...ailleurs, Citroën a vraiment marqué les esprits. Résultat : quatre nominés dont deux sérieux prétendants pour la distinction finale.
Sébastien Loeb
Un véritable plébiscite pour le champion du monde des rallyes WRC ! Il est vrai qu'au-delà d'une deuxième couronne mondiale consécutive, le jeune pilote surdoué de seulement 31 ans affole tous les compteurs. Sa saison 2005 : 10 victoires - dont 6 de suite, une première ! - sur 16 épreuves pour un total de 127 points, soit 56 points d'avance sur ses dauphins Marcus Grönholm et Petter Solberg ! Son palmarès, et notamment ses 20 victoires en championnat du monde, qui s'approche déjà de celui des plus grands de l'histoire des rallyes. Hallucinant pour un pilote qui n'a que trois saisons pleines en WRC. Ses records, ceux qu'il a déjà battus (nombre de points marqués en une saison, rallyes remportés sur une saison, rallye remporté en gagnant toutes les spéciales…) et ceux qu'il ne manquera pas de battre dans les années - les mois… - à venir. Bref, un champion hors normes. Mais si l'alsacien fait chavirer le jury, c'est aussi, et peut-être même surtout, pour ses qualités d'homme. Loeb, c'est un peu l'archétype plaisant de l'anti-star, affichant une disponibilité et une humilité parfois déconcertantes. Par ailleurs, lors du rallye de Grande-Bretagne, son geste chevaleresque, c'est-à-dire son refus d'être sacré champion du monde à l'issue d'une épreuve endeuillée par le décès de Michaël Park, a frappé les esprits. Mens sana in corpore sano. Enfin, sa loyauté envers Citroën, dans le contexte difficile d'une saison placée sous l'incertitude du retrait de la marque du WRC, a séduit. Bref, le "Bjorn Borg du rallye" comme le surnomme Guy Fréquelin pour vanter son calme, est le grand "vainqueur" du 1er tour de l'élection. Au vu de la probité dont il ne se départit jamais, gageons qu'il aimerait qu'on associe Daniel Elena, son complice et son ami depuis 1997, à son éventuelle élection.
Claude Satinet
En 2005, Citroën a crevé l'écran. En sport, grâce à Sébastien Loeb et Guy Fréquelin notamment. Dans le domaine du style, grâce à Jean-Pierre Ploué et son équipe. Mais aussi commercialement, avec une croissance sur tous les marchés en des temps pourtant délicats : + 3,1 % en France, + 6,6 % en Europe occidentale, et + 15,9 % sur les autres marchés. Il est donc logique de vouloir rendre hommage à Claude Satinet, l'homme qui préside aux destinées de la marque et chapeaute toutes ses activités. D'autant qu'il est en place depuis plusieurs années, qu'il a connu l'heure des chevrons moribonds, et qu'on peut donc lui attribuer pleinement les résultats de cette année. En outre, il a su faire preuve de modernité, voire d'audace, en encourageant le rafraîchissement de l'image de la marque. Les deux versions C4 et la C6 en témoignent. Par ailleurs, un membre du jury tient à souligner la force de caractère d'un dirigeant qui sait "dire non à Jean-Martin Folz en certaines occasions". Bref, si 2005 est l'année Citroën, elle est forcément l'année Satinet.