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BMW Group France : l’optimisme mesuré de Vincent Salimon pour 2026

Publié le 28 janvier 2026

Par Damien Chalon
6 min de lecture
Le président de BMW Group France voit le marché automobile français remonter à 1,7 million de voitures en 2026, dont 442 000 électriques. Vincent Salimon, qui entend conserver ses marques en position de leader sur le premium, en appelle à nouveau aux pouvoirs publics pour qu’ils lèvent les freins réglementaires et fiscaux propres à la France.
bmw france 2025
En 2026, BMW pourra compter sur le nouveau iX3 et la future Série 3 électrique. ©BMW

Au jeu des pronostics pour le marché automobile français, Vincent Salimon se veut légèrement plus optimiste que la moyenne. Le président de BMW Group France entrevoit un léger rebond en 2026 et table sur un marché à 1,7 million de voitures particulières. Là où ses homologues parient sur un volume compris entre 1,6 et 1,65 million d’unités.

 

"Nous avons atteint un plancher en 2025 et les perspectives pour 2026 sont plutôt bonnes", estime-t-il. Le dirigeant observe en outre que "la deuxième moitié des décennies est toujours meilleure que la première et que les années en 6 sont souvent synonymes de reprise économique selon le cycle de Juglar". Il n’est pas allé jusqu’à convoquer les dieux de l’automobile.

 

Pour un bonus sur les VO électriques

 

Quoique… Vincent Salimon a profité de la présentation annuelle des résultats de BMW Group France pour communiquer une nouvelle fois sa liste de vœux à destination des pouvoirs publics, qui font la pluie et le beau temps sur le secteur, au gré de leurs envies fiscales et réglementaires.

 

S’il se satisfait de l’annulation du malus au poids sur les voitures électriques, une mesure qui devait initialement entrer en vigueur au 1er juillet 2026, le président de BMW Group France plaide pour l’introduction d’un bonus pour les voitures électriques d’occasion et pour la mise en place d’un abattement sur les avantages en nature pour les voitures électriques non écoscorées. Pas nécessairement à hauteur de 70 % comme c’est le cas pour les modèles écoscorés, mais à un niveau intermédiaire.

 

 

C’est à ce prix que le marché automobile reprendra des couleurs, estime Vincent Salimon. "En 2025, les ventes de voitures ont certes baissé de 5 %, mais nous avons surtout été à -26 % par rapport à 2019, ce qui n’est pas satisfaisant. Il manque plus de 400 000 voitures à l’appel, ce qui constitue un manque à gagner de 2,5 milliards d’euros pour les caisses de l’État", affirme-t-il.

 

Vincent Salimon a également profité de sa prise de parole pour lancer un défi à tout l’écosystème, celui d’atteindre 442 000 livraisons de voitures électriques en France en 2026. "Pourquoi ce chiffre ? Il s’agit du nombre de modèles électriques vendus par le groupe BMW dans le monde en 2025, confie le dirigeant. Sur un marché à 1,7 million de voitures, vendre 442 000 électriques équivaudrait à une part de marché de 26 % et à une progression de 35 %, ce qui est évidemment réalisable."

 

87 206 immatriculations en 2025

 

Dans ce contexte 2025 globalement morose, BMW Group France a livré 87 206 voitures, via ses marques BMW et Mini, soit 0,6 % de plus qu’en 2024. Une performance synonyme d’une part de marché record de 5,3 %. Ce résultat d’ensemble cache toutefois des fortunes diverses pour les deux marques, avec BMW à -9,3 % et 60 904 unités, et Mini à +34,4 % et 26 302 unités.

 

Chez BMW, en tant que marque, la principale satisfaction de Guillaume de Sazilly, récemment nommé directeur des ventes, est la place confortée sur le marché premium, loin devant Audi à 48 759 livraisons (+1,8 %) et Mercedes-Benz à 45 155 (-11,9 %). Il souligne également qu’il s’agit de la "3e meilleure année de la marque en termes de part de marché, à 3,73 %."

 

 

La marque à l’hélice, en revanche, n’a pas vraiment été au rendez-vous de l’électrique avec un repli de 0,7 % et un volume de 16 800 voitures. "Les électriques ont représenté près de 28 % de notre mix, soit huit points de plus que le marché", note toutefois le directeur des ventes. Il ajoute qu’une vente sur deux en 2025 a concerné des modèles électrifiés.

 

C’est sur le marché BtoB que BMW a été le plus en difficulté. Ses volumes ont ici chuté de 28,3 %, à 23 098 unités. L’allemand a néanmoins conservé sa place de leader du premium. La réforme des avantages en nature (AEN) n’a pas aidé à performer, coupant les ailes d’une partie de la gamme électrique. BMW n’a pu s’appuyer que sur l’i4, dont toutes les versions sont désormais écoscorées, l’iX1 et l’iX2. Seuls ces trois modèles bénéficient pour l’heure de l’abattement de 70 % sur les AEN.

 

Le contrat d'agent Mini porte ses fruits

 

Guillaume de Sazilly se dit confiant pour 2026. Outre les autonomies revues à la hausse sur les iX2 et iX2, à plus de 500 km, la marque pourra compter sur le tout nouveau iX3, attendu en concessions le 7 mars 2026. Ses débuts sont jugés très positifs et la cadence de production de l’usine a d’ores et déjà été revue à la hausse pour assurer des livraisons au troisième trimestre. La Série 3 électrique suivra en fin d'année. BMW pourra ainsi accélérer sur l’électrique, notamment en BtoB où les modèles à batterie représentent déjà plus de 55 % des commandes.

 

Fabrice de Margerie, fraîchement arrivé à la tête de Mini, peut de son côté s’appuyer sur un bilan 2025 autrement plus positif. "Après une année 2024 très compliquée, rappelle-t-il, nous avons renoué avec une forte croissance en 2025 et la marque a retrouvé la place qu’elle mérite en France". Le renouvellement de la gamme a été salutaire, au même titre que le virage électrique. Les versions électriques ont représenté 44 % des immatriculations l’an passé. Grâce à la montée en puissance de Mini dans ce domaine, le groupe a atteint une moyenne de 74,5 g/km de CO2 sur ses ventes en France en 2025. Il était à 78 g/km en 2024.

 

 

Le directeur de Mini se satisfait ensuite de la performance sur le canal des particuliers, mais aussi en BtoB. Il s’attend à une nouvelle accélération sur les flottes cette année, en partie grâce au Countryman, dont l’autonomie vient d’être améliorée, là aussi pour dépasser les 500 km. Fabrice de Margerie souligne également le succès du modèle de contrat d’agent, opérationnel pour la première année pleine en 2025. Un format de distribution qui sera d’ailleurs adopté par la marque BMW en 2027.

 

Pour 2026, Vincent Salimon et ses équipes bottent en touche sur les volumes attendus. Le président se contente de dire que les commandes sont bonnes et permettront "d’assurer une performance 2026 tout à fait acceptable". Le groupe entend bien rester leader sur le premium en France et profitera de sa présence au Mondial de l’Auto à Paris pour l’affirmer haut et fort.

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