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Cyrille Lenain, Renault :

Cyrille Lenain, directeur du programme chez Renault.

Cyrille Lenain, Renault : "La technologie hydrogène méritait un partenariat plus poussé avec Symbio"

Renault va commercialiser ses premiers VUL à hydrogène. Ils sont développés en collaboration avec Symbio, comme nous l’explique Cyrille Lenain, directeur du programme Kangoo chez Renault.

 

Journal de l'Automobile. Pourquoi Renault prend aujourd’hui la décision d’intégrer une offre hydrogène à son catalogue avec les Kangoo Z.E. Hydrogen et Master Z.E. Hydrogen ?

Cyrille Lenain. Le sujet de l’hydrogène n’est pas totalement nouveau pour Renault puisque nous travaillons avec Symbio depuis puisqu’ils ont débuté la commercialisation du Kangoo Z.E. doté d’un système de prolongateur d’autonomie fonctionnant à l’hydrogène en 2014. Nous sommes même en contact avec eux depuis le lancement de leur entreprise, en 2008, quand ils n’étaient encore qu’une toute petite start-up. Nous leur avons proposé à l’époque de travailler comme le font les carrossiers qui convertissent nos véhicules pour démontrer leur savoir-faire. Nous les avons accompagnés en fournissant le véhicule, en acceptant qu’ils le transforment et en vérifiant, sur plan notamment, que leur stratégie et leur conception étaient conforme aux attentes. Il fallait que les produits proposés, une fois modifiés, restent utilisables par nos clients, donc totalement fiables et sûrs. Il fallait également que le système proposé apporte un véritable plus. Cela s’est avéré être le cas. Nous avons donc signé avec eux un protocole en 2014 autorisant la commercialisation du Kangoo Z.E. transformé. Ils ont réussi 200 ventes. Nous avons surveillé tout cela, nous avons écouté les retours et nous avons surtout regardé si au bout d’un ou deux ans ces Kangoo avaient un taux de panne supérieur à des Kangoo non transformés. Ce n’était pas vraiment le cas, il y a seulement eu quelques petits soucis mineurs qui ont été bien traités par le service qualité de Symbio. Au final, nous avons jugé qu’il y avait quelque chose d’intéressant à faire avec une start-up qui a su grandir et proposer un produit sérieux répondant à des besoins. Cette technologie hydrogène méritait un partenariat plus poussé avec Symbio.

 

JA. Quel est le potentiel de tels véhicules en France ?

CL. Nous avons pour ambition de vendre plusieurs centaines de modèles hydrogène par an, dans l’idéal jusqu’à 500 exemplaires. Nous ne nous priverons pas de faire plus, bien entendu. Nous nous sommes préparés au niveau industriel pour cela. Tout dépendra de l’adoption par nos clients de cette technologie et des subventions qui seront proposées.

 

JA. Où seront transformés les deux véhicules ?

CL. Le Kangoo Z.E. est fabriqué dans l’usine de Maubeuge dont il sort en pur électrique. Il est ensuite acheminé jusqu’à notre usine Renault Tech, notre carrossier interne, située à Heudebouville, en Normandie. Symbio avait pu utiliser dès le début cette capacité pour la conversion de ses véhicules. Nous avons décidé de continuer sur le même schéma. Nous réfléchissons encore au dispositif que nous allons mettre en place pour le Master qui est produit dans notre usine de Batilly puis électrifié par le groupe PVI que Renault a acquis en 2017.

 

JA. Vous présentez des versions fourgons mais peut-on imaginer le lancement de versions carrossées ?

CL. Nous avons choisi des approches différentes pour les deux produits. Sur le Kangoo, étant donné qu’il s’agit d’un véhicule court et bas, nous avons décidé d’intégrer la pile à combustible sous le plancher alors que le réservoir dépasse un petit peu. Il prive le véhicule d’environ 100 litres de volume de chargement. Surtout, le fait est que nous n’avons pas un plancher plat et donc pas de plancher cabine. A terme, on peut imaginer, par exemple sur la nouvelle génération du Kangoo, fournir un véhicule hydrogène avec plancher plat. Nous avons fait le choix d’une plateforme multiénergie avec la possibilité d’intégrer des motorisations essence, diesel, électrique et hydrogène. Si nous devions proposer cette dernière solution, ce que j’espère, nous ferions en sorte que le plancher plat puisse être obtenu. En revanche, c’est déjà le cas sur le Master, nous avons une version plancher cabine qui permet de proposer des versions carrossées.

 

JA. Quel est le programme de commercialisation ?

CL. Nous avons un plan de conception et de validation avec Symbio. La fin des validations techniques est imminente. Nous avons déjà communiqué à nos services ventes et marketing notre kit commercial. Il va apparaître dans le poste vendeur chez tous les concessionnaires très prochainement. Nos distributeurs vont ainsi être à même de faire un début de commercialisation dès la fin du mois de novembre. Aujourd’hui, nous avons déjà vendu une trentaine de véhicules mais ce sont des pré-commandes sans réel engagement sur le délai. Nous allons être en mesure de les honorer dès la fin de l’année. Nous allons commencer la production avec un véhicule par jour, puis nous allons former de nouveaux opérateurs pour la montée en cadence. Six personnes vont rejoindre l’usine d’assemblage à Heudebouville. Nous allons en former une par semaine, nous serons donc à pleine capacité en début d’année 2020. Nous pourrons ainsi livrer trois mois maximum après la prise de commande.

 

JA. Et d'un point de vue géographique...

CL. Nous allons commercialiser le Kangoo Z.E. Hydrogen un peu partout en Europe, à savoir en France, en Italie, en Allemagne, en Belgique, aux Pays-Bas, au Royaume-Uni, en Irlande et dans les pays nordiques. Les commandes seront ouvertes de partout en fin d’année. Peut-être que d’autres pays viendront s’ajouter, nous avons des contacts en Extrême-Orient, nous avons reçu des délégations de Singapour, de Taïwan… Quant au Master Z.E. Hydrogen, il arrivera courant 2020.

 

JA. Comment va s’organiser l’après-vente ?

CL. Nous allons là aussi travailler de concert avec Symbio qui a la maîtrise des technologies liées à la pile à combustible et aux réservoirs. Ils ont formé des personnes qui vont être capables d’intervenir dans tous les pays que je viens de citer au cas où il y aurait un problème spécifique sur la pile à combustible ou sur les réservoirs. Il y a un partage des responsabilités sur l’après-vente. Le premier niveau de diagnostic et l’entretien courant sera réalisé par les équipes Renault.

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