...l'avenir du Diesel et les défis qu'il doit relever dans le futur.
Journal de l'Automobile. Que représente aujourd'hui Siemens sur ce marché de la technologie Diesel ?
Henri dupont. D'une manière globale, l'activité automobile était il y a encore une dizaine d'années une activité parmi d'autres dans notre groupe, sans réelles priorités. Même si cette activité n'apparaissait pas comme stratégique, le board de l'entreprise suivait bien évidemment son évolution et le marché. Aujourd'hui, les choses ont changé, le business automobile, avec un chiffre d'affaires de 9 milliards d'euros, est la deuxième activité du groupe Siemens. Le marché mondial de l'électronique automobile est un marché très disputé. Celui du Diesel est dominé par la technologie du Common Rail avec le système solénoïde et il y a une forte compétition à laquelle Siemens, bien sûr, participe. D'ailleurs, de par le monde, toutes nos équipes internationales y travaillent d'arrache-pied avec pour objectif d'être numéro 2 d'ici deux ans.
JA. Vous venez d'évoquer la technologie solénoïde, dont certains fournisseurs pensent qu'elle a encore un bel avenir face au piézo car elle est moins chère et plus facile à mettre en œuvre sous les capots. Est-ce votre avis ?
Hd. Effectivement, il y a un débat important. Si les solénoïdes sont moins chers à mettre en œuvre, il faut toutefois regarder le coût global, notamment en intégrant la dépollution. Avec cette approche, on se heurte alors rapidement aux normes antipollution. Les futurs niveaux de la norme Euro V sont aujourd'hui la grande inconnue dans le monde du Diesel. Bien qu'il n'y ait pas encore de décisions définitives, plusieurs scénarios sont évoqués. L'un d'eux prévoirait de réduire de moitié les niveaux de la norme Euro IV. Pour les particules, à 0,025 g/km aujourd'hui, on évoque 0,0125 g/km, voire même 0,008 g/km. Dans cette optique-là, les injecteurs piézo-électrique nous permettent d'obtenir une dépollution plus facilement, de par leur flexibilité, du fait de la multi-injection rapide qui nous laisse mieux maîtriser les petites quantités injectées. Nous allons d'ailleurs bientôt monter en série des systèmes de bouclage des quantités pilotes injectées, ces très petites quantités, et cette combinaison de stratégie système de bouclage associée aux injecteurs piézo-électrique va encore permettre de repousser les limites et améliorer la prestation antipollution. La deuxième composante est le poids des véhicules. En l'espace de huit ans, un véhicule moyen de 1 100/1 200 kg est passé à 1 700/1 800 kg ! Pour un moteur Diesel, ce fait n'est pas neutre. Ceci étant, je pense qu'il existe une place pour les solénoïdes en entrée de gamme et c'est pour cette raison que, sur ce domaine, nous coopérons avec Magneti-Marelli depuis fin 2004.