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Industrie

Automobile : Bruxelles repousse son plan "made in Europe", Paris remet la pression sur la préférence européenne

Publié le 21 janvier 2026

Par Catherine Leroy
3 min de lecture
Bruxelles reporte une nouvelle fois la présentation de son plan destiné à favoriser le "made in Europe" dans l’automobile, au cœur d’âpres négociations entre États membres. Dans ce contexte, la France remet la pression et réclame une préférence européenne imposant 75 % de contenu local pour les voitures électriques.
Stéphane Séjourné-plan_automobile
Bruxelles repousse une nouvelle fois la présentation de son plan destiné à favoriser le "made in Europe" dans l’automobile, au cœur d’âpres négociations entre États membres. ©Commission européenne

Attendu initialement en décembre, puis annoncé pour le 29 janvier, le projet de loi européen dit "d’accélération industrielle", qui doit inclure des mesures de préférence européenne et de contenu local, ne sera finalement pas dévoilé à cette date. Mardi 20 janvier 2026, le cabinet du commissaire européen Stéphane Séjourné a confirmé ce nouveau report, sans annoncer de calendrier définitif. La date du 25 février 2026 est avancée, mais sans aucune certitude.

 

Selon le cabinet du vice-président de la Commission européenne, ce délai doit permettre de "maintenir le très haut niveau d’ambition" du texte dans le cadre des discussions internes. Tout en assurant qu’il ne renoncera pas au mandat politique confié par les États membres lors du dernier Conseil de compétitivité, ni au soutien des entreprises qui appuient l’initiative.

 

La "préférence européenne", au cœur des tensions entre États membres

 

Derrière ce report se dessine un débat de fond très sensible : faut-il conditionner les aides publiques à l’utilisation de composants fabriqués en Europe ? Cette notion, défendue avec vigueur par la France, vise notamment à protéger la filière européenne des batteries et plus largement l’écosystème du véhicule électrique.

 

Mais d’autres États membres, au premier rang desquels l’Allemagne, s’y opposent : Berlin redoute une hausse des coûts d’approvisionnement pour ses constructeurs et un affaiblissement de leur compétitivité sur les marchés mondiaux.

 

Sébastien Martin veut un contenu local de 75 % pour les voitures électriques

 

Au lendemain de ce nouveau report bruxellois, le ministre délégué à l’Industrie, Sébastien Martin, a remis le sujet sur la table. En visite le 21 janvier 2026 dans l’usine Renault de Douai (Nord), il a réclamé que l’Europe impose une préférence européenne en "exigeant un contenu local de 75 %" de la valeur des voitures électriques.

 

"Il faut que l’Europe se fixe le même objectif de 75 %, car les autres continents le font", a-t-il déclaré à l'AFP, estimant que cet objectif implique une montée en gamme industrielle, un effort sur les procédés et un travail renforcé avec les sous-traitants. Selon lui, la France serait en train d’obtenir cet objectif.

 

Maintien des aides à l’achat, inquiétude pour les sous-traitants du thermique

 

Le ministre a également confirmé que la France continuerait en 2026 à soutenir le marché du véhicule électrique, en maintenant les aides à l’achat à hauteur d’un milliard d’euros, malgré les contraintes budgétaires. Le montant de la prime par véhicule doit même augmenter, selon le ministère.

 

Mais Sébastien Martin a également alerté sur les effets collatéraux de la transition, notamment pour les sous-traitants de la filière thermique. Au lendemain de l’annonce de la fermeture d’une usine Bosch à Moulins, il a rappelé que le marché automobile reste déprimé : "On vend 25 % de véhicules en moins qu’avant la pandémie de Covid". Et même si les ventes d’électriques progressent, les voitures thermiques représentent encore 80 % des véhicules vendus.

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