électriques étaient une réponse adaptée à l'enjeu du déplacement purement urbain. Enfin, il serait imprudent de sousestimer les Indiens.

JA. Quelles propositions business mettez-vous en avant pour attirer exposants et investisseurs potentiels sur votre Salon ?
H-E.BF. Très honnêtement, ce n'est pas notre préoccupation première. Au niveau de la commercialisation de l'espace d'exposition, nous sommes déjà au top et nous envisageons même quelques hypothèses d'extension. Il y a donc adhésion à l'événement. Avec sans nul doute un effet Monaco. D'autant que Monaco s'investit dans l'automobile, pas sous un angle industriel, ce serait impossible,mais en accueillant des bureaux d'études et en développant le volet commercial du marché. En revanche, avec EVS, nous cherchons vraiment à toucher le grand public et les responsables politiques. Au regard de ce que nous avons programmé cette année, j'ai bon espoir que nous y parvenions.

Propos recueillis par A.G. et A.D.

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