S'abonner
Constructeurs

Philippe Nemeth, directeur du département Mobilité et Transport du Strate College

Publié le 14 février 2012

Par Alexandre Guillet
3 min de lecture
Verbatim
Verbatim

“Depuis deux-trois ans, il se passe des choses très intéressantes dans le domaine de la mobilité. Il y a toujours de la place pour les designers automobiles, mais il convient de garder des promotions réduites. Actuellement, avec les synergies qui apparaissent entre différents acteurs de la mobilité, c’est l’interdisciplinarité qui paie”.

“Il y a donc toujours de la place pour les stylistes automobiles et la demande reste notamment très forte pour le design intérieur. Mais nous cherchons donc à les familiariser avec des compétences différentes et à garder un certain “bon sens paysan”. A partir d’un moment, les beaux croquis, je m’en fiche ! En France, nous avons parfois tendance à être trop utopiques, à évoluer dans la poésie de la mobilité ou de l’environnement, sans rester aux prises avec le marché… Dans ses interventions, Carlo Bonzanigo répète souvent aux étudiants que le designer va jusqu’au bout d’un projet de quatre ans. Il n’y a pas que le dessin initial, la bonne idée et le gel du style. Après, il faut être capable de négocier, de suivre la pré-production, de faire des retouches de CAO etc…”.
“Nous développons un programme en collaboration avec l’Estaca, ce qui permet à de jeunes ingénieurs et designers d’apprendre à travailler ensemble. Pour nos étudiants, c’est aussi une manière de savoir rester dans les clous d’un business-modèle viable. Cette année, c’est un architecte qui supervise ce programme, ce qui est très fécond car il jouit d’une double légitimité. Nous développons ainsi des cours très holistiques”.

“Nous participons aussi au CPI avec l’Estaca et l’Essec et avec des partenaires comme Renault, PSA, Total, Société Générale, Cofiroute… C’est important pour nos étudiants, afin d’apprendre à s’exprimer clairement et à présenter un projet efficacement en peu de temps”.

“La 3D prend de plus en plus d’importance et cette année, nous pouvons compter sur les précieuses interventions de Gérard Asensio pour aider les étudiants à passer de la 2D à la 3D. Là encore, s’il faut être créatif, il ne faut pas laisser aller à être trop poétique. A un moment, il est plus important de voir des masses que des jantes !”.

“La force du Strate College, c’est son réseau. Dans mon département, c’est donc notamment la relation avec les constructeurs et avec nos anciens étudiants qui y travaillent. En tant que “petit poucet”, c’est notre moyen pour rivaliser avec des institutions comme le Royal College of Art ou l’école de Pforzheim”.

“Autolib’, c’est intéressant pour un designer, car cela renvoie à imaginer un scénario et à démontrer un système. Cependant, au plan prosaïque, est-ce vraiment la bonne solution ? N’était-ce pas plus simple de s’attaquer au numerus clausus et à la culture des taxis à Paris ? Sachant que quatre millions de personnes prennent le métro chaque jour, n’était-ce pas plus efficace de s’attaquer au problème par le front des transports en commun ? Bref, c’est sans doute une belle vitrine de technologie servicielle pour la France, mais fondamentalement, le concept reste anecdotique”.

Vous devez activer le javacript et la gestion des cookies pour bénéficier de toutes les donctionnalités.
Partager :

Sur le même sujet

Laisser un commentaire

cross-circle