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Fusion FCA-PSA : ce qu'en pensent les distributeurs

Si les distributeurs FCA sont optimistes, les représentants des réseaux PSA se montrent plus prudents.

Fusion FCA-PSA : ce qu'en pensent les distributeurs

Les deux groupes sont bien en négociation en vue d'une potentielle fusion. Une annonce qui incite les distributeurs PSA à la prudence, mais qui plonge dans l’optimisme ceux représentant FCA.

 

FCA n’en finit pas d’agiter l’univers automobile. Tandis que certains spéculent sur la potentielle disparition du groupe sur le Vieux Continent, d’autres pariaient encore, du moins avant ce mardi 30 octobre, sur une reprise des négociations avec Renault. Le potentiel fin mot de l’histoire est finalement tombé ce matin : par communiqué de presse, PSA a confirmé négocier avec FCA en vue d'un rapprochement, qui prendrait vraisemblablement la forme d’une fusion. Une annonce qui n’a évidemment laissé aucun distributeur indifférent avec, pour tous, quelles que soient les marques représentées, un avis unanime sur un point : l’état d’urgence, voire, de panique, dans lequel se trouve FCA. "Son empressement à s'associer à différents acteurs montre une grande urgence, ce qui est bien sûr inquiétant. Si j’étais concessionnaire Fiat, je serais bien évidemment préoccupé", souligne Christophe Maurel, distributeur des marques PSA.

 

Un rapprochement qui s’inscrit également dans une tendance de fond pour Jean-Paul Thivolle, président du groupe éponyme représentant à la fois les groupes Renault et PSA. "Il est clair que la tendance est à la concentration des constructeurs vu les ressources nécessaires aux investissements notamment dans les énergies alternatives. Il faut être présent sur tous les marchés. La fusion entre PSA et FCA a un sens comme elle en avait un avec Renault d'ailleurs."

 

Des planètes alignées

 

Pour ces observateurs privilégiés du marché, cette fusion aurait, de prime abord, davantage de probabilités d’aboutir que celle formée par le duo Renault/FCA, tuée dans l’oeuf. Une position que partage Jean-Paul Lempereur, dirigeant du groupe éponyme, distribuant à la fois les marques FCA et Opel. "PSA est surement plus à même d’emmener FCA vers le succès que Renault, dont la priorité est d’aujourd’hui gérer les tensions et consolider son alliance avec Nissan, souligne-t-il. En tant que distributeur Nissan, nous avons aussi besoin de stabilité et de visibilité pour le futur."

 

Capitalisation boursière quasi identique, élaboration de véhicules communs : les points de rapprochement entre PSA et FCA sont évidents. "Deux groupes qui se connaissent bien et qui travaillent ensemble de manière rapprochée depuis plusieurs années", note Christophe Maurel, distributeur des marques PSA. Autre point commun entre les deux groupes, un héritage familial fort. "Le noyau dur des deux groupes est toujours familial, ce qui peut aider au rapprochement, souligne Jean-Paul Thivolle. Alors que Nissan avait été écarté des négociations dans le cas Renault, il ne faut pas non plus oublier dans cette opération Dongfeng, au capital de PSA. Il est vrai que Senard avait vu dans la proposition de FCA une opportunité, mais les planètes n’étaient pas alignées."

 

"Une très bonne nouvelle", voici comment qualifie Jean-Paul Lempereur cette potentielle fusion. "En tant que distributeur FCA, nous avons besoin de la visibilité sur le futur. Alors que pour l’instant, nous sommes plutôt dans l’inquiétude : Jeep se cherche, Fiat n’a pas de plan produit et surfe depuis des années sur la vague de la 500". Le dirigeant place ses espoirs dans la capacité du groupe français à intégrer des marques étrangères, en prenant l’exemple d’Opel. "Nous connaissons la politique de Carlos Tavares et sa volonté de faire le succès d’une fusion. Nous avons eu la chance d’intégrer le giron PSA qui a opéré avec succès l’intégration et la mutation de la marque. Nous espérons maintenant que cette même mutation opère chez Fiat".

