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Industrie

Catalyseur de croissance

Publié le 14 mai 2004

Par Christophe Jaussaud
6 min de lecture
Ce n'est pas une surprise, le marché de l'échappement régresse en volume. Une baisse structurelle en partie compensée par la montée en puissance du pot catalytique et de la technologie d'une manière générale. Les rapports de force entre les différents réseaux semblent tourner à l'avantage de ceux...

...des constructeurs.


A l'Ouest rien de nouveau. Il faudrait plutôt regarder à l'Est. En effet, le marché de l'échappement en Europe de l'Ouest continue inexorablement de baisser en volume. En effet, la progression du pot catalytique dans la rechange ne compense pas le recul toujours plus sensible des autres éléments de la ligne d'échappement. A l'échelle de notre continent, les 50 millions d'unités de l'année 2000 sont loin. Chaque année, le marché recule d'environ 8 %. Selon cette logique, le marché 2003 a dû représenter plus ou moins 39 millions de pièces. Mais le




En chiffre

1993

C'est en 1993, le 1er janvier, que le pot catalytique est devenu une obligation pour les véhicules neufs fonctionnant à l'essence. Le Diesel suivra 4 ans plus tard, le 1er janvier 1997. Aujourd'hui, 70 % du parc roulant en France est équipé d'un tel pot

pire reste à venir car, selon ArvinMeritor, qui possède les marques Rosi et Metal'Cat, dans les cinq prochaines années, le volume d'échappements vendus devrait encore reculer de 12 % par an. Pour retrouver le sourire, il faut regarder à l'Est, puisque cette partie de l'Europe devrait continuer de croître à un rythme de 2 % par an. La France étant un pays de l'Europe de l'Ouest, pas de miracle. Le marché 2003 aurait reculé de 8 %, représentant un volume de 4 millions d'unités. Rappelons qu'en 2001, c'était 4,75 millions d'unités qui avaient été remplacées dans l'Hexagone. Toutefois, ce repli était attendu et les fabricants ont su préserver leur chiffre d'affaires grâce aux innovations et au pot catalytique.

Les volumes baissent toujours…

Le marché de l'échappement se trouve donc dans une situation qui n'a rien d'étrange dans le monde automobile actuel. Les constructeurs sont de plus en plus exigeants vis-à-vis de leurs fournisseurs, que ce soit sur la qualité ou sur le développement des produits. Dans les années 80, l'espérance de vie d'un silencieux était de deux à trois ans alors qu'aujourd'hui, un remplacement avant cinq années paraît presque suspect ! L'utilisation d'acier inoxydable, depuis 1995, contribue notamment à cet effet. De plus, concernant la France, le rôle du Diesel est non négligeable. En effet, un véhicule roulant au gasoil est moins consommateur d'échappement qu'un semblable fonctionnant au sans plomb. Mais cette longévité accrue est compensée financièrement puisque le prix de revient d'un échappement est en constante hausse. Les impératifs liés à la dépollution des véhicules demandent l'amortissement de sommes considérables dépensées en recherche et développement auxquels il faut associer un facteur conjoncturel cette fois, la hausse du prix de l'acier. Les eldorados économiques, comme la Chine et l'Inde notamment, en demandent une telle quantité pour assurer leur croissance que les cours s'envolent. La répercussion de cette forte hausse des matières premières sera bientôt effective. Un autre phénomène explique également l'activité soutenue dans ce secteur, en première monte, avec la multiplication des modèles dans les gammes constructeurs.

... mais les fabricants résistent grâce à la diversification

Appelé pot catastrophique à ses débuts, tant sa présence muselait les mécaniques, le pot catalytique est aujourd'hui totalement intégré sans nuire aux performances de l'automobile et, en plus, il est quasiment devenu le sauveur du marché de l'échappement. En effet, c'est le seul élément de la famille à connaître une croissance




En chiffre

67,5 %

C'est la part de la rechange sur le marché de l'échappement avec 2,7 millions d'unités sur un total de 4 millions. Un marché total qui ne cesse de baisser, - 18 %, passant de 4,75 millions en 2001 à 4 millions en 2003.

durable. En 2003, 2,9 millions de catalyseurs ont été vendus en Europe. Un chiffre qui devrait encore croître de 10 % par an ces cinq prochaines années. En France, la croissance est encore plus soutenue. "Le marché a gagné environ 30 % en 2003", affirme Georges-Henry Descos, responsable marketing de Tenneco Automotive France. "Toutefois, cette progression importante en valeur absolue s'explique par des volumes encore relativement faibles", tempère le responsable marketing de Tenneco (Walker). Mais le potentiel de croissance est bien là car, aujourd'hui, 70 % du parc roulant français en est équipé. Un parc âgé de plus de 7 ans, justement l'âge à partir duquel 55 % des opérations sur l'échappement sont effectuées. Une situation qui laisse augurer d'une croissance annuelle de 30 % sur les cinq prochaines années. Pour l'heure, s'il est vrai que le poids du pot catalytique en volume est relativement faible, en termes de chiffre d'affaires le rapport se modifie. En effet, un pot catalytique reste 5 fois plus cher qu'un silencieux. De plus, autour de ce business se greffe celui des sondes lambda. Nombres d'acteurs du marché disposent aujourd'hui d'une offre conséquente en la matière. Ainsi regardé, le secteur de l'échappement, qui pourrait apparaître comme mal en point à la vue des chiffres de ventes en continuelle baisse, ne l'est en fait pas.

Les réseaux constructeurs semblent gagner du terrain

Cette problématique de volume et de prix est aussi valable dans les différents canaux de distribution où les parts de marché sont loin d'être figées. Petit rappel concernant les pièces d'échappement hors catalytique. Il y a quatre ans, les constructeurs détenaient 30 % du marché, les spécialistes 28 %, les centres-autos 20 %, les MRA 11 %, les stations-service 2 % et les 9 % manquants étaient classés en divers. Aujourd'hui, si tous ces intervenants connaissent bien évidemment un tassement de leur activité échappement, le rapport de force a évolué en faveur des constructeurs. Selon le Gipa, la répartition entre les différents canaux de distributions a évolué en faveur des réseaux constructeurs. En 2002, la dernière année avec des statistiques complètes, les réseaux constructeurs représentaient environ 1/3 du marché alors que les spécialistes reculaient à 23 % et que les centres-autos et les MRA se maintenaient avec respectivement 20 et 12 %. Une performance des constructeurs qui est sûrement le fruit de leur politique sur l'après-vente et s'explique également par la montée en puissance du pot catalytique. Une situation 2002 qui selon toutes vraisemblances n'a pas été bouleversée en 2003. "Pour relancer le marché, il faut pousser l'ensemble des réparateurs vers un diagnostic systématique de la ligne d'échappement accompagné par un passage à l'analyseur quatre gaz qui va permettre de découvrir d'éventuels problèmes de pot catalytique et de sonde lambda et ainsi générer des remplacements", affirme Georges-Henry Descos. Une chasse aux polluants, accompagnée par de la formation sur le terrain, que le récent rapport sur la pollution atmosphérique automobile va peut-être accélérer.

Christophe Jaussaud

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