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Constructeurs

Le business model de Nissan Europe ne sera plus viable en cas de Brexit sans accord

Publié le 24 février 2020

Par Catherine Leroy
3 min de lecture
Gianlucca De Ficchy, président de Nissan Europe, réaffirme les incertitudes qui pèsent sur Nissan en Europe en cas de Brexit sans accord. Le constructeur doit également revoir sa stratégie industrielle en Espagne sur le site de Barcelone.
Gianlucca de Ficchy, président de Nissan Europe, a réaffirmé les incertitudes sur la viabilité de Nissan en Europe en cas de Brexit sans accord.


Si le Brexit est bel et bien effectif depuis le 31 janvier 2020, les incertitudes ne sont pour autant pas levées. Les conditions concrètes de sorties de la Grande-Bretagne de l'Union européenne plongent toujours Nissan Europe dans l'incertitude sur sa présence possible sur le sol européen. "Le Brexit en soi ne nous pose pas de problème mais même si le contexte a changé, les incertitudes persistent quant à la circulation des biens et des services et les taxes qui seront appliquées", a avancé Gianlucca De Ficchy, président de Nissan Europe lors d'une réunion avec les journalistes.  

 

La Grande-Bretagne doit négocier ses conditions de sorties avant la fin du mois de décembre 2020 ou demander un délai de prolongation avant le 31 juillet 2020. "Sur 100 véhicules produits dans l'usine de Sunderland, où sont assemblés le Qashqai, le Juke et la Leaf, 75 partent à l'export sur le continent européen. Si les taxes douanières s'élèvent à 10 %, le business model de Nissan Europe ne sera plus viable", a-t-il poursuivi. 

 

Le constructeur doit faire face à une double problématique en Europe. D'une part, une baisse importante de ses immatriculations de 19,6 % en 2019 avec 380 982 unités, et d’autre part une refonte de sa stratégie industrielle. "Nous sommes toujours en phase de transition de cycle", avance Gianluca De Ficchy. "Nous avions l'habitude d'avoir une approche très agressive d'un point de vue commercial et nous avons souhaité remettre à plat toute l'équation avec des ventes plus saines. Nous avons nettoyé tous les stocks et cette opération de nettoyage a pris du temps. 2020 verra une nouvelle fois une baisse de nos immatriculations en Europe."

 

Côté industriel, une complète réorganisation doit être opérée, dans un premier temps en Espagne dans l'usine de Barcelone qui produit le Nissan Navara et le pick-up Mercedes Classe X. Mais toute la difficulté va être de trouver un équilibre qui permette de rester en Europe. Un Brexit sans accord signifierait une relocalisation totale de la production, ce qui est impossible compte tenu des 30 000 emplois qui gravitent dans et autour du site de production de Sunderland. "Transférer l'usine de Sunderland sur le continent priverait les 2 000 concessionnaires en Europe de produit durant de très longs mois", a ajouté le président de Nissan Europe.   

 

Nissan, qui déploie depuis la fin de l'année 2019 son nouveau Juke, reconnaît que d'ores et déjà que le constructeur n'aurait pu exister en Europe sans l'aide de Renault qui lui appote ses moteurs, ses transmissions mais aussi des plateformes communes.

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