 

D’aucuns, au contraire, voient peu de possibilités d’arriver à une issue favorable pour ce feuilleton qui aurait débuté déjà en août. "Le fait que quelques semaines après les échecs de ses négociations avec Renault, FCA vienne taper à la porte de PSA rend les choses à peine crédibles", souligne David Gaist, dirigeant du groupe GCA représentant Fiat, Alfa Romeo, Jeep et Abarth.

 

Des distributeurs FCA optimistes, des représentants PSA prudents

 

Un point met en revanche tout le monde d’accord : cette potentielle fusion soulève un vrai sujet dans l’univers de la distribution automobile. "Il est urgent pour les concessionnaires FCA que le groupe trouve une solution à moyen terme pour pouvoir continuer à respecter le contrats de distribution qu’ils ont signé", souligne Christophe Maurel. Un point de vue partagé par les acteurs en question. Pour les représentants du groupe italo-américain, cette annonce est accueillie logiquement favorablement. Voire même, avec un certain soulagement, même si rien n’est encore acté. C’est ce qu’explique David Gaist. "Fiat a longtemps fait l’impasse sur des technologies indispensables par manque d’investissements en R&D. Aujourd’hui, il est lui est devenu impératif de s’associer", explique le dirigeant qui considère cette option indispensable pour sauver un réseau français en quête d’avenir et de clarté. "Un distributeur Fiat n’a pas vraiment d’avenir devant lui à l’heure actuelle. Nous sommes dans le flou artistique. Il faut voir comment nous serions mangés, mais cette fusion ne pourrait potentiellement apporter que du bien au réseau."

 

Il y a aussi ces distributeurs qui représentent à la fois des marques du groupe PSA et celles du Français PSA qui voient surtout dans cette potentielle fusion la création d’une immense groupe doté d’une capitalisation boursière solide. "Pour le réseau des distributeurs, être rattaché à une structure qui va doubler de volume est une bonne chose. Nous ne connaissons pas la taille critique à atteindre pour subsister, mais une capitalisation boursière qui doublerait ne pourrait être qu'un élément positif dans le paysage actuel", analyse Yves Parascandola, président du groupe éponyme distribuant à la fois les marques PSA et FCA. "Au niveau de la distribution, Nous distribuons déjà 3 marques de PSA et 3 marques de FCA, aussi "exigeants" d'un côté que de l'autre, donc je ne pense pas que ça puisse apporter de nouvelles contraintes. Dans la vie de tous les jours, si nous voulons continuer à faire ce métier, nous nous adapterons, comme d’habitude", conclut-il, pragmatique.

 

Des réactions plus prudentes des distributeurs PSA

 

Les réactions du côté des distributeurs "purs" PSA sont en revanche plus prudentes, voire hostiles, sur l’impact de l’intégration d’un groupe FCA malade. "Je ne penses pas du bien de cette potentielle fusion qui m’inspire plutôt de l’inquiétude. A l’époque de l’éventuel accord avec Renault, je me disais déjà que c’était déjà une bien mauvaise affaire pour le groupe français au regard du retard technologique de FCA. Et je n’ai pas changé d’avis depuis", tranche Olivier Hossard, dirigeant du groupe Vauban qui met l’accent sur la priorité de l’intégration d’Opel dans le groupe français.

 

"Le seul intérêt dans cette fusion pour PSA est effectivement bien la présence de FCA sur certains marchés convoités, comme les Amériques ou encore l’Inde. Mais il y a peu de chance que cette fusion soit tout de même une bonne affaire pour PSA, sauf si l’opération se fait dans des conditions financières favorables, nuance-t-il. Mais en France, il est clair que les marques de FCA ne sont pas de redoutables concurrents pour nos réseaux et que cette opération comporte des risques au regard de l’état de santé du groupe en Europe". Des conditions financières qui seront, selon les distributeurs, le point primordial de cette fusion. "Je pense que cette fusion n’ira pas au bout pour les mêmes raisons qu’avec Renault, se projette David Gaist. FCA voulait rester à l’époque égalitaire et il y a peu de chances que la famille Peugeot, aussi mesurée reste-t-elle dans ces négociations, accepte de ne pas avoir l’ascendant."

